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lundi 14 mars 2011

Analyse 14/03/11 - Libye : Total chaos à l'Elysée !



Analyse 14/03/11 - Libye : Total chaos à l'Elysée !

Vous vous souvenez, il y a quelques jours, Nicolas Sarkozy recevant à l’Élysée les représentants des insurgés de Benghazi, fief de la révolte en Libye, et reconnaissant le Conseil national libyen (CNL) comme seul représentant légitime de la Libye !

Bernard-Henri Lévy a raconté la genèse de l'histoire au micro de Nicolas Poincaré sur Europe 1. En visite à Benghazi, il a "appelé le président" et lui a dit : "j’ai rencontré des hommes qui me semblent tout à fait remarquables, ce sont les dirigeants de la Libye libre. Accepteriez-vous de les recevoir ?" "Le président m’a répondu ‘oui’", a raconté BHL ! Dans Le Monde BHL a même précisé qu’il avait appelé Nicolas Sarkozy directement sur son portable !

Et super BHL, chemise blanche ouverte, cheveux aux vents, de sortir de l’Élysée en jouant au Ministre des affaires étrangères et porte-parole de l’Élysée : "Nicolas Sarkozy s’est déclaré favorable à des actions défensives et ciblées", annonce t-il aux journalistes, énumérant même… des cibles à Tripoli, à Syrte !

On imagine la tête d’Alain Juppé, Ministre des affaires étrangères, même pas au courant de l'initiative élyséenne et apprenant la nouvelle à Bruxelles (Selon Le Monde il était stupéfait…). Il y a de quoi ! A peine nommé au Quai d'Orsay il se voyait doublé par le philosophe low cost le plus connu de France, sorte de "grand" reporter philosophe bobo bling bling qui confond engagement intellectuel et one man show people !

La décision s'apparente à un véritable coup de tête (afflux soudain de testostérone ?) d'un Nicolas Sarkozy totalement dépassé par l'avènement des révolutions arabes et tentant désespérément de reprendre la main, ou plutôt la com ! Elle représente aussi un coup de poker qui pourrait précipiter encore un peu plus bas la diplomatie française dans le gouffre où l'a déjà entrainé le Président et ses ministres successifs !

- la France est le premier pays à reconnaître le Conseil national libyen de transition (CNT) comme seul gouvernement légitime de la Libye ! A part BHL, personne ne sait vraiment qui est le CNT et s'il représente vraiment la révolte libyenne. La seule figure connue en son sein est Mr Mustapha Abdeljalil qui était ministre de la justice du colonel Kadhafi et qu'on ne peut donc qualifier encore de véritable démocrate ! Pour le reste le CNT est sens doute composé et/ou soutenu par quelques leaders tribaux, quelques islamistes et peut-être par quelques vrais démocrates qu'on a encore du mal à identifier tant ils sont rares en Libye !

- Traditionnellement, la France et l'Union Européenne reconnaissent des États et non des gouvernements ! Les liens diplomatiques peuvent ainsi être rompus avec un État qui ne respecte pas les lois internationales ou oppresse son peuple, mais qu'en est t-il de cette reconnaissance d'un "gouvernement légitime", au surcroit non élu ? Il est différent de reconnaître que Mr Allassane Ouattarra, Président démocratiquement élu de Côte d'Ivoire, représente l'État ivoirien et que le CNT, non élu, représente l'État libyen ! Cela crée un dangereux précédent qui risque de plonger dans l'expectative tous les diplomates du monde ! L’Union Européenne, d'ailleurs, s'est bien gardée de suivre Nicolas Sarkozy, ne reconnaissant le CNT que comme "interlocuteur légitime" et non comme "gouvernement légitime" !

- La décision martiale de Nicolas Sarkozy, annoncée unilatéralement et apparemment sans aucune réflexion préalable avec les partenaires de la France à la veille d'un sommet européen destiné à définir une position commune, a créé une véritable confusion ! L’Union Européenne n'a pas suivi la France et Alain Juppé lui même annoncera qu'il n'est pas question pour la France d'aller bombarder la Libye en dehors d'une éventuelle décision préalable du Conseil de Sécurité !

- Le colonel Kadhafi a immédiatement réagi en lançant une vigoureuse contre-attaque de ses forces et en enfonçant nombre de positions des rebelles et la décision française a certainement convaincu le pouvoir Libyen de "finir le job" le plus vite possible en utilisant tous ses moyens militaires pour écraser l'opposition. Faute de réaction internationale immédiate, la révolte libyenne est en train de tourner au bain de sang ! Une victoire définitive des forces qui soutiennent le colonel Kadhafi est aujourd'hui probable à court terme et met les intérêts français en péril. Les États-Unis, semble t-il, étaient d'ailleurs très timides à s'engager dans une action internationale contre la Libye (entre autre une no-fly -zone) car leur analystes prévoyaient de toutes façon une victoire inéluctable du colonel Kadhafi contre les rebelles en raison de la supériorité de ses armes.

- La coupure des liens diplomatiques entre la France et le colonel Kadhafi prive aujourd'hui Paris de tout moyen d'exercer son influence sur lui et met la France totalement hors jeu ! Si par miracle les rebelles devaient gagner la partie malgré l'absence de tout soutien de la communauté internationale sur le terrain, rien ne permet aujourd'hui d'assurer qu'ils installeraient une démocratie en Libye et affirmeraient une proximité avec la France !

Jean-Philippe Miginiac 14/03/2011

mercredi 12 décembre 2007

Repères 12/12/07 - Où en est la Libye ?

Repères 12/12/07 - Où en est la Libye ?

Rapport sur la Libye de l'étude "Countries at the Crossroads 2007" de Freedom House, par Alison Al-Baddawy.

(Alison Al-Baddawy is a Research Fellow at Kings College London, where she specializes in North Africa with a particular focus on Libya.)

Countries at the Crossroads 2007 : Lybia

"In recent years Libya has succeeded in ending its isolation and transforming itself from a pariah state into a full member of the international community. Colonel Muammar Qadhafi’s announcement in December 2003 that he would abandon his weapons of mass destruction programs was a major step forward in this respect. It opened the way for the resumption of bilateral relations with the United States and the lifting of international sanctions. In May 2006 Libya was finally removed from the U.S. state sponsors of terrorism list, marking its full rehabilitation.

This new international climate raised hopes that the Libyan regime would take the opportunity to engage in domestic reforms that would bring the country more in line with international standards. This was partly prompted by a new reformist discourse adopted by some parts of the regime, which called for economic transformation and flagged issues such as human rights and respect for the rule of law. However, while there have been some tentative steps in the field of economic reform, political change has remained largely off the agenda..."

 

La phrase du jour 12/12/07 - Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi

La phrase du jour 12/12/07 - Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi

"J'ai dit au président Kadhafi combien il fallait continuer à progresser sur le chemin des droits de l'homme, dans tous ses aspects, tout ce qu'il restait à faire."

Nicolas Sarkozy 10/12/07

 

"Nous n'avons pas évoqué, moi et le président Sarkozy, ces sujets. nous sommes des amis assez proches. Nous coopérons. Nous avons évoqué les questions de coopération entre les deux pays. Nous avons évoqué tous ces contrats dans tous les domaines et dans l'intérêt des deux pays, la coopération euro-africaine, l'union méditerranéenne, idée proposée par le président Sarkozy, la coopération des deux côtés de la Méditerranée."

Mouammar Kadhafi 11/12/07

 

mardi 11 décembre 2007

La phrase du jour 11/12/07 - Le projet UMP pour les législatives

La phrase du jour 11/12/07 - Le projet UMP pour les législatives

"Il ne peut pas y avoir de libéralisation des échanges avec des pays qui ne respectent pas des conditions minimales de dignité des salariés. Notre diplomatie doit être moins soucieuse d’attirer les faveurs de nos clients que d’assurer la rigueur de son éthique. Le prestige de notre pays n’y gagne pas, son commerce non plus. Les intérêts de notre balance extérieure ne justifient donc pas que nous soyons silencieux sur les atteintes aux droits de l’homme qui sont commises dans certains pays."

Projet UMP pour les législatives 2007

 

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