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Tag - Réchauffement climatique

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jeudi 26 juin 2008

Repères 26/06/08 - Réchauffement climatique et sécurité nationale des Etats-Unis

Repères 26/06/08 - Réchauffement climatique et sécurité nationale des Etats-Unis

Aggravation de problèmes existants tels que la pauvreté, les tensions sociales, la dégradation de l'environnement, la faiblesse des institutions politiques et une augmentation de l'émigration économique, le changement climatique aura probablement un impact étendu sur la sécurité nationale des Etats-Unis d'ici 2030 en aggravant la pauvreté dans le monde et en déstabilisant nombre de pays déjà fragiles, selon un rapport des services du renseignement américains dévoilé mercredi.

"Nous estimons que le changement du climat terrestre aura des implications très étendues pour les intérêts de la sécurité nationale des Etats-Unis au cours des vingt prochaines années", a déclaré Thomas Fingar, directeur adjoint du service d'analyse du renseignement national à la Chambre des représentants.

En présentant le rapport devant les commissions réunies du renseignement et de l'indépendance énergétique et du réchauffement du climat il a également souligné que "l'impact le plus significatif pour les Etats-Unis sera indirect et résulterait des effets du changement climatique sur de nombreux autre pays".

Cette évaluation demandée par le Congrès, résume le consensus des meilleurs analystes des 16 agences américaines de renseignement sur ce sujet, sous la direction du directeur pour le renseignement national.

Dans certains pays, ces effets pourraient menacer leur stabilité avec la possibilité de conflits régionaux provoqués notamment par l'accès à l'eau qui risque de devenir rare dans certaines zones. L'Afrique est l'une des régions les plus vulnérables alors que certaines des récoltes pourraient être réduites de moitié d'ici 2020 en raison d'une diminution des précipitations résultant du changement climatique.

Dans certaines régions d'Asie dont les cultures sont sensibles à la sécheresse et aux inondations, les récoltes de riz et de céréales pourraient diminuer de 10%, prévoit le rapport. Au total, jusqu'à 50 millions de personnes de plus pourraient être menacées de famine dans les douze prochaines années. Les pluies plus abondantes dans certaines parties de l'Asie et la fonte des glaciers en montagne dues à la montée des températures pourraient fournir davantage d'eau mais l'augmentation de la consommation et la croissance de la population pourrait aussi continuer à créer des pénuries affectant jusqu'à 1,2 milliard de personnes.

L'Amérique Latine pourrait connaître davantage de précipitations d'ici 2030 mais de 7 à 77 millions de personnes pourraient encore manquer d'eau, selon le rapport.

Quant au Proche-Orient, les projections climatiques sont difficiles à anticiper en raison de l'insuffisance des recherches effectuées, note le document qui indique aussi que l'Europe devrait être plus chaude.

En revanche, l'Amérique du Nord sera probablement moins affectée par le changement du climat aux latitudes moyennes et devrait connaître un accroissement de 5 à 20% des récoltes de céréales.

 

National Intelligence Assessment on the National Security Implications of Global Climate Change to 2030
Statement for the Record of Dr. Thomas Fingar, Deputy Director of National Intelligence for Analysis and Chairman of the National Intelligence Council. House Permanent Select Committee on Intelligence House Select Committee on Energy Independence and Global Warming 25 June 2008

 

lundi 9 juin 2008

Repères 09/06/08 - Changement climatique au Sahel

Repères 09/06/08 - Changement climatique au Sahel

 

« L’alternative aux inondations est, en fait, une absence de précipitations : c’est tout ou rien, et dans tous les cas, cela se traduit par une crise, de façon complètement imprévisible, pour des populations qui comptent parmi les plus pauvres du monde ».

 

SAHEL: Journal du changement climatique au Sahel – 1er jour
IRIN 03/06/08

"OUAGADOUGOU, 3 juin 2008 (IRIN) - Jan Egeland, conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies sur les conflits, se déplace dans le Sahel cette semaine pour attirer l’attention de la communauté internationale sur la région du monde qui, selon les Nations Unies, subit les conséquences les plus lourdes du changement climatique. M. Egeland livre à IRIN ses impressions dans un journal dont voici les premières lignes, écrites le 2 juin de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso.

« Un débat très académique est en cours actuellement en Europe : on se demande encore si "le climat est déjà en train de changer" et si "le changement climatique est visible aujourd’hui". Ici, au Burkina Faso, ce débat n’a pas lieu, parce que les conséquences parlent déjà d’elles-mêmes ».

« Bien que nous ayons passé la journée [du 2 juin] à rencontrer les représentants du gouvernement et le personnel des Nations Unies, cela m’a ouvert les yeux, surtout les discussions que j’ai eues avec les ministres de l’Agriculture et de l’Environnement. Tous ceux que j’ai rencontrés m’ont donné une kyrielle d’exemples de la manière dont tout ce qui a à voir avec le climat et les précipitations au Burkina Faso a atteint des extrêmes ces 10 dernières années ».

« Le changement climatique au Burkina Faso ne se traduit pas par une réduction des précipitations, mais par leur plus grande imprévisibilité. Et le climat général est devenu bien plus extrême dans sa manière de se manifester : la chaleur, le froid, les hauts et les bas en matière de précipitations ».

« Les populations ne peuvent pas prédire quand la pluie va tomber. Et quand elle tombe, il pleut des cordes. L’année passée, le Burkina Faso a enregistré huit précipitations de plus de 150 millimètres : cela veut dire qu’il y a eu huit inondations dévastatrices dans une période de quatre mois ».

« L’alternative aux inondations est, en fait, une absence de précipitations : c’est tout ou rien, et dans tous les cas, cela se traduit par une crise, de façon complètement imprévisible, pour des populations qui comptent parmi les plus pauvres du monde »...

 

SAHEL: Journal du changement climatique au Sahel – 2ème jour
IRIN 04/06/08

"...« Trop de Maliens ont recours aux armes pour résoudre leurs griefs, à mesure que la croissance démographique galopante, l’épuisement progressif des ressources en eau et la détérioration des terres agricoles et pastorales transforment les voisins en ennemis à travers les vastes régions de cette vieille contrée ».

« Selon mes collègues des Nations Unies qui se trouvent ici, à Bamako, la capitale, des centaines de petits conflits, relativement localisés, font rage à travers le Mali ».

« Et les représentants du service des armes légères de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) m’ont dit que des armes affluaient actuellement ici ; elles proviennent de plusieurs autres pays de la région, qui ont mis fin dernièrement à leurs propres guerres. Selon la CEDEAO, le nombre des fabricants d’armes locaux a également doublé ces quatre ou cinq dernières années au Mali »...

...Ils m’ont parlé de la diminution et de l’imprévisibilité des précipitations, des pénuries d’eau et de l’avancée progressive du désert du Sahara sur les terres arables du Mali et le fleuve Niger, autant de facteurs qui contraignent les communautés agricoles et pastorales à empiéter sur leurs territoires respectifs et provoquent des affrontements fréquents ».
« Les éleveurs du nord du Mali, où je me rends demain, se sentent apparemment très en marge, eux aussi, du processus de développement en cours dans le sud du pays, une autre source de tension. Dans cette région, certains membres de l’ethnie des Touaregs ont lancé une rébellion, revendiquant l’égalité politique et économique du nord ».

« De même, nous avons évoqué les souffrances des Maliens face à la hausse du prix du riz, et la production de coton, principale culture de rente du pays, décimée par des pluies imprévisibles »...

...« Il semble que les trafiquants de drogue colombiens, qui disposent de fonds illimités pour soudoyer [les populations], payent et se battent pour obtenir le contrôle des itinéraires transsahariens qui leur permettent d’acheminer leurs drogues vers l’Europe et jusqu’au Golfe. Ils sapent [l’autorité du] gouvernement et font régner l’insécurité dans une bonne partie du pays. Je connais, pour avoir travaillé en Colombie, les troubles causés par ces gangs, et je sais combien il est difficile de les déloger une fois qu’ils se sont établis quelque part »...

 

SAHEL: Journal du changement climatique au Sahel – 3ème jour
IRIN 05/06/08

"...« On a dû s’arrêter peut-être 10 fois en chemin vers le lac. Le fleuve Niger lui-même est moins profond [qu’il ne l’était auparavant] et n’alimente donc plus les anciens cours d’eau navigables ; c’est pourquoi une bonne partie de la région antique de Tombouctou est aujourd’hui complètement asséchée, jusqu’à l’immense lac Faguibine compris ».

« Nous avons vu des travailleurs qui s’efforçaient de creuser un nouveau canal, là où passaient auparavant les eaux du fleuve Niger, aujourd’hui évaporées en raison d’un ensemble de facteurs : changement climatique, détérioration de l’environnement et désertification ».

« C’était émouvant de rencontrer tellement de gens, qui ont tous dit “c’est une lutte entre la vie et la mort pour nous”, et de voir combien les gens sont certains qu’avec juste des sources d’eau fiables, cette région brûlée par le soleil pourrait redevenir le grenier du Mali. Sur le lit des anciens lacs, ils mènent encore beaucoup d’activités agricoles, mais bien entendu, ce n’est qu’une question de temps avant que tout s’assèche, et puis ce sera la fin pour toutes les sociétés nomades et pastorales de la région ».

« Lorsque nous sommes arrivés au lac Faguibine, il y avait une grande réunion, qui rassemblait tous les chefs communautaires. L’un d’entre eux m’a lancé un vibrant appel, dont je me souviendrai toujours. Il m’a dit : “Je suis orphelin de ce lac mort parce que j’ai vécu et me suis épanoui sur ses rives lorsque c’était encore un endroit merveilleux pour les pêcheurs, les agriculteurs et les éleveurs”. Il s’est avéré que cette personne était l’un des premiers Touaregs de la région »..."

 

SAHEL: Journal du changement climatique au Sahel – 4ème jour
IRIN 09/06/08

« Le Niger, un des pays du monde qui souffrent le plus de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire, se trouve également confronté à des difficultés environnementales parmi les plus graves qu’on puisse imaginer. Ses ressources en eau s’amenuisent, sa croissance démographique est spectaculaire, et ses éleveurs et ses agriculteurs se disputent l’exploitation de ses rares terres fertiles »...

...« Pour moi qui suis norvégien, il était assez éprouvant de passer une journée ainsi, par 44 degrés, sous un soleil de plomb, mais cela nous a permis de voir très clairement comment le fleuve Niger, qui donne vie à une bonne partie du pays et, bien sûr, de la région, est en train de disparaître ».

« De vastes régions qui étaient autrefois toujours sous les eaux sont aujourd’hui totalement asséchées, même lorsque les communautés riveraines s’efforcent de les sauver ».

« [Les habitants] ont creusé des tranchées dans des terres stériles, totalement rongées par les crues éclairs et les sécheresses graves. Lorsque la saison des pluies arrivera, ces tranchées retiendront l’eau pendant plus longtemps pour permettre à la végétation de pousser, tout en empêchant les crues de provoquer un déversement supplémentaire de sable dans le fleuve ».

« Le fleuve a trois problèmes : d’abord, en raison de la diminution des précipitations, provoquée par le changement climatique, moins d’eau s’y déverse ; ensuite, l’explosion démographique se traduit par une utilisation accrue de l’eau pour l’irrigation et la consommation humaine ; enfin, avec la désertification et la dégradation de l’environnement, les voies d’eau s’envasent ».

« Globalement, il s’agit là encore d’un douloureux rappel de la manière dont la dégradation de l’environnement et le réchauffement climatique tuent la vie dans ce pays ; de la façon dont l’humanité lutte face au changement climatique »...

 

SAHEL: Journal du changement climatique au Sahel – 5ème jour 
IRIN 10/06/08

"...« Aujourd’hui, nous sommes allés voir ce qui était autrefois le lac Tchad, dans l’est du Niger, et qui s’étendait encore dans les années 1960 sur une superficie totale de 25 000 kilomètres carrés, dont 4 000 kilomètres carrés sur le territoire nigérien. Depuis que les sécheresses sont devenues récurrentes, dans les années 1970, le lac a rapetissé de sorte qu’au Niger, il a complètement disparu. Il s’agit d’une crise environnementale extrêmement dramatique, aux conséquences très lourdes pour des centaines de milliers de personnes »...

...« Comme me l’a expliqué le ministre nigérien de l’Eau, qui a traversé le désert à mes côtés, à bord d’une des nombreuses voitures de notre convoi, il y a déjà de nombreux conflits entre et chez les nomades et les agriculteurs du Niger, et entre les divers groupes ethniques, en raison de la rareté des ressources. D’autres ont estimé qu’il y avait autour du lac Tchad pas moins de 30 groupes armés nommés ou plus, et que les possibilités d’une recrudescence des conflits étaient innombrables »..." 


 

dimanche 1 juin 2008

Repères 01/06/08 - Scénario catastrophe pour le climat

Repères 01/06/08 - Scénario catastrophe pour le climat

Une nouvelle étude publiée jeudi par la prestigieuse revue scientifique Nature présente le pire scénario d’emballement de l’évolution du climat dans lequel la Terre pourrait perdre la totalité de ses glaces en l’espace d’une génération.

Si la température du globe continue d’augmenter, d’énormes quantités de méthane pourraient être libérées par les 10 000 gigatonnes de gaz gelé qui sont à l’heure actuelles emprisonnées dans les profondeurs des océans et le pergélisol. Le franchissement de ce seuil de basculement du climat aurait pour conséquence que le réchauffement de la planète serait alors bien pire et plus rapide que ce qu’envisagent aujourd’hui les prévisions des scientifiques...

 

Could Methane Trigger a Climate Doomsday Within a Human Lifespan?
Wired May 28, 2008

"A new paper published appearing Thursday in the prestigious scientific journal Nature presents the worst-case scenario for runaway climate change that could leave the Earth entirely ice-free within a generation.

If global temperatures continue to rise, massive amounts of methane gas could be released from the 10,000 gigaton reserves of frozen methane that are currently locked in the world's deep oceans and permafrost. Passing this climate tipping point would result in global warming that would be far worse and more rapid than scientists' current estimates.

The new paper suggests that exactly this type of cascading release of methane reserves rapidly warmed the Earth 635 million years ago, replacing an Ice Age with a period of tropical heat. The study's lead author suggests it could happen again, and fast -- not over thousands or millions of years, but possibly within a century.

"This is a major concern because it’s possible that only a little warming can unleash this trapped methane," Martin Kennedy, a professor at UC Riverside, said in a release. "Unzippering the methane reservoir could potentially warm the Earth tens of degrees, and the mechanism could be geologically very rapid."

Methane is 25 times more potent than carbon dioxide as a greenhouse gas. And the frozen reserve is twice as large, by volume, as the world's known fossil fuel reserves.

Climate projections, like those produced by the Nobel Prize-winning Intergovernmental Panel on Climate Change, usually look like smooth lines moving up steadily along with carbon dioxide levels, which is a reflection of the linear mathematical models that underpin the graphs. But Kennedy and other geologists, while accepting the importance of anthropogenic greenhouse gas emissions, say that standard climate models can't account for massive climate changes that occur within decades. 

"None of this stuff is linear. It's non-linear," Kennedy said..."..."

 

Voir :

Snowball Earth termination by destabilization of equatorial permafrost methane clathrate
Martin Kennedy, David Mrofka & Chris von der Borch, Nature 453, 642-645 (29 May 2008)

 

mercredi 14 mai 2008

Repères 14/05/08 - Concentration de CO2 dans l'atmosphère - Pire que prévu

Repères 14/05/08 - Concentration de CO2 dans l'atmosphère - Pire que prévu

Le niveau de concentration de CO2 dans l'atmosphère est plus important que prévu et fait craindre que le changement climatique soit d'ores et déjà hors de contrôle, avant même que nous ayons fait quoi que ce soit pour le limiter.

 

World CO2 levels at record high, scientists warn
Guardian May 12 2008

"The concentration of carbon dioxide in the atmosphere has reached a record high, according to new figures that renew fears that climate change could begin to slide out of control.

Scientists at the Mauna Loa observatory in Hawaii say that CO2 levels in the atmosphere now stand at 387 parts per million (ppm), up almost 40% since the industrial revolution and the highest for at least the last 650,000 years...

...Scientists say the shift could indicate that the Earth is losing its natural ability to soak up billions of tons of carbon each year. Climate models assume that about half our future emissions will be re-absorbed by forests and oceans, but the new figures confirm this may be too optimistic. If more of our carbon pollution stays in the atmosphere, it means emissions will have to be cut by more than currently projected to prevent dangerous levels of global warming.

Martin Parry, co-chair of the Intergovernmental Panel on Climate Change's working group on impacts, said: "Despite all the talk, the situation is getting worse. Levels of greenhouse gases continue to rise in the atmosphere and the rate of that rise is accelerating. We are already seeing the impacts of climate change and the scale of those impacts will also accelerate, until we decide to do something about it."

 

Ice cores reveal climate secrets
Nature 14 May 2008

"The amount of greenhouse gas in the atmosphere is higher than an any other point in the past 800,000 years.

Greenhouse-gas concentrations are higher today than they have been at any point in hundreds of millennia, according to researchers who have analysed tiny air bubbles trapped in Antarctic ice that dates back 800,000 years..."

 

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