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Tag - Nicolas Sarkozy

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dimanche 12 juillet 2015

02/06/2015 - Surréaliste !

C'est quand même surréaliste d'entendre Nicolas Sarkozy (1 million de chômeurs de plus en 5 ans) donner des leçons sur le chômage à François Hollande (650.000 chômeurs de plus en 3 ans) ! Il faut les virer tous les deux définitivement ainsi que leurs premiers ministres !

Jean-Philippe Miginiac

jeudi 14 juillet 2011

Pour mémoire et en hommage aux morts d'Afghanistan



Cet article a été publié ici le 22 Septembre 2009 sous le titre : "Sarkozy et l'Afghanistan : la stratégie du pipeau"

Dans son discours devant les ambassadeurs, fin août, le président Nicolas Sarkozy déclarait : "En Afghanistan, je partage l’analyse de Bernard Kouchner : la campagne électorale s’est bien déroulée, en dépit des pires menaces. En votant, les Afghans ont dit non à la barbarie et au terrorisme. Aller voter, c’est aller mettre votre doigt dans l’encre indélébile quand des gens à longueur de journée vous disent que ceux qui auront de l’encre sur les doigts, on leur coupera la main… Et les talibans sont crédibles quand ils disent cela compte tenu de ce qu’est leur bilan. Et malgré cela, des millions de gens se sont rendus aux urnes. Ils méritent qu’on les aide. Dans l’attente des résultats, la France appelle les candidats et leurs partisans à faire preuve d’un très grand sens des responsabilités".

Pourtant tout le monde savait déjà que les élections afghanes avaient été massivement truquées.

Depuis, la presse internationale a souligné l’ampleur des fraudes en faveur de Hamid Karzaï, actuel président afghan. Dans le New York Times du 8 septembre un des observateurs occidentaux affirmait que 15 % des bureaux de vote n’avaient jamais ouvert, transmettant pourtant des résultats favorables à Hamid Karzaï, et 800 bureaux, ouverts ceux-là, avaient été pris en main par des partisans de Hamid Karzaï qui ont bourré les urnes. Les observateurs de l'Union européenne viennent quant à eux d'annoncer qu'environ 1,5 million de votes (soit un quart des suffrages), glissés dans l'urne le 20 août lors de la présidentielle afghane, pourraient être frauduleux.

A la veille d'une semaine chargée en rencontres diplomatiques, le président américain, Barack Obama, a lui-même clairement évoqué des doutes sur la validité des élections afghanes, déclarant que la consultation "ne s'est pas déroulée aussi bien que je l'aurais espéré, et le déroulement du scrutin dans certaines régions du pays pose de graves questions... Des fraudes ont été signalées, cela ne fait pas de doute, et cela semble plutôt grave à première vue". De son côté, Dianne Feinstein, la Démocrate californienne qui préside la commission du renseignement du Sénat, déclarait : "Je ne crois pas que nous puissions construire un État démocratique en Afghanistan... Je crois que cela restera une entité tribale".

Mais si l’ampleur des fraudes soulève débat dans l’administration américaine, la France, elle, reste silencieuse. Le 7 septembre, le porte-parole du Quai d’Orsay déclarait : "Alors que les élections en cours devraient permettre de franchir une nouvelle étape dans l’histoire de l’Afghanistan, il est naturel de faire évoluer les modalités de la relation entre la communauté internationale et les prochaines autorités afghanes. Celles-ci devront assumer progressivement davantage de responsabilités dans la stabilisation et le développement du pays". Quelques jours plus tard, Paris confirmait la tenue d’une conférence internationale sur l’Afghanistan pour consolider les succès !

Succès ? Parmi les "succès", la poursuite des bavures. "L’OTAN admet que le raid dans la région de Kunduz a tué des civils" titre lemonde.fr le 8 septembre. Ce raid, ordonné par un officier allemand, a fait une centaine de morts, dont un nombre indéterminé de civils.

Les massacres répétés de populations civiles sous les bombardements de la coalition en Afghanistan réduisent pourtant à néant toutes les prétentions morales qui sont avancées pour justifier cette guerre. le droit international interdit aux armées de tirer sauvagement sur les bâtiments où s’entassent les civils et de bombarder sauvagement les villages, même lorsque des forces ennemies y sont présentes. Une armée en campagne qui prend le risque de tuer des dizaines de civils en écrasant des villages sous les bombes pour ne pas avoir à exposer la vie de ses soldats dans un affrontement rapproché avec les rebelles ne vaut pas mieux que ceux qu’elle prétend combattre.

Succès ? Tous les trois mois, les autorités canadiennes publient un tableau de bord sur leurs "progrès" militaires en Afghanistan, un document qui est infiniment plus honnête et plus détaillés que tout ce qui est publié par le Pentagone ou le ministère français de la Défense et qui prouve indéniablement que l'échec est patent ! Le dernier rapport montre ainsi que la province de Kandahar est de plus en plus en proie à la violence, moins stable et moins sûre, et que les attaques dans tout le pays sont plus fréquentes qu’à aucun autre moment depuis la chute du régime taliban en 2001. La fréquence des attentats au printemps a été "exceptionnellement élevée" par rapport à 2008. Le nombre d’attentats avec des mines artisanales a augmenté de 108%. Les Afghans estiment qu’ils sont moins satisfaits de l’enseignement et de la situation de l’emploi, principalement en raison de la sécurité qui est faible ou inexistante. Le Canada se concentre maintenant uniquement sur la sécurité de la ville de Kandahar, abandonnant toute tentative réelle de contrôle de la province.

L’armée canadienne quittera l’Afghanistan en 2011, mais jusqu’à présent, seules 5 des 50 écoles de son programme de construction ont été achevées, 28 autres étant seulement "en construction". Et sur les 364 écoles de la province de Kandahar, 180 ont été contraintes de fermer !

Concernant les progrès dans la "gouvernance démocratique" à Kandahar, le rapport canadien indique que la capacité du gouvernement afghan est "chroniquement déficiente et [qu’il est] miné par la corruption généralisée". Au sujet de la "réconciliation", on lit que le "début de la saison d’été des combats, et la focalisation des politiques et des militants sur les élections du mois d’août ont découragé les attentes d’initiatives dignes d’attention ... ". Même l’objectif basique de l’éradication de la poliomyélite, le projet d’assistance civile le plus important pour Ottawa en Afghanistan, a eu raison de l’International Development Agency canadienne. Et même cet aveu se dissimule derrières des mensonges véritablement dignes d’un Bush ou d'un Blair comme l’a révélé le Toronto Star en effectuant un travail sérieux de journalisme d’investigation. L’objectif d’ "éradiquer" la polio avec l’aide des fonds de l’ONU et de l’Organisation Mondiale de la Santé a ainsi été discrètement modifié pour devenir "la prévention de la transmission" de la polio. Et au lieu de mesurer le nombre d’enfants "immunisés" contre la polio, la cible a été modifiée pour se référer uniquement au nombre d’enfants "vaccinés" alors que les enfants doivent être vaccinés à plusieurs reprises avant qu’ils ne soient effectivement immunisés.

Succès ?  Ce n'est certainement pas l'avis de Zbigniew Brzezinski, éminent stratège géopoliticien, spécialiste incontesté des plans complexes de subversion et de maîtrise des zones géopolitiques et ancien conseiller de sécurité nationale de Jimmy Carter, à qui on prête une influence considérable sur l’actuel président des Etats-Unis et sur sa politique étrangère. Zbigniew Brzezinski vient en effet de déclarer, lors d’une intervention qu’il a faite à une conférence stratégique à Genève (organisée par l’International Institute for Strategic Studies de Londres), que les Etats-Unis et l'OTAN risquent, en Afghanistan, un échec équivalent à celui qu’a connu l’URSS en 1980-1988. Pour mémoire, Brzezinski sait de quoi il parle puisque c’est lui-même qui a été en grande partie responsable de l'échec soviétique en organisant, préventivement à l’intervention de l’URSS de décembre 1979, la constitution de la guérilla islamiste en Afghanistan. Et ce sont justement, d'après Brzezinski, les héritiers de cette guérilla islamiste qui affrontent aujourd’hui les Etats-Unis et l'OTAN et les confrontent à la possibilité d’un destin fatal.

Succès ? Rendant hommage aux deux soldats français tués en Afghanistan la semaine dernière, le président Nicolas Sarkozy a répété vendredi 11 septembre que la France y poursuivrait son "combat contre la barbarie", et "restera le temps nécessaire à l'avènement d'un Etat afghan souverain et librement choisi par les Afghans".

A quand un débat en France où une voix, qu'on cherche à faire taire, s'élève, seule, pour combattre la stratégie du pipeau du Président de la République. Dominique de Villepin martelait encore le 2 Septembre dernier : "La politique américaine en Afghanistan est dans l'impasse, et nous n'avons pas suffisamment joué notre rôle en renonçant à une révision stratégique profonde. J'avais insisté auprès de Jacques Chirac, avant la fin de sa présidence, pour que nous amorcions un désengagement de nos troupes, en particulier des Forces spéciales. Il faut d'urgence envoyer un signal fort: une stratégie de coopération économique et sociale ambitieuse sur le terrain, assortie d'un calendrier de retrait pour montrer que notre visée n'est pas militaire. Tirons les leçons de l'Histoire et refusons les oeillères idéologiques qui font le jeu des extrémistes".


Jean-Philippe Miginiac

mercredi 21 octobre 2009

La phrase du jour 21/10/09 - Le député PS Arnaud Montebourg

La phrase du jour 21/10/09 - Le député PS Arnaud Montebourg

"Jean-Claude Marin (le procureur de Paris), c'est une honte, la manière dont il exerce sa fonction, car il est devenu une sorte de préfet judiciaire, aux ordres du gouvernement (...) Il n'a même pas, à mes yeux, le droit de porter plus longtemps une robe de magistrat (...). L'honneur d'un magistrat aurait conduit à dire que le tribunal devait se déclarer incompétent au minimum, et si le tribunal devait maintenir sa compétence, le magistrat chargé de l'accusation, s'il avait été magistrat, aurait dû le conduire à ne demander aucune peine, aucune accusation (...). C'est un procès qui ne se déroule pas à armes égales et qui de surcroît place les magistrats en situation de surveillance permanente, par celui qui est chargé de faire leur carrière."

Arnaud Montebourg réagissant aux réquisitoire du procureur de Paris contre Dominique de Villepin.

lundi 28 septembre 2009

Analyse 28/09/09 - Sarkozy et l'Iran : Sarkomique à l'ONU

Analyse 28/09/09 - Sarkozy et l'Iran : Sarkomique à l'ONU

Le menton en avant, notre Président de la République a donc dit son fait à Barack Obama : Je soutiens votre main tendue à l'Iran mais vos propositions de dialogue n'ont rien apporté à la communauté internationale ! Et, selon un texte distribué à la presse par l'Elysée, la France préconise donc de prendre des sanctions massives dans les domaines financier et énergétique avant la fin de l'année si l'Iran n'a pas changé de politique en matière d'armement nucléaire car, toujours selon l'Elysée, l'Iran accumulerait les centrifugeuses et l'uranium enrichi, développerait son arsenal balistique qui menacerait déjà l'Europe, y compris la Russie, et l'Iran menacerait de rayer de la carte un Etat membre des Nations unies tout en niant l'Holocauste, en allusion à Israël !

Bigre ! Sacrebleu ! Pour notre Président de la République, donc, la France (300 têtes nucléaires), la Russie (encore plusieurs milliers de têtes nucléaires) et Israel (200 têtes nucléaires) seraient menacés par les armes nucléaires d'un pays qui ne dispose pourtant pas encore de la moindre petite bombinette nucléaire !

Pour étayer de telles affirmations, notre Président de la République a certainement des éléments de renseignement en sa possession, éléments de renseignement encore inconnus des experts ! Et il ne peut évidemment s'agir de cette pseudo révélation d'un nouveau site nucléaire iranien, précédemment déclaré à l'AIEA par l'Iran, et connu de longue date par les services de renseignement : "Nous savions depuis plusieurs années" ont souligné vendredi Américains et Français en révélant soudain l’existence du nouveau site clandestin iranien. Le coup de com est raté et les Iraniens ont beau jeu de dire qu’ils ont été les premiers à révéler ce que les services occidentaux savaient et gardaient caché depuis des années.

Les services de renseignement français ont-ils des éléments qui démentent les dernières estimations américaines ? En Février dernier, en effet, Dennis Blair, Directeur du Renseignement National américain et à ce titre grand chef des services de renseignement, estimait dans un rapport écrit au Comité spécialisé sur le renseignement du Sénat américain que l'Iran ne serait pas capable de produire assez d'uranium hautement enrichi pour produire une première bombe atomique avant 2013. Et Dennis Blair d'insister sur le fait que l'estimation de ses services ne signifiait en rien que l'Iran avait déjà pris la décision politique de produire de l'uranium hautement enrichi mais qu'elle voulait simplement indiquer que l'Iran aurait en 2013 la capacité fonctionnelle de produire de l'uranium hautement enrichi si elle en prenait la décision politique. Et Dennis Blair d'ajouter encore, pour bien se faire comprendre, qu'il n'est en possession d'aucune preuve qui indiquerait que l'Iran ait déjà pris la décision de produire de l'uranium hautement enrichi, et que ses experts évaluent qu'il est peu probable que l'Iran prenne une telle décision pendant que la surveillance internationale et les pressions persistent.

La presse française a beau, en effet, pour accompagner et justifier les rodomontades de notre Président de la République, multiplier les citations sur les tonnages d'uranium enrichi déjà produits par l'Iran. Elle devrait cependant expliquer à ses lecteurs que ces tonnages d'uranium cités ne sont actuellement enrichi qu'à 3,5%, grade nécessaire à un usage civil, que, pour produire une bombe atomique, il est nécessaire de disposer d'uranium enrichi à au moins 90% et que l'Iran est encore très loin d'être capable d'enrichir de l'uranium à 90%.

Autres estimations américaines, d'après Newsweek (16 Septembre 2009), les services de renseignement américains auraient aussi, et de nouveau, confirmé à la Maison Blanche que les iraniens n'auraient toujours pas repris les développements d'une arme nucléaire abandonnés en 2003. Cette estimation rendue publique en Novembre 2007 (NIE 2007) avait été vivement critiquée par la ligne dure des néoconservateurs américains et israéliens qui y voyaient un refus de constater les efforts de l'Iran pour produire de l'uranium hautement enrichi. Beaucoup d'experts américains et européens de la contre prolifération pensent cependant également que, si l'Iran a déjà produit assez d'uranium faiblement enrichi pour servir de base à un enrichissement ultérieur de grade militaire, le processus menant à de l'uranium hautement enrichi est particulièrement ardu et compliqué techniquement et qu'il faudra à l'Iran plusieurs années avant d'y parvenir.

Il existe cependant d'autres estimations que celles des services de renseignements américains. L'ancien inspecteur des Nations Unies, l'expert David Albright, déclarait il y a peu que les estimations du gouvernement américain faisaient débat et, selon les services de renseignement allemands, des travaux de développement d'une arme nucléaire pourraient être observés en Iran, même après 2003, au travers d'achats suspects d'équipements pouvant servir au développement d'une telle arme. En Israel, Meir Dagan, le patron du Mossad, déclarait en Juin dernier que l'Iran serait capable de lancer une première bombe atomique en 2014 et, plus récemment, John Bolton, l'ancien ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'ONU, bien connu pour son extrémisme néoconservateur et ses liens avec Israel, estimait que l'Iran disposerait d'une telle arme dans les six ou huit mois ! John Bolton voulait ainsi justifier un article qui venait de paraître le 3 Août dernier dans le Times (Iran is ready to build an N-bomb - it is just waiting for the Ayatollah's order, The Times August 3, 2009) mais dont le journal israélien Haaretz avait vite remarqué qu'il était écrit en des termes identiques à ceux employés par le patron de la Brigade de Recherche du Renseignement Militaire israélien et que le timing de l'article indiquait que quelqu'un, dans les milieux militaires israéliens, voulait ainsi faire une déclaration explicite dans les médias ! Enfin, le 30 Août dernier, le ministre israélien des affaires étrangères, l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, accusait l'IAEA de cacher les informations en sa possession concernant le programme nucléaire militaire de l'Iran.

Nicolas Sarkozy partage t-il la paranoïa des dirigeants israéliens actuels qui pourrait amener une intervention israélienne après l'ultimatum de Décembre et un bombardement des installations nucléaires iraniennes ? Va t-on envoyer notre unique porte-avion nucléaire attaquer l'Iran et ses 70 millions d'habitants ? Il faut certes empêcher l'Iran de se doter d'armes nucléaires, il faut aussi empêcher Israël de mettre le feu au moyen-Orient et l'administration américaine semble, heureusement, beaucoup plus réfléchie que notre va-t-en-guerre national.

Déjà, au mois de mai dernier, Rose Gottemoeller, déléguée de l'Administration Obama à une session préparatoire pour la conférence mondiale sur le Traité de Non Prolifération nucléaire qui se tiendra en mai 2010 à New York, rappelait que l'adhésion au Traité de Non Prolifération nucléaire de l'Inde, d'Israël, du Pakistan et de la Corée du Nord "demeurait un objectif fondamental des Etats-Unis".

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton s'est félicitée samedi à New York de la décision iranienne d'autoriser l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à inspecter son nouveau site d'enrichissement d'uranium. "Toute décision de l'Iran de se conformer aux règles et régulations internationales, et particulièrement celles concernant l'AIEA, est toujours bienvenue", a dit Mme Clinton à des journalistes. Le Secrétaire d'Etat américain à la Défense, Robert gates, a quant à lui déclaré qu'il estimait que l’Iran voulait une arme nucléaire mais n’en avait pas encore pris la décision.

Un officiel de l'administration américaine insistait il y a peu sur le fait qu'il n'y avait pas de désaccord significatif entre les agences de renseignements et les experts américains et que ceci encourageait les efforts de la Maison Blanche à continuer d'essayer d'engager un dialogue diplomatique avec l'Iran, incluant des discussions sur ses ambitions nucléaires. Au sommet du G20 de Pittsburgh, le Président américain a refusé d'écarter l'option militaire tout en continuant à privilégier la diplomatie face à l'Iran alors que lui et ses partenaires britannique et français venaient d'accuser Téhéran d'avoir développé un site nucléaire secret. Au cours de son allocution hebdomadaire, il a exhorté à nouveau Téhéran à coopérer pleinement avec l'AIEA sur le dossier nucléaire et à donner la preuve de ses "intentions pacifiques". "Mon offre d'un dialogue sérieux et significatif pour résoudre ce problème tient toujours", a-t-il déclaré. "Mais l'Iran doit maintenant coopérer pleinement avec l'Agence internationale de l'énergie atomique et agir pour faire la preuve de ses intentions pacifiques". "Les dirigeants iraniens doivent désormais choisir: il peuvent assumer leurs responsabilités et parvenir à s'intégrer dans la communauté des nations. Ou bien ils seront confrontés à une isolation et une pression croissantes, et refuseront cette occasion à leur propre peuple".

En Octobre 2007, Dominique de Villepin expliquait sa position sur l'Iran dans l'émission Ripostes. En quelques mots, tout était dit de l'impasse des négociations sur le nucléaire iranien, de la responsabilité de l'administration Bush et de la montée des tensions dans laquelle la France semblait déjà se livrer pieds et poings liés au moment où Nicolas Sarkozy rendait visite à George W. Bush à Washington (Lire : Iran : Il faut écouter et ré-écouter Dominique de Villepin : http://www.strategic-road.com/pays/analysis/281007_iran_ecouter_villepin.htm ).

Dominique de Villepin vient de rappeler sa position, autrement plus réfléchie que celle de notre Président de la République, sur son site http://www.clubvillepin.fr/ : "Le durcissement n'est pas une solution. Nous devons offrir une perspective au peuple et aux dirigeants iraniens, nous devons offrir une alternative à la politique dans laquelle s'enferment les autorités de Téhéran et qui permette d'améliorer le sort des iraniens. Le rôle de la France n'est pas de faire la leçon, c'est bien sur de rappeler des principes mais ce n'est pas de se situer à la pointe des pays les plus durs vis à vis de l'Iran. Le rôle de la France, son rôle historique, sa mission de peuple ami de l'Iran, c'est bien de faire les propositions, de proposer, parfois avec beaucoup de discrétion, la diplomatie c'est aussi l'art de faire passer des messages sans toujours taper du poing sur la table, avec conviction, avec amitié, pour être utile à la communauté internationale. Ce rôle là c'est le rôle de la France et je crois qu'aucun autre pays dans le monde n'est mieux placé que la France pour débloquer la situation, pour faire comprendre aux autorités iraniennes qu'aujourd'hui leur intérêt c'est d'avancer pour répondre à la pression qui s'exprime en Iran et qui doit conduire ce pays à s'ouvrir. Oui, que l'Iran renonce, que nous ayons un temps de latence qui permette aux iraniens de constater tout le bénéfice qu'ils peuvent tirer de l'ouverture, et je crois qu'alors la France aura changé la donne, et je crois que c'est sa mission".

Avant de faire son show devant l'ONU, notre Président de la République aurait été bien inspiré d'appeler Dominique de Villepin à le conseiller sur l'Iran !

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