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mardi 25 mars 2008

La phrase du jour 25/03/08 - J. Bradford Delong

La phrase du jour 25/03/08 - J. Bradford Delong

"Nous n'y sommes pas encore, mais nous approchons du troisième stade d'une crise financière quand la banque centrale a dépensé toutes ses munitions et ne parvient pas à restaurer l'équilibre. Il reste alors trois choix possibles : la dépression, l'inflation ou l'intervention publique. La dépression est impensable, l'inflation par la planche à billet est vraiment à éviter, il ne reste plus que l'intervention de l'Etat parce que la quantité d'actifs compromis est trop importante pour être absorbée par les intermédiaires financiers"

J. Bradford Delong, professeur d'économie à l'université de Berkeley et ancien secrétaire adjoint au Trésor dans l'administration Clinton.

 

jeudi 13 mars 2008

Repères 13/03/08 - Crise du "subprime", le rapport des chefs

Repères 13/03/08 - Crise du "subprime", le rapport des chefs

Senior Supervisors Group Issues Report on Risk Management Practices
Office of the Comptroller of the Currency

Senior financial supervisors from five countries today issued a report that assesses a range of risk management practices among a sample of major global financial services organizations.

This report – Observations on Risk Management Practices during the Recent Market Turbulence – summarizes a joint review that supervisors initiated this past autumn. The seven supervisory agencies participating in this project are the French Banking Commission, the German Federal Financial Supervisory Authority, the Swiss Federal Banking Commission, the U.K. Financial Services Authority, and, in the United States, the Office of the Comptroller of the Currency, the Securities and Exchange Commission, and the Federal Reserve.

The report also reflects the results of a roundtable discussion that participating supervisory agencies held with industry representatives on February 19, 2008, at the Federal Reserve Bank of New York.

 

Full Report :
Observations on Risk Management Practices during the Recent Market Turbulence

 

jeudi 24 janvier 2008

Repères 24/01/08 - Davos broie du noir

Repères 24/01/08 - Davos broie du noir

Davos, qui se trompe chaque année, broie du noir et prédit le pire !


Davos peint l'économie mondiale en noir
Le Temps Jeudi 24 janvier 2008

" "Les Etats-Unis ne sont pas enrhumés, ils ont une pneumonie." Attendu comme l'oracle dans une salle comble, Nouriel Roubini n'a pas boudé son plaisir, mardi matin à Davos. Ce professeur d'économie à l'Université de New York est devenu une petite célébrité. L'an dernier, contre vents et marées, il avait averti les participants du Forum économique mondial qu'une crise importante se préparait. Sans les convaincre.

Quelque 300 personnes, en bonne partie debout, étaient venues l'écouter cette année. "La question n'est plus de savoir si l'économie américaine va entrer ou pas en récession, a dit Nouriel Roubini. Elle se dirige vers un atterrissage en catastrophe, avec un recul du PIB (produit intérieur brut) durant non pas deux mais quatre trimestres. La Réserve fédérale a agi trop peu et trop tard. Il s'agit d'une grave récession qui touchera l'ensemble de la planète." Il ajoute que des bulles immobilières sont en train d'éclater en Grande-Bretagne, en Espagne, en Irlande et en France.

Un autre économiste de poids, Stephen Roach de Morgan Stanley, a enfoncé le clou: en baissant lundi de 75 points de base son taux directeur, "la Fed n'a rien fait d'autre qu'aider des marchés qui pleuraient. Elle fait juste le ménage après l'éclatement des bulles, et en prépare de nouvelles."..."

 

mercredi 23 janvier 2008

Analyse 23/01/08 - Sauvez le noyé !

Analyse 23/01/08 - Sauvez le noyé !

La FED en intervenant a évité pour un temps le krach. C'est un nouveau message adressé aux institutions et acteurs financiers, poursuivez, on vous refinancera, et un nouveau mensonge délivré aux acteurs économiques, voyez comme les marchés s'autorégulent et comme le système financier international fonctionne bien ! Poursuivez donc sans contraintes, titrisez, dérégulez, laissez circuler les capitaux, spéculez, spéculez, et spéculez encore (les arbres montent bien jusqu'au ciel)... et, surtout, gelez toujours les bas salaires au profit des mauvaises gouvernances actionnariales, attribuez les fautes aux pauvres et faîtes que l'état n'intervienne pas.

Tout le paradoxe de la crise est là, la solution doit d'abord se parer d'immoralité car l'économie réelle (vos emplois, votre épargne) ne résisterait pas à la révélation des cadavres encore dissimulés dans les coffres des banques.

La crise des subprimes ne fait que mettre en lumière les dérives incontrôlées de l'utilisation de la titrisation des créances immobilières aux États-Unis. Le marché des subprimes en a gonflé à des niveaux jamais vus grâce à à cette technique financière qui consiste à transformer des créances (et autres actifs) illiquides en titres liquides, à en transférer les risques à une cascade d'investisseurs (c'est à dire au marché mondial virtuellement infini des capitaux) et à noyer (à maquiller) la valeur et la solvabilité réelle de ces titres sous une avalanche opaque d'agences de notation et de sociétés d'assurances.

Pour éviter le gouffre, il n'y a pas d'autres solutions que de maintenir au moins pour un temps la tête du noyé hors de l'eau. Il faut donc d'abord abreuver le marché et les spéculateurs de liquidités, ce que font très bien les banques centrales et la FED en particulier.

Mais pour éviter le gouffre il faut aussi intervenir de toute urgence pour stopper la crise de solvabilité initiale et remettre les wagons pourris du subprime sur les rails. C'est ce que proposait la candidate démocrate, Hillary Clinton, le 5 Décembre 2007 avec un "package" immédiat de 110 milliards de dollars (gel des taux d'intérêt pour les emprunteurs immobiliers, moratoire sur les saisies, aides aux familles les plus démunies etc...). George W. Bush semble, lui, ne pas avoir un seul instant pris conscience du problème, oubliant le volet risques financiers, ne prévoyant aucune mesure agissant directement sur la crise immobilière  et ne proposant qu'une réduction d'impôt à ceux qui en payent (salauds de pauvres !) alors qu'il est urgent que le gouvernement américain apporte sa garantie totale à la solvabilité des emprunteurs du subprime.

Et une fois le noyé étendu, sauf, sur la plage et le train vérolé de la finance remis sur ses rails, il faudra bien, s'il n'est pas trop tard, garantir la solvabilité des cadavres encore dissimulés et s'attaquer au fond du problème en encadrant drastiquement, pour l'avenir, le système financier dans son ensemble.

Jean-Philippe Miginiac

 

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