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dimanche 28 octobre 2007

Analyses 28/10/07 - Iran : Il faut écouter et ré-écouter Dominique de Villepin

Analyses 28/10/07 -  Iran : Il faut écouter et ré-écouter Dominique de Villepin 

Il faut, sur l'Iran et à quelques jours d'une visite de Nicolas Sarkozy à Washington, écouter et ré-écouter Dominique de Villepin.

Riposte 16/09/07 : Dominique de Villepin sur l'Iran

 

En quelques mots, tout est dit de l'impasse des négociations sur le nucléaire iranien, de la responsabilité de l'administration Bush et de la montée des tensions dans laquelle la France semble se livrer pieds et poings liés.

En 2003, L’ambassadeur Suisse en Iran informait le Département d'État américain que les Iraniens faisaient une offre de négociation sans restrictions, et que celle-ci avait l’approbation du "guide suprême" iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei, ainsi que du Président d'alors, Mohammad Khatami.

"J’ai la nette impression qu’il y a une volonté forte de la part du régime de résoudre tous les problèmes avec les USA en ce moment, et que ce document est un essai pour y parvenir", écrivait M. Tim Guldimann dans la lettre d’une page qu’il avait faxé au Département d’État le 4 mai 2003. Il y joignait un document iranien nommé "Feuille de Route" listant les objectifs de la négociation.

Parmi ceux-ci, la lutte anti-terroriste, et la reconnaissance du droit à l’existence d’Israël.

Il n'y eut aucune réponse des américains.

Tim Guldimann a raconté les conversations engagées à l’époque avec Sadegh Kharrazi, l’ambassadeur d’Iran à Paris, qui lui avait affirmé que le "guide suprême", l’Ayatollah Khamenei et le président Mohammad Khatami étaient engagés sur chaque mot de la proposition iranienne.

Interrogée en février dernier par le sénat, Condolezza Rice affirmait n’avoir aucun souvenir de ce document (elle dirigeait alors le Conseil National de Sécurité), niant même son existence : "si un document avait mentionné la reconnaissance d’Israël je m’en souviendrais" (Washington Post 8 février 2007).

Flint Leverett, employé au Conseil National de Sécurité lorsqu’il était dirigé par Condolezza Rice, avait à l’époque considéré la proposition Iranienne comme étant d’une importance comparable à celle de l’offre Chinoise de 1972 qui avait conduit à la reprise des relations entre Pékin et Washington. Pour lui, il est certain que ce document a été vu par Condolezza Rice et Colin Powell, alors à la tête du Département d'État. Flint Leverett rapporte une discussion qu’il aurait eu avec Colin Powell, ou celui ci affirmait qu’il ne "pouvait pas 'vendre' cette offre à la maison Blanche", preuve selon lui que ce document avait bien été discuté au Département d’État. S’exprimant devant l’auditoire d’une conférence organisée par la New America Foundation, il déclarait : "L’administration Bush, jusque et y compris Mme Rice trompent le Congrès et les américains au sujet de cette proposition iranienne".

Le Président Mohammad Khatami, réformiste, prônait alors la détente et le "dialogue des civilisations" et Téhéran agréait à l'extension des inspections de l'IAEA (International Atomic Energy Agency) et à la suspension de l'enrichissement de l'uranium. Les ministres des Affaires Étrangères britannique, Allemand et Français se rendaient à Téhéran en Octobre 2003 et, pour la première fois dans l'histoire de la République Islamique, le terrain était prêt pour des négociations d'ouverture avec l'Ouest. Même s'ils estimaient que l'enrichissement de l'uranium était un "droit naturel" du peuple iranien, les réformistes pensaient en effet ne pas devoir engager un bras de fer avec l'ouest, bras de fer qui aurait pu mettre en péril leur sécurité et leur développement économique. Pour eux, l'enrichissement de l'uranium pouvait être réalisé dans le cadre d'un processus de négociation et de construction de rapports de confiance avec l'Ouest.

Exit Mohammad Khatami. L’ancien président réformateur ne s’est pas représenté à l’élection Présidentielle de Juin 2005, laissant le conservateur "pragmatique" Ali Akbar Rafsandjani, à qui il avait lui même succédé en 1997, apparaître comme réformateur face à l’ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad qui sera élu à la surprise des occidentaux. Mahmoud Ahmadinejad, ultra-islamiste populiste et dur parmi les durs du régime, n’avait quant à lui aucune considération pour les accords internationaux et encore moins pour un dialogue avec le "Grand Satan". Avec la crise nucléaire et ses déclarations fracassantes sur Israël il a même, en très peu de temps, mis fin à toute velléité iranienne de négociation ou de rapprochement et réussi l’exploit de rassembler dans la surenchère les plus hauts caciques du régime des mollahs avec qui il dispute pourtant un pouvoir contesté (voir Guerres de palais à Téhéran).

La rupture des négociations avec la troïka européenne (France, Allemagne, Royaume-Uni) et la reprise du programme de recherche nucléaire iranien ouvraient-elles pour autant un boulevard obligé vers la guerre ? (voir Quelles options sur l'Iran ?).

En Octobre 2005, l’Ayatollah Ali Khamenei étendait les pouvoirs d’Ali Akbar Rafsandjani, président du Conseil chargé de la sauvegarde des intérêts supérieurs du régime (appelé aussi le Conseil de Discernement), qui avait été largement battu par Mahmoud Ahmadinejad aux élections présidentielles. Le conseil supervisait désormais la politique du régime. Ali Akbar Rafsandjani devenait ainsi, malgré sa défaite, le numéro deux du régime iranien et en supervisait trois des quatre branches. L’Ayatollah Ali Khamenei et Ali Akbar Rafsandjani soutenait dorénavant la position "ultra" de Mahmoud Ahmadinejad sur le nucléaire, peut-être parce qu’ils ne pouvaient apparaître comme moins nationalistes que lui, mais l’une des premières décisions prises par Ali Akbar Rafsandjani, une fois ses pouvoirs renforcés, a été de nommer le président sortant, le réformateur Mohammad Khatami, comme principal conseiller du Conseil, le ramenant ainsi sur le devant de la scène. Tous deux ont cherché à adoucir les propos tenus par Mahmoud Ahmadinejad sur Israël (voir Guerres de palais à Téhéran).

Au cours de l'année 2006, une nouvelle opportunité d'engager des négociations directes entre Téhéran et Washington est apparue. Ali Akbar Rafsandjani, numéro deux du régime, Ali Larijani, qui présidait alors le Conseil National de Sécurité iranien et était connu pour être très proche du "guide suprême", l’Ayatollah Ali Khamenei, tout comme le Dr Hasan Rowhani, autre membre du Conseil de Sécurité iranien également nommé par l’Ayatollah Ali Khameini, ou Javad Zarif, représentant iranien à l'ONU, ont multiplié les signaux indiquant que l’Ayatollah Ali Khameini souhaitait des négociations directes avec Washington sur le dossier nucléaire (voir Le pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad).

Ali Larijani, dorénavant chargé des négociations sur le nucléaire avec la troïka européenne, s'était immédiatement fait remarquer par ses reproches à l'équipe de négociation précédente, sous le mandat de l'ex-Président Mohammad Khatami, l'accusant d'être trop conciliante et d'être prête à céder "la perle" nucléaire contre "le bonbon" proposé par les Européens, c'est-à-dire une coopération nucléaire civile, économique et politique. Au cours des négociations il s'est en fait montré plus conciliant et ses rencontres avec Javier Solana, le porte-parole de la diplomatie européenne, et Mohammed El Baradei, le directeur de l'AIEA, l'ont révélé ouvert au dialogue. Le 16 Mars 2006, il annonçait que Téhéran était prêt à des discussions avec les Etats-Unis, suggérant que les deux pays travaillent à surmonter leur mutuelle défiance (voir Négociations USA-Iran : Trop tard pour les pragmatiques ?).

La première réaction officielle du Secrétaire d’Etat américain, Condolezza Rice, aura été de relever, le 17 Mars 2006, que "cela pourrait être utile", notant que l’Ambassadeur US en Irak, Zalmay Khalilzad, avait été autorisé (par elle et par Georges W. Bush) à discuter de l’Irak avec l’Iran depuis la fin de l’année 2005. Un mois auparavant, elle affirmait devant la Commission Budgétaire du Sénat, que l’Iran était "la banque centrale du terrorisme dans le monde", propos réitérés à maintes reprises depuis, ajoutant le 10 Mars, devant le même Sénat, qu’il n’y avait pas pour les Etats-Unis de plus grand défi "que celui de l’Iran dont les agissements mènent à développer un Moyen Orient qui serait à 180 degrés différent du Moyen Orient que nous voulons voir se développer… Nous n’avons pas de problème avec le peuple iranien. Nous voulons que le peuple iranien soit libre. Notre problème est avec le régime iranien".

Le 18 Mars, dès le lendemain de l’appréciation plus que négative de Condolezza Rice sur l'opportunité d'une prochaine ouverture de négociations avec l’Iran, Stephen J. Hadley, Conseiller à la Sécurité Nationale à la Maison Blanche, relevait avec force que Zalmay Khalilzad avait été autorisé à discuter avec les iraniens uniquement sur leur ingérence en Irak et sur le fait qu’ils apportent "confort et, dans certains cas, équipement aux terroristes qui tuent des irakiens et qui tuent des membres des forces de la coalition", et s’empressait de dénigrer ces négociations, affirmant qu’elles étaient "simplement un truc des iraniens pour tenter de détourner la pression qu’ils ressentent à New York". Hadley suggérait de plus qu’il n’était aucun besoin de négocier avec l’Iran puisque "nous discutons en permanence : nous faisons des déclarations et ils font des déclarations".

Le même jour, Scott McClellan, attaché de presse de la Maison Blanche, insistait sur le fait que les négociations resteraient cantonnées à la situation en Irak et ne concerneraient pas le programme nucléaire iranien tandis qu’un officiel US de haut niveau, discutant avec des journalistes sous le sceau de l’anonymat, traitait l’offre iranienne de "coup", ajoutant que Washington ne participerait à ces discussions que pour éviter les critiques affirmant que les Etats-Unis ne font pas tout ce qu’ils peuvent pour éviter les sanglantes confrontations entres irakiens. Un autre officiel de la Maison Blanche poursuivait au même moment d’autres journalistes pour leur affirmer que l’offre iranienne était "de la réclame" et Zalmay Khalilzad déclarait au journal Le Monde "Nous sommes prêts à parler avec tous les voisins de l'Irak, l'Iran inclus. Mais, soyons clairs, il ne s'agit pas de négocier l'avenir de l'Irak avec eux. Nous avons quelques soucis concernant la politique qu'ils mènent et le rôle qu'ils entendent jouer en ce qui concerne l'Irak. Nous allons en parler avec eux, nous sommes ouverts à une discussion sur toutes les questions à propos de ce pays. Ils ont les leurs, nous avons les nôtres, nous en parlerons. Vous savez, ce n'est pas la première fois que je fais cela avec les Iraniens, ce n'est pas nouveau pour moi" (voir Négociations USA-Iran : Trop tard pour les pragmatiques ?).

Le parti réformateur de Mohammad Khatami appelait le 20 Mars 2006, à un "gel" du programme nucléaire et à un "dialogue" avec les Etats-Unis. Le même jour, Georges W. Bush confirmait son accord pour des négociations en les limitant au seul cadre irakien, excluant ainsi, de facto, toutes possibilités de négociations directes entre Téhéran et Washington sur le programme nucléaire iranien, sur la guerre contre le terrorisme et sur la sécurité du Moyen-Orient.

Depuis 2003, l'extrémisme de Washington n'a cessé de renforcer l'extrémisme de Téhéran qui n'a cessé lui même de renforcer l'extrémisme de Washington et la montée continue des tensions marque tragiquement les renoncements des occasions définitivement perdues par l'administration Bush et son obstination à refuser toute négociation directe avec l'Iran.

Aujourd'hui, cependant, les extrémistes de Téhéran voient de nouveau l'ex-Président Mohammad Khatami comme une menace et la possibilité que les réformistes reviennent au pouvoir semble attiser de plus en plus la peur de l'entourage du Président Mahmoud Ahmadinejad à quelque mois des prochaines élections au Parlement prévues pour Mars 2008 (les prochaines élections présidentielles sont, elles, prévues en 2009). Ali Akbar Rafsandjani, le "conservateur modéré" qui pourrait soutenir les réformistes, a récemment consolidé ses pouvoirs en gagnant les élections à la tête de l'Assemblée des Experts. La démission surprise d'Ali Larijani de ses fonctions de négociateur du dossier nucléaire, immédiatement réintégré comme conseil du "guide suprême", l’Ayatollah Ali Khamenei, témoigne enfin de la persistance d'âpres luttes de pouvoir entre le "guide suprême" et le Président Mahmoud Ahmadinejad et pourrait signifier l'affaiblissement définitif de ce dernier. Il faut d'ailleurs noter la relation évidente entre la visite de Vladimir Poutine, qui semble inviter fermement le pouvoir iranien au compromis tout en essayant de maintenir les "durs" de Washington et de Paris à distance, avec la démission d'Ali Larijani.

A Washington, la récente victoire des Démocrates au Congrès aurait pu ouvrir la brèche du changement stratégique majeur prôné par le rapport Baker (Irak Study Group) qui préconisait notamment un début de retrait majeur des troupes américaines d’Irak dès 2007 et l’ouverture de négociations avec l’Iran et la Syrie (voir Etats-Unis : la période de tous les dangers ?). Après le refus de Georges W. Bush d'appliquer le rapport Baker, la victoire attendue des Démocrates à l'élection Présidentielle de 2008 pourrait changer radicalement, s'il en est encore temps, la stratégie américaine au Moyen-Orient. Beaucoup de responsables politiques, aux Etats-Unis, pensent aujourd'hui qu'un tel revirement stratégique pourrait totalement changer les rapports de force à Téhéran, au profit des conservateurs pragmatiques et des réformistes.

Mohammed El Baradei, lui même, directeur général de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (IAEA) et qui est à ce titre celui qui connaît sans doute le mieux les jeux et enjeux du dossier nucléaire iranien, affirme et ré-affirme qu'il n'existe actuellement aucune preuve d'un quelconque programme nucléaire militaire iranien. Il martèle aussi que la montée des tensions et les menaces américaines ne font que jeter "de l'huile sur le feu" alors qu'il reste, selon lui, du temps et de l'espoir pour la négociation.

La France a donc sans doute choisi le pire moment pour sembler rejoindre et renforcer, sans gloire et sans aucune pression nouvelle sur Téhéran (où sont nos porte-avions ?), le clan des extrémistes de Washington au lieu d'affirmer encore son indépendance, de tenter de convaincre l'ami américain de changer ses obstinations qui ne font que renforcer les extrêmes à Téhéran, et de pousser à de nouvelles opportunités de dialogue direct. Plus qu'une erreur, c'est une véritable faute.

Jean-Philippe Miginiac

 

 

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vendredi 11 mai 2007

Repères 11/05/07 - Sarkozy and the World

Repères 11/05/07 - Sarkozy and the World

Sarkozy and the World
Council on Foreign Relations May 7, 2007

"...In the United States, at least, the optimism that Sarkozy somehow will reinvigorate French foreign policy and vastly improve ties with Washington appears to be based on pundits’ estimates of his character rather than any concrete policy changes in the offing..."


Lire également des opinions néoconservatrices (!) :

The Sarkozy Revolution: Five Recommendations for the New French President
by Nile Gardiner, Ph.D. Margaret Thatcher Center for Freedom, May 9, 2007

"The victory of Nicolas Sarkozy in the French presidential election presents the best hope for French political reform since the publication of Alexis De Tocqueville's L'Ancien Régime in 1856. Sarkozy, the son of a Hungarian immigrant, has vowed to transform France from a backward-looking, outdated, rapidly declining country into a modern, globally focused nation. In almost messianic terms, he has pledged a break with the past and a new era for the French people.

Arrayed against him, however, is a powerful coalition of vested interests, from the communist-dominated trade unions to the elites who dominate the civil service, not least the French Ministry of Foreign Affairs, the Quai d'Orsay. In addition, the new French president must contend with long-term civil unrest in the immigrant-dominated suburbs of France's major cities, where mobs of largely Muslim youths are already rioting against the new regime. Out of all European Union countries, France is by far the most resistant to change, with the deepest entrenched vestiges of socialism and hostility to the free market.

If Sarkozy is serious about transforming France, he will have to lead a Herculean effort. On the domestic front, he must confront the biggest elephants in the room: the 35-hour workweek and job protection laws that have contributed to a 20 percent unemployment rate among young people. In Europe, Mr. Sarkozy must show that he is serious about reforming the European Union's Common Agricultural Policy (CAP), the largest protectionist racket in the world, and bring an end to French bullying within the EU. On the world stage, France must become serious about confronting the biggest threats of the day, from the rise of a nuclear-armed Iran to global terrorism. It is in the U.S. interest to have a France that is firmly anchored to the transatlantic alliance and looks to Washington and London, not just Brussels, to advance its foreign policy agenda..."


Au Revoir
by Laurent Murawiec, From the May 8, 2007 National Review Online

"Good news for the French, good news for us: Nicolas Sarkozy’s impressive victory in this weekend’s French presidential election sounds the death knell of key components of French political exceptionalism.

GAULLISM AT HOME…
First, the Gaullist exception in both the domestic field and in international affairs has finally been done away with..."

"…AND ABROAD
In international affairs, de Gaulle repeatedly broke ranks with Atlantic solidarity; he tried to sunder NATO and flirted with Moscow. De Gaulle foolishly France, with him at it head, as the leader of an international “third way” in which the “non-aligned” and the Soviet bloc would join him. The Islamic world, Latin America, and Asia would heed his anti-American call. De Gaulle’s successors kept up that tradition, though with partial exceptions: President Pompidou improved relations with Richard Nixon somewhat; Socialist president Mitterrand supported Reagan’s deployment of the “euro-missiles” (but furiously opposed missile defense).

Jacques Chirac turned out to be the most virulent hater of America, ready to go to almost any length to harm the U.S.

Sarkozy’s very first statement upon being elected pointedly emphasized a strong alliance with and friendliness toward the United States. This is an enormous change: For the first time since the strongly Atlantic-oriented Fourth Republic, Paris will not be anti-American. This does not mean that Sarkozy’s France will be “aligned” with, or a mere appendix of, American diplomacy — in his speech, Sarkozy first underlined that he was “a good European” and favorable to a stronger Europe. Rather, it means that Sarkozy’s France will stop trying to berate, harass, and scoff at the United States at every opportunity; that Sarkozy’s France will stop trying to lead a worldwide anti-American coalition, as was the case under the bumbling but tenaciously noxious stewardship of Jacques Chirac. The professional America-loathers at the French foreign ministry, the Quai d’Orsay, will have to watch their step. Israel will be able to count on a more level playing field and less Islamophilia. Washington can do business with Nicolas Sarkozy, whereas Chirac only wanted to do injury to America. The European Union can again envision a center-right French-German leadership that is not intent on pitting the EU against America..."