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Tag - Moyen-Orient

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jeudi 26 juin 2008

Politiques 26/06/08 - France-Israel, les contradictions du "Moi je"

Politiques 26/06/08 - France-Israel, les contradictions du "Moi je"

Comment transformer une visite avant tout protocolaire, occasion de célébrer le lien qui unit la France à Israel, en affirmation de la nouvelle [im]puissance internationale sarko-française ?

"plus sioniste que Sarkozy, tu meurs" ! La réflexion est d'un journaliste israélien qui ajoute : "Il y a plus de vingt ans que l'on n'avait entendu autant d'éloges à la Knesset". Véritable panégyrique du peuple juif et de la nation juive, louant "la force de son caractère, la puissance de sa pensée, la profondeur de sa culture, la vitalité de sa foi", le discours sarkozien aura tenté de s'inscrire au côté de celui, récent, de George W. Bush.

Sur le conflit israélo-palestinien, Nicolas Sarkozy n'a pas d'autre choix que de faire entendre la position traditionnelle de la France : inciter Israël à geler les colonisations, inciter au départ des colons par des compensations, réaffirmer que Jérusalem doit être la capitale de deux Etats, résoudre l'épineux problème des réfugiés palestiniens et proposer l'envoi d'une force européenne d'interposition à Gaza, négocier les frontières sur "la base de la ligne de 1967".

Mais, pour sa première visite dans les territoires occupés, Nicolas Sarkozy a rejeté, s'adressant au Mouvement de la résistance islamique (Hamas), "toute discussion avec les poseurs de bombes" tout en  rendant, mardi 24 juin, un hommage appuyé à Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne. "Il faut séparer ceux qui veulent la paix d'avec les terroristes", a-t-il insisté, ajoutant "Moi je n'ai pas peur de dire les choses telles que je les pense. Quand on se comporte comme un terroriste, on est un terroriste. On ne répare pas une injustice par le terrorisme... La France discute avec les femmes et les hommes courageux qui font de la politique et non pas du terrorisme"...

Le Hamas a répondu à ces déclarations en affirmant qu'il maintenait des contacts avec plusieurs puissances européennes, dont la France (En mai, le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait confirmé l'existence de contacts entre Yves Aubin de La Messuzière, ancien haut diplomate français, et le Hamas, tout en démentant qu'il s'agisse d'une initiative de la diplomatie française). "M. Sarkozy, qui décrit le Hamas comme un mouvement terroriste, sait très bien qu'il existe des contacts à haut niveau qui ont lieu entre la France et le mouvement Hamas, ainsi que d'autres parties européennes importantes", a expliqué Sami Abou Zouhri, porte-parole de l'organisation. "Il sait que dans la pratique, on ne peut court-circuiter le Hamas ou ne pas tenir compte de sa légitimité".

"Il faut que nous puissions parler [avec le Hamas] si nous voulons jouer un rôle, si nous voulons d'abord que nos émissaires puissent passer à Gaza", avait lui même dit M. Kouchner.

Mais le Président français ne peut proposer aucune ouverture vers le Hamas sans s’attirer les foudres, en France, en Israël, et aux Etats-Unis de ses amis néoconservateurs  et aucun "Moi je" n'est plus à même de combler la régression actuelle d'une diplomatie française qui ne compte presque plus dans la région.

Ce n'est pas la diplomatie française qui a obtenu un règlement (provisoire) du conflit libanais - mais le Qatar.

Ce n'est pas la diplomatie française qui permettra la paix entre Israel et la Syrie. Les envoyés spéciaux français et les invitations de dictateurs à Paris n'y changeront rien, seule la diplomatie américaine a (peut-être encore) pouvoir de paix comme le laissait entendre ouvertement, il y a peu, le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak.

Ce n'est pas la diplomatie française qui a la main sur l'Iran. Nicolas Sarkozy a beau dire et répèter que la crise nucléaire iranienne est la menace principale pour la paix du monde, il n'a pas obtenu que l'Union Européenne prenne des sanctions contre Téhéran plus dures que celles adoptées par le Conseil de Sécurité. Il n'a pas obtenu, non plus, que la Russie soutienne l'adoption d'une quatrième résolution contre l'Iran. Il n'a aucune prise, enfin, sur l'extraordinaire confusion qui règne aujourd'hui dans l'administration de Georges W. Bush entre les faiseurs de guerre à tout prix (dont le Vice-Président Dick Cheney) et les explorateurs d'une discussion encore possible (dont le chef du Pentagone, Robert M. Gates, et le Département d'Etat qui réfléchirait à l'ouverture d'une section des intérêts américains à Téhéran).

 

lundi 26 mai 2008

Repères 26/05/08 - Les USA perdent pied au Moyen-Orient

Repères 26/05/08 - Les USA perdent pied au Moyen-Orient

Les faits se bousculent au Moyen-Orient pour conforter notre analyse du 19/05/08 : Les discours surréalistes de George W. Bush n'y changeront rien, les Etats-Unis semblent avoir perdu toute influence et toute capacité d'agir sur le cours des évènements.

 

Mideast negotiations now bypassing Washington
McClatchy Newspapers May 23, 2008

"In a week of dramatic developments in the Middle East, the most dramatic development of all may have been the fact that the United States, long considered the region's indispensable player, was missing in action.

As its closest allies cut deals with their adversaries this week over the Bush administration's opposition, Washington was largely reduced to watching...

...Over the past few days:

- The Lebanese government, which has received $1.3 billion and political support from the Bush administration, compromised with the Hezbollah-led opposition, giving the Iranian-backed Shiite Muslim group, which Washington considers a terrorist organization, a greater role in running the country.

- Israel ignored U.S. objections and entered indirect peace talks with Syria through Turkey, another longtime U.S. ally.

- The U.S.-backed Iraqi government of Prime Minister Nouri al Maliki deployed military forces to Baghdad's Sadr City slum under an agreement that specifically excluded U.S. troops.

- Saudi Arabia, a crucial oil supplier and long a major buyer of U.S. weapons, is quietly closing what could be a multibillion-dollar arms deal with Russia, according to a U.S. defense official.

State Department officials scoffed at the notion that the United States has been relegated to the sidelines.

Private analysts and some foreign diplomats, however, said that leaders in the Middle East, both friend and foe, are now calculating with an eye to the era after President Bush — who visited Israel, Saudi Arabia and Egypt this month with little visible effect..."

 

mercredi 21 mai 2008

Repères 21/05/08 - Cafouillage à Paris sur des discussions avec le Hamas

Repères 21/05/08 - Cafouillage à Paris sur des discussions avec le Hamas

Le prochain voyage en Israël du Président français est un véritable piège puisqu’il ne pourra proposer aucune ouverture vers le Hamas sans s’attirer les foudres, en France, en Israël, et aux Etats-Unis de ses amis néoconservateurs qui prônent la guerre perpétuelle

 

Selon l'Elysée la position de Paris sur le Hamas n'a pas changé
Reuters 21/05/08

"PARIS (Reuters) - La position de la France sur l'établissement de relations avec le mouvement islamique palestinien Hamas n'a pas changé d'un iota, fait savoir la présidence de la République française...

Le diplomate français à la retraite Yves Aubin de la Messuzière, qui a rencontré récemment à Gaza le dirigeant du Hamas Ismaël Haniyeh, n'a aucune fonction officielle et a agi au titre de celles qu'il occupe dans une organisation non gouvernementale (ONG), a-t-on déclaré de même source.

"Il n'y a aucun élément nouveau. C'est un ancien diplomate retraité qui n'a aucun contact avec nous (Elysée). Dans le cadre d'une ONG, chacun peut faire ce qu'il veut. Il n'a pas de compte à rendre aux autorités françaises et nous on n'a pas de compte à rendre pour ce type d'activité."...

...Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a pourtant confirmé ce contact tout en récusant le terme de "relations" avec le mouvement islamiste palestinien.

"Il faut que nous puissions parler, si nous voulons jouer un rôle, si nous voulons d'abord que nos émissaires puissent passer à Gaza", a-t-il expliqué lundi sur Europe 1..."

 

Faut-il parler avec le Hamas?
Nouvel Observateur 19 mai 2008

"Bernard Kouchner a confirmé ce matin les révélations du "Figaro", selon lesquelles un important diplomate français à la retraite a ouvert un canal de discussions avec l'organisation islamiste, considérée comme une entité terroriste par l'Union Européenne et qui gouverne seule la bande de Gaza depuis bientôt un an.

L'initiative, prudente, va dans le sens de ceux, de plus en plus nombreux (y compris en Israël), qui considèrent qu'il est temps de parler avec le Hamas..."

 

La France parle avec le Hamas
Le Figaro 19/05/2008

"Dans la plus grande discrétion, une première rencontre a eu lieu, il y a un mois environ, à Gaza, entre Yves Aubin de La Messuzière, diplomate français de haut rang en retraite depuis janvier, et les principaux responsables du Hamas, révèle Le Figaro. Ancien ambassadeur en Irak et patron de la direction Afrique du Nord, Moyen-Orient au Quai d'Orsay, La Messuzière s'est notamment entretenu avec Ismaël Haniyeh et Mahmoud Zahar, avant d'informer le Quai d'Orsay de ses discussions.

«Ce n'était pas une mission officielle, nous déclare l'intéressé, j'ai dit au Hamas qu'il devait se rapprocher au maximum des conditions imposées par l'Occident pour qu'on leur parle (mettre fin au terrorisme, reconnaître l'État hébreu et entériner les accords signés entre Israël et l'Autorité palestinienne, NDLR). Ils m'ont répondu qu'ils étaient prêts à accepter un État palestinien dans les frontières de 1967, ce qui équivaut à une reconnaissance indi­recte d'Israël. Ils se sont dits prêts à arrêter les attentats kamikazes, et ce qui m'a surpris, c'est que les dirigeants islamistes reconnaissent la légitimité de Mahmoud Abbas (le chef de l'Autorité palestinienne, NDLR). Dans tous les bureaux où je suis allé, son portrait était collé à ceux des responsables du Hamas», confie Aubin de La Messuzière, qui qualifie sa visite de «très utile»..."

 

lundi 19 mai 2008

Analyse 19/05/08 - Les litanies crépusculaires de George W Bush

Analyse 19/05/08 - Les litanies crépusculaires de George W Bush

par Jean-Philippe Miginiac - Strategic-Road.com Analysis 19/05/08

 

Le 15 Mai dernier, le jour même où George W Bush s’adressait à la Knesset, louant Israël comme "la patrie du peuple élu", condamnant toute idée de négociation avec "les terroristes et les radicaux" et citant l'Iran comme "premier sponsor mondial de la terreur", son Secrétaire à la Défense, Robert M. Gates, déclarait de son côté qu'il était nécessaire de "parler" avec l'Iran : "Les Etats-Unis doivent construire une combinaison d'encouragements et de pressions sur l'Iran, et nous avons peut-être manqué hier les opportunités pour entamer un dialogue utile avec Téhéran... Nous avons besoin d'imaginer un chemin pour développer quelques leviers... et nous asseoir et parler avec eux..."

Il ne s'agit pas d'une coïncidence, le Pentagone ne pouvant qu’être parfaitement informé par avance du discours de George W. Bush. Robert M. Gates a donc clairement signifié aux Israéliens que le Pentagone, et au moins une partie de l’administration américaine, avaient aujourd'hui des vues très différentes de celles du Président.


C’est déjà ce qu’exprimait, quelques jours auparavant, Chuck Hagel, le sénateur républicain modéré du Nebraska, en déclarant devant le Center for American Progress : "Le monde ne veut pas d'une Amérique qui impose, qui dictate, qui sermonne, qui prêche, qui envahit, qui occupe...". C’est aussi ce qu’a voulu marteler le Sénateur démocrate Joseph R. Biden Jr, Président du Senate Committee on Foreign Relations en rendant publique une étude du Congressional Research Service (CRS) sur les implications, pour les intérêts économiques et sécuritaires des Etats-Unis, de la croissance de l'influence globale de la Chine dans le monde. La question posée révèle en fait l'inquiétude sourde d’un nombre de plus en plus important de membres du Congrès face au déclin de l’influence des Etats-Unis dans le monde et la relation de cause à effet évidente avec la guerre en Irak. Joseph Collins, ancien adjoint de l'ex ministre de la Défense US, Donald Rumsfeld, explique d'ailleurs la montée de la puissance régionale de l'Iran en des termes d’une clarté sans équivoque : "Si on mesure la guerre en Irak en sang et en argent dépensé, elle est devenue une guerre majeure et une immense débâcle… Nos efforts là-bas devaient améliorer la sécurité des Etats-Unis, mais ils ont, du moins temporairement, créé une pépinière à terroristes et ont donné l'audace nécessaire à l'Iran pour étendre son influence".

Devant la Knesset, George W Bush aurait du contempler, lui aussi, le vertige de son échec. Il avait promis "un nouveau Moyen-Orient" démocratique et pacifié. Il termine sa présidence avec un Moyen-Orient toujours très majoritairement gouverné par des autocrates, dans lequel se multiplient les guerres entre communautés sunnites et chiites, et de plus en plus dominé par la nouvelle puissance régionale de l’Iran.

Devant la Knesset, George W Bush aurait du faire le constat de l’impuissance croissante des Etats-Unis à peser encore sur le cours des évènements et se remémorer l’avertissement de Zbigniew Brzezinski,: " les prescriptions des néocons et leurs équivalents israéliens sont mortels pour l’Amérique et en fin de compte pour Israël. Elles retourneront totalement une majorité écrasante de la population du Moyen-Orient contre les Etats-Unis. Les leçons d’Irak parlent pour elles mêmes. Si les politiques des néocons continuent à être poursuivies, les Etats-Unis seront expulsés de la région et ce sera le commencement de la fin pour Israël " (voir "
Guerre contre la terreur et distorsions de réalité")

L'envoi médiatisé d'un navire de guerre américain, l'US-Cole, au large du Liban n’aura servi en rien, en effet, à empêcher qu’une impasse politique se transforme brutalement en conflit armé fratricide et que le Hezbollah chiite prenne le contrôle, sans coup férir, de la partie occidentale sunnite de Beyrouth. Cette crise, aujourd’hui au moins provisoirement stabilisée, constitue le deuxième exemple au Proche-Orient, après l'Irak, d’un conflit armé entre communautés chiite et sunnite.

Cette poussée chiite à Beyrouth et dans la montagne druze ne peut qu’inquiéter plus encore les pays arabes dits modérés, encore alliés des Occidentaux : la Jordanie, l'Egypte et l'Arabie saoudite. Leurs dirigeants ont tous exprimé publiquement, au cours des dernières années, le malaise que suscitent les ambitions régionales de l'Iran, allié à la Syrie, et qui œuvrerait, selon le Roi de Jordanie, Abdallah II, à la constitution d'un "arc chiite" qui aurait comme objectif d'assurer la puissance et la pérennité du régime iranien.

L’aventure irakienne aura été, dès l’été 2003, la première erreur stratégique majeure de George W Bush. Après la destruction du principal ennemi de l’Iran, la puissance américaine a ouvert la boîte de Pandore de l’affrontement entre chiites et sunnites et les revers d’alliances de la stratégie américaine sur place, dont les derniers avatars multiplient les conflits communautaires, chiites contre sunnites, et intra-communautaires, chiites contre chiites et sunnites contre sunnites, privent l’Irak de toute perspective politique crédible et ne peuvent que libérer et servir un peu plus les ambitions iraniennes (voir : "
Chaos constructif").

La deuxième erreur stratégique majeure de George W Bush fut, en Mai 2003, son refus de répondre aux propositions de négociations sans restrictions lancées par Téhéran avec l’approbation du "guide suprême" iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei, ainsi que du Président d'alors, Mohammad Khatami. Tous deux se disaient prêts à reconnaître Israël, à laisser se transformer le Hezbollah en parti politique et à suspendre l’enrichissement de l’uranium en échange de garanties de sécurité pour l’Iran (Voir :
Iran : Il faut écouter et ré-écouter Dominique de Villepin).

En refusant la négociation et en préférant opter pour une politique de changement de régime à Téhéran, George W Bush a libéré les forces extrémistes de Téhéran et porte la responsabilité de l’élection de l’ultra conservateur Mahmoud Ahmadinejad et du durcissement du régime des Mollahs.

La troisième erreur stratégique majeure de George W Bush aura été, en 2007, le soutien américain à la politique intransigeante du Fatah palestinien vis à vis du Hamas, pourtant démocratiquement élu, permettant en réaction la prise de contrôle de Gaza par ce dernier. En Février 2007, pourtant, l’Arabie Saoudite avait réussi à imposer une trêve aux deux frères ennemis palestiniens. La relance impuissante d’un processus politique israélo-palestinien à Annapolis, en Novembre 2007, a célébré la mort de l’influence américaine, les autorités israéliennes préférant la situation actuelle dont ils pensent maîtriser le contrôle. Déjà, en 2004, la lettre adressée par George W Bush au premier Ministre israélien de l’époque, Ariel Sharon, affirmant qu’il serait "irréaliste" que l’Etat hébreu revienne un jour dans les frontières de 1967, avait convaincu les autorités israéliennes de poursuivre l’implantation de colonies en Cisjordanie et même d’en annexer définitivement certaines des plus importantes.

L’intransigeance israélienne et la permanence du conflit palestinien, avec l’accumulation de blocus inhumains et de désespérances meurtrières, ouvrent aujourd’hui des perspectives régionales nouvelles à l’Iran qui peut tenter d’avancer encore, avec le Hamas, contre le cynisme de ceux qui prétendent agir au nom de la démocratie et du droit. le Hamas, sunnite, n’est pourtant pas la courroie de transmission évidente des intérêts chiites et la mission de l'ancien président américain Jimmy Carter, qui a rencontré à Damas le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Meshaal, a montré que des ouvertures politiques restent possibles.

Qui pourrait alors renouer avec les paradigmes de la paix et imposer des solutions politiques qui priveraient l’Iran de ses cartes régionales ? On ne fera pas la paix sans le Hezbollah et sans le Hamas. On ne fera pas la paix sur une atomisation des forces politiques en Irak. La Secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, a beau multiplier les voyages, les Etats-Unis semblent avoir perdu toute chance, à court terme, de peser véritablement sur un quelconque processus en cours et il faudra beaucoup de temps et de génie à la prochaine administration américaine pour retisser la puissance de son influence perdue. En Europe, espagnols et britanniques ont su maintenir des liens avec les islamistes palestiniens mais que peuvent-ils faire à la veille de la présidence française de l’Union Européenne ? La France, en rejoignant trop tôt, trop vite, trop ostensiblement la voie atlantiste, a perdu toute singularité et les amours affichés entre Nicolas Sarkozy et une administration américaine néoconservatrice finissante lui ont fait perdre toute crédibilité dans la région. Le prochain voyage en Israël du Président français est d’ailleurs un véritable piège puisqu’il ne pourra proposer aucune ouverture vers le Hamas sans s’attirer les foudres, en France, en Israël, et aux Etats-Unis de ses amis néoconservateurs qui prônent la guerre perpétuelle.

L’Arabie Saoudite, enfin, a peu de cartes en main mais elle tisse inexorablement à l’Est des liens qui la libèrent de l’orbite américaine (Voir :
L’Arabie Saoudite regarde à l’Est (I) Le pétrole, mais pas que le pétrole et L’Arabie Saoudite regarde à l’Est (II) La tentation nucléaire).

En Février dernier, une visite de quelques heures à Moscou de son Ministre des affaires étrangères, le Prince Saud Al-Faisal, a fait courir la rumeur d’un plan saoudien proposé à Vladimir Poutine pour contrer l’influence régionale grandissante de l’Iran. Le Roi Abdullah aurait proposé une alliance russo-saoudienne contre l’Iran, avec des commandes militaires et techniques saoudiennes qui compenseraient largement les ventes actuelles russes à l’Iran. Coïncidence, la Pravda annonçait il y a quelques jours la conclusion d’un important contrat de livraison d’armes russes à l’Arabie Saoudite (hélicoptères, tanks, systèmes anti-aériens…), pour quatre milliards de dollars, marché gagné de haute lutte par la Russie contre ses compétiteurs américains et français !

Au même moment George W Bush, de plus en plus autiste, enterrait définitivement Annapolis en poursuivant son discours messianique devant la Knesset : "…L’Amérique est avec vous pour détruire les réseaux terroristes et interdire aux extrémistes de disposer de sanctuaires. L’Amérique est avec vous fermement opposée aux ambitions de l’Iran pour l’obtention d’armes nucléaires. Autoriser le commanditaire principal de la terreur dans le monde à posséder la plus meurtrière des armes au monde serait une trahison impardonnable pour les générations futures. Dans un souci de paix, le monde ne doit pas permettre à l’Iran d’avoir une arme nucléaire… Du Caire à Riyad, à Bagdad et à Beyrouth, les peuplent vivront dans la liberté et des sociétés ouvertes, où le désir de paix sera renforcé par les liens de la diplomatie, du tourisme et du commerce. L’Iran et la Syrie seront des nations pacifiques, où l’oppression régnant aujourd’hui ne sera plus qu’un lointain souvenir et où les gens seront libres d’exprimer leurs points de vue et de développer les talents que Dieu leur a donnés. Al-Qaïda, le Hezbollah et le Hamas seront vaincus, car les musulmans de la région auront reconnu pour vains les projets des terroristes et compris que leur cause est injuste..."

 

Jean-Philippe Miginiac 19/05/08

 

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