Est-ce un signe d’irritation, d’inquiétude ou d’endoctrinement béat ?
Les deux principaux Think tanks néo-conservateurs des Etats-Unis ont donné
brutalement de la voix, ces jours derniers, pour attaquer la candidate aux
élections présidentielles française.
Le premier d’entre eux, l’American Entreprise Institute, s’est inquiété, dans
un article intitulé " Ségolène la Socialiste? (1)" des
germes socialistes qui, selon lui, repousseraient à foison dans le programme
économique " décevant " et complètement " en dehors
des tendances économiques modernes et de la globalisation " de
Ségolène Royal, présentée comme un véritable diable qui voudrait encore
étendre en France le champ de l’action gouvernementale! Même Lionel Jospin,
rappelle le Temple des néo-conservateurs, avait privatisé plus que ses
prédécesseurs, et les autres récents ténors de la gauche européenne, Gerhard
Schroeder, Tony Blair ou Romano Prodi, ont tous " engrangé un
impressionnant tableau de réformes ". Suit la menace contre une
Ségolène Royale élue : " les forces financières la forceront
rapidement à changer… et c’est pour la France une situation qu’il vaut mieux
éviter ".
Bigre ! Certains auraient-ils confondu, à Washington, les programmes
d’Arlette Laguillier ou d’Olivier Besancenot avec celui de Ségolène
Royal ? Ne seraient-ils pas informés que nombre d’éléphants et leurs
troupeaux classent encore, en France, la candidate socialiste comme trop
libérale ? Ou la moindre petite dissonance française menacerait-elle à ce
point ce qui reste des doctrinaires de l’empire et de la chevauchée bancale de
l’hyper-puissance ?
C’est ce qui ressort en tous cas d’un mémo (2) intitulé " Ségolène
Royal and the Future of Franco–American Relations " du très engagé et
conservateur Heritage Foundation qui s’alarme, lui, de l’
" esprit gaulliste " [sic] de notre Ségolène
nationale et pour qui les politiques européennes et étrangères que
celle-ci s’apprêterait à mener si elle était élue menaceraient gravement les
relations franco-américaines ! Pour preuve, selon l’Heritage Foundation,
les critiques de la candidate à la présidentielle française sur le voyage
" couronné de succès " de son rival, Nicolas Sarkozy, aux
Etats-Unis en Septembre dernier, son parti pris d’un retrait des forces
américaines d’Irak et par conséquent son " implicite critique de
l’implication américaine dans la région ", sa confirmation
" des divisions causées par l’opposition française à la guerre en
Irak " et son commentaire " grossier " sur le fait
qu’elle ne voulait pas confondre l’Amérique de Bush avec le peuple
américain !
Pour preuve également, selon l’auteur du mémo, la vision
" gaulliste " de Ségolène Royal d’une Europe
" rivale " et non " partenaire " des
Etats-Unis, qui fasse contrepoids à la puissance américaine, et l’appel lancé,
dans son programme, à la construction d’une Europe politique et à un nouveau
vote français sur une Constitution européenne améliorée " incluant ces
éléments inamicaux aux intérêts stratégiques américains, tels une politique
étrangère et de sécurité européenne commune, un Ministre des Affaires
étrangères européen et une politique d’approvisionnement militaire
indépendante ".
Pour preuve enfin, toujours selon l’auteur du mémo, les étonnantes déclarations
de Gilles Savary, conseiller de Ségolène Royal, qui, interviewé par le Daily
Telegraph en Novembre dernier (3), avait affirmé au nom de la candidate que les
britanniques devraient choisir entre " être des vassaux des Etats-Unis
ou être pleinement intégrés comme membre de l’Union
Européenne ".
Et le pourfendeur de Ségolène Royal de poursuivre que l’agenda européen de la
candidate représenterait pas moins qu’ " une menace stratégique pour
les Etats-Unis " et que sa vision d’une Europe profondément intégrée
sur les plans des politiques étrangères et de défense (et donc une véritable
" Europe-puissance ") constituerait " une menace
majeure " pour les futures constitutions de coalitions par les
américains (et donc en premier lieu pour l’alliance privilégiée avec les
britanniques).
L’auteur du mémo, Sally McNamara, est analyste spécialiste des Affaires
européennes au sein du Margaret Thatcher Center for Freedom, lui même intégré
dans la Heritage Foundation à Washington, et dont le Directeur est Nile
Gardiner, un ancien conseiller de Margaret Thatcher. Dans une précédente étude
de Décembre 2006 (4), Sally McNamara expliquait déjà, avec luxe de détails et
de recommandations au Gouvernement US, les conséquences très néfastes, pour la
puissance américaine, d’une relance de la Constitution européenne
" dont une grande partie est appliquée malgré le rejet de
2005 ", par exemple l’Agence de Défense Européenne " qui
continue à décrire ses objectifs et son rôle dans les termes exacts de la
Constitution rejetée… ce qui ne peut que considérablement exacerber les
inclinations anti-américaines de la politique d’approvisionnement
actuelle ".
Et Sally McNamara d’identifier la principale menace pour les Etats-Unis :
" La résurrection de la Constitution européenne pose une grave menace
pour les intérêts américains de sécurité en Europe. Au cœur du document est le
concept d’une ‘personnalité légale’ formelle pour l’Union européenne, lui
permettant de ‘parler d’une seule voix’ sur la scène internationale à la place
des Etats membres individuels. La Constitution créerait un puissant Ministre
des Affaires étrangères européen et un système dans lequel les Etats-Unis
seraient forcés de négocier avec un pouvoir européen unique au lieu de former
des coalitions ad hoc avec des Etats souverains et ses alliés traditionnels.
Dans une Union européenne où l’hostilité envers le pouvoir et les intérêts
américains domine, ceci représente un danger clair et actuel pour la
construction d’alliances américaines en Europe ".
La première des recommandations faite par Sally McNamara au Gouvernement des
Etats-Unis est de " reconnaître la menace que le projet de
Constitution européenne pose aux intérêts stratégiques, diplomatiques,
judiciaire et militaires des Etats-Unis " et, notamment,
" d’encourager l’expansion et la visée globale de l’OTAN et de
s’opposer à la militarisation de l’Union européenne qui dupliquerait et
minerait les structures de l’OTAN ".
Sur le fond il existe, en effet, une nette divergence entre Washington et Paris
sur le problème de l’expansion et de la transformation de l’OTAN, en relation
avec la sécurité européenne, expansion et transformation qui ont constitué les
thèmes essentiels du sommet de Riga (Lettonie) en Novembre dernier. Certains
dirigeants et experts américains, surtout néo-conservateurs, souhaitent la fin
du confinement de l’OTAN sur le théâtre purement européen au profit d’une
agence de sécurité à vocation " globale " et réclament, en
conséquence, un élargissement de l’OTAN à des membres non européens, tels
l’Australie, le Japon ou l’Inde. Cette conception d’une " Agence
globale " est liée à la volonté américaine actuelle de promotion
" forcée " de la démocratie dans le monde, en liaison le plus souvent
avec la lutte contre le terrorisme, et certains y voient même un " concert
des démocraties " engagé dans une " guerre des civilisations ",
l’Alliance ayant vocation à remplacer l’ONU pour légitimer les interventions
extérieures de ses membres.
Paris et plusieurs autres Etats européens estiment au contraire que l’OTAN n’a
pas vocation à tout faire, et certainement pas de remplacer à terme l’ONU,
s’inquiètent du risque de voir l’OTAN impliquée dans des conflits étrangers aux
préoccupations européennes et souhaitent un meilleur partage des tâches avec
l’Union Européenne qu’ils veulent voir engagée dans un développement d’une
défense propre commune distincte et partenaire de l’OTAN. Mais surtout, la
France redoute qu’une " Alliance des démocraties " sous direction
américaine ne renforce, partout dans le monde le sentiment que l’Occident est
engagé dans une " croisade " et cherche à imposer par les armes sa
civilisation au reste du monde. La France, avec Jacques Chirac, estime qu’il
est donc essentiel que l’OTAN se borne à des objectifs plus modestes sans pour
autant être hostile à la conclusion ou au renforcement de partenariats
ponctuels avec des pays non membres de l’Alliance. L’OTAN doit cependant
demeurer une organisation euro-atlantique et la légitimité internationale ne
peut appartenir qu’à l’ONU et à elle seule (5).
Jacques Chirac a eu l’occasion de marteler cette position française au plus
fort des combats de la guerre entre Israël et Hezbollah, l’été 2006, en
s’opposant vigoureusement aux propositions de John Bolton, Ambassadeur des
Etats-Unis auprès de l’ONU (l’Ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU avait
déclaré qu’il était aussi membre " secret " de sa propre équipe (6)
), qui souhaitait voir placée une force d’interposition (essentiellement
française) sous l’étendard et le contrôle de l’OTAN. Jacques Chirac a rappelé
cette position au sommet de Riga (7).
L’attaque portée contre Ségolène Royal est donc sans doute légitime dans
l’optique d’une vision américaine actuelle très différente de celle portée par
la candidate, vision qui, elle, parait se confondre avec celle de la France.
L’énigme vient par contre du sort beaucoup plus clément réservé à Nicolas
Sarkozy qui partage pourtant, semble t-il et au moins depuis son intronisation
le 14 Janvier dernier comme candidat de l’UMP à la présidence française, une
large identité de vue avec Ségolène Royal. Nicolas Sarkozy veut en effet lui
aussi relancer la Constitution européenne et le traité simplifié qu’il veut
voir voté rapidement par le Parlement français inclut un Ministère des Affaires
étrangères européen doté des prérogatives prévues par le texte de la
Constitution européenne. Nicolas Sarkozy estime qu’il " n’y a pas à
choisir entre l’Europe de la défense et l’OTAN " et marque ses
distances avec la vision américaine en affirmant que l’Alliance atlantique
" n’a pas vocation à se transformer en une organisation concurrente de
l’ONU ", Ségolène Royal appelant quant à elle à " refuser
une OTAN qui jouerait au gendarme du monde et se substituerait à
l’ONU ". Tous deux appellent aussi à accélérer la construction de
l’Europe de la Défense, Ségolène Royal affirmant que " la clé de tout,
c’est d’avancer plus vite et plus fort " tandis que pour Nicolas
Sarkozy, " la défense peut être à la fois la condition et le levier de
la relance de l’Europe politique " (8).
Sally McNamara avait déjà elle même répondu, au moins en partie, à notre
interrogation en esquissant, peu après le voyage de Nicolas Sarkozy à
Washington en Septembre 2006 (9), un vibrant hommage au futur candidat
" pro-américain " porteur d’une nouvelle politique étrangère
française " indépendante de la ligne gaulliste
traditionnelle ", relevant que " c’est un secret de
polichinelle que Sarkozy avait critiqué l’opposition de Chirac à la guerre en
Irak en 2003 ", que " la position de Sarkozy sur la guerre
israélo-libanaise représentait une autre rupture avec la politique étrangère
française " et que " les Etats-Unis pourraient avoir
[en cas de victoire de Sarkozy] un partenaire plus amical en Europe et au
sein du Conseil de Sécurité de l’ONU ". Sur l’Europe cependant Sally
McNamara relevait " qu’une administration Sarkozy ne changerait
probablement pas significativement la politique française envers
Bruxelles " et qu’au final " les Etats-Unis ne devaient pas
espérer une vague de changements immédiats de la politique étrangère française
si Sarkozy arrivait au pouvoir. Il aurait à faire face à l’opposition de
puissants intérêts acquis au sein de l’establishment politique français qui
résisterait à des changements fondamentaux dans l’approche de Paris vis à vis
de Washington ".
L’American Enterprise Institute avait lui aussi salué le pro-américanisme de
Nicolas Sarkozy qui, en Septembre 2006 à Washington " a adopté la
rhétorique des Etats-Unis d’une manière inimaginable pour un gaulliste
convaincu (10) " et notait que " la France pourrait bien
être déjà à la pointe d’une transformation majeure et positive, au moins pour
ce qui concerne la politique étrangère ".
Nile Gardiner, le " patron " de Sally McNamara au Margaret Thatcher
Center for Freedom, croit lui aussi en Nicolas Sarkozy et affirme que
" l'ascendant de Sarkozy est considéré comme très positif par
Washington (11) ". Il estime lui aussi que l’Union européenne
" défie de plus en plus l’hégémonie US (12) " et qu’
" une politique étrangère et de sécurité européenne commune n’est pas
dans l’intérêt US (13) ". Il donne d’ailleurs volontiers pour exemple
que si une telle politique européenne commune avait existé en 2003, elle aurait
interdit au Royaume-Uni, à la Pologne, à l’Italie et à l’Espagne d’aider les
Etats-Unis en Irak, et que si elle devait exister demain, les britanniques ne
pourraient plus se tenir aux côtés des Etats-Unis " qui devraient
faire leurs prochaines guerres importantes tous seuls, sans allié militaire
important ". Il plaide donc sans relâche à Washington pour que
l’Administration américaine s’attache à tout prix à préserver l’Alliance
atlantique et ses " relations spéciales " avec le
Royaume-Uni, et à soutenir une intégration européenne dans laquelle chaque Etat
individuel aurait la plus grande liberté quant à son niveau d’intégration
(14).
Nile Gardiner est lui-même très engagé dans cette idée d’expansion de l’OTAN à
qui il voudrait voir confier un rôle " mondial " de défense des
démocraties et de lutte contre le terrorisme islamiste (15). Après les
attentats de Madrid, il avait déjà demandé à ce que l’OTAN prenne le
commandement des troupes coalisées en Irak (16) (avec intervention obligée des
armées européennes non encore engagées). Il a vigoureusement défendu le
maintien de son grand ami néo-conservateur John Bolton, porteur des mêmes
idées, comme Ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’ONU (17) (il a d’ailleurs
mené avec John Bolton un combat permanent de sape de Koffi Annan et de projet
de réforme de l’ONU au profit des seuls intérêts américains (18) ). Il défend
également avec force, et parmi les premiers, l’idée d’une adhésion d’Israël à
l’OTAN (19).
L’idée de faire d’Israël un véritable " membre " de l’OTAN a été
avancée pour la première fois en Octobre 2004 par le Général américain Joseph
Ralston, appelé dans l’alliance pour nouer des liens entre OTAN et Etats du
Moyen Orient. Le débat pris corps en Février 2005 quand deux éminents
supporters de l’OTAN, Ronald Asmus (20), Directeur du Transatlantic Center (21)
et du German Marshall Fund of the United States (22), et Bruce Jackson, ancien
patron du U.S. Committee to Expand NATO (23) (dans lequel ont siégé Paul
Wolfowith, Richard Perle et Stephan Hadley), tous deux ténors du lobbying
atlantiste, publièrent un article dans Policy Review qui appelait explicitement
à accorder à Israël un plein statut de " membre " de
l’Alliance Atlantique (24). Depuis 2005 un cœur croissant de voix enthousiastes
(surtout américaines et néo-conservatrices) soutiennent cette initiative (25),
rejoints par le très néo-conservateur européen Jose Maria Aznar (26),
ex-premier ministre espagnol, et plus récemment par d’autres rares dirigeants
européens (27).
La majorité des 26 membres de l’OTAN, et en premier lieu la France, est opposée
à ce que Israël devienne membre à part entière de l’Alliance Atlantique,
n’imaginant pas un seul instant que leurs armées puissent être juridiquement
obligées d’intervenir " automatiquement " en cas de guerre entre
Israël et l’un quelconque de ses voisins. En Israël, même, nombre de leaders
hésitent, habitués à ce que Israël ne compte que sur lui-même et sur les
Etats-Unis, et ont du mal à imaginer faire confiance, pour leur sécurité, à
certains pays européens " pro-arabes ". Quand ils adhèrent à l’idée
de voir Israël devenir membre à part entière de l’OTAN, sa sécurité renforcée
par les forces européennes, ils voudraient bien ne pas être eux-mêmes obligés
d’intervenir pour défendre un pays européen attaqué de l’extérieur.
" Je ne suis pas contre " a déclaré Oded Eran, Ambassadeur
israélien à Bruxelles, " mais je pense que l’OTAN n’est pas encore
prête pour que Israël en devienne membre. Je préfère une voie progressive
(28) ".
En Israël un homme, Uzi Arad, porte le débat. Ancien dirigeant du Mossad,
ancien conseiller aux Affaires étrangères du leader néo-conservateur Benjamin
Netanyahu lorsqu’il était Premier ministre, il dirige aujourd’hui l’Institute
for Policy and Strategy, IDC Herzliya, et a créé en son sein le Atlantic Forum
of Israel. Il est très proche de Ronald Asmus et, pour lui, " la seule
chose qui serait pire qu’un Israël devenant membre de l’OTAN pourrait être un
Israël ne devenant pas membre de l’OTAN (29)". En fait Uzi Arad
voudrait bien qu’Israël profite des deux dernières années de la présidence Bush
pour signer un véritable pacte de défense avec les Etats-Unis, et qu’en même
temps Israël adopte un véritable pacte multilatéral avec l’Alliance Atlantique
(30) !
Uzi Arad connaît bien Nicolas Sarkozy. Il a été le premier à lui offrir une
véritable audience internationale en l’invitant à prendre la parole (31), le 16
Décembre 2004, à la 5ième Conférence Herzliya (32), Conférence où
justement les représentants de l’OTAN appelèrent Israël à renforcer ses
relations avec l’alliance (33). Les " Herzliya Conferences on The Balance
of Israel’s National Security (34) " sont devenu le sommet annuel où se
réunissent dirigeants israéliens et dirigeants internationaux pour y discuter
des problèmes de la sécurité d’Israël. Uzi Arad a aussi organisé à Herzliya,
juste avant le sommet de Riga, une conférence sur " les
transformations de l’OTAN, le dialogue méditerranéen et les relations entre
l’OTAN et Israël ". Essentiel intervenant, aux côtés notamment du
Ministre Israélien des Affaires étrangères, Ronald Asmus a commencé son
intervention en remerciant l’organisateur de la conférence et en rappelant
qu’il était présent au tout premier dîner au cours duquel Uzi Arad avait
évoqué, le premier, l’idée qu’Israël pourrait rejoindre l’OTAN. Ronald Asmus a
ensuite rappelé comment les évènements du 11 Septembre avaient fait démarrer le
débat " l’OTAN doit-il se réinventer lui-même encore une
fois ". Ronald Asmus a ensuite martelé que la réponse devait être
" oui " et que face aux conséquences, " Israël
devait en être… Ce fut une erreur que l’OTAN ne soit pas engagé dans
l’UNIFIL [forces de l’ONU au Liban]... L’OTAN fonctionne uniquement
quand l’Amérique dirige les européens dans le droit chemin. Ceci doit
nécessiter pour nous de prendre les décisions fondamentales pour faire cette
transformation… Pourquoi cela n’arrive t-il pas ? Un, L’OTAN fonctionne
uniquement quand l’Amérique dirige les européens dans le droit chemin. Cela
n’est pas arrivé au cours des dernières années. Deux, la France est aujourd’hui
opposée à tout ce que j’ai mentionné. Mais nous allons avoir des élections et
le nouveau Président pourrait avoir une position différente, surtout si Sarkozy
devient le Président… (35) ".
Aujourd’hui 28 Février 2007, Conférence de presse de Nicolas Sarkozy sur le
thème de la politique étrangère de la France. L’énigme perdure :
" l’action de Jacques Chirac a été à bien des aspects exemplaire…
J’approuve l’action menée depuis 12 ans par le Président de la République… les
Français savent aussi qu’ils doivent beaucoup à la lucidité de Jacques Chirac
de ne pas les avoir entraînés dans une entreprise incertaine, celle d’une
guerre en Irak qui était une erreur historique… ". Nicolas Sarkozy
s'est réaffirmé favorable à un nouveau " traité simplifié "
pour l'Union européenne, afin que " les institutions européennes ...
se remettent à fonctionner ". Pour lui, ce nouveau traité devrait
être caractérisé par la définition d'une présidence stable du Conseil européen,
la présence d'un ministre européen des Affaires étrangères, l'extension du
domaine de la majorité qualifiée, l'extension des domaines d'intervention du
Parlement européen... " Le temps presse si on ne veut pas que l'avenir
de la construction européenne ne soit pas définitivement compromis ",
a-t-il ajouté. Nicolas Sarkozy a par ailleurs estimé que l'Alliance atlantique
et l'Europe de la défense devaient être " complémentaires ",
sans être " substituables" et que " le renforcement de
la défense européenne doit donc être pour nous une absolue
priorité… "." L'OTAN n'a pas vocation à mes yeux à devenir
une organisation concurrente de l'ONU ", a-t-il précisé.
Les " nouvelles " idées du candidat vont donc totalement à l’encontre
de ce qu’imaginent Sally McNamara, Nile Gardiner, Uzi Arad, Ronald Asmus… et
tous ses amis ! Ceux-ci devraient donc s’inquiéter, comme beaucoup en
France mais sans doute pas pour les mêmes raisons, des " ruptures "
que Nicolas Sarkozy semble avoir infligé récemment à ses propres idées. Ils
devraient surtout rompre, eux mêmes, avec leurs visions doctrinaires et se
rappeler que le ou l’un des plus atlantiste des dirigeants européens actuels,
Angela Merkel, est très déterminée, comme Ségolène Royal et, semble t-il,
Nicolas Sarkozy, à relancer la Constitution et l’intégration politique
européenne. Ils devraient se rappeler aussi qu’historiquement Washington a
toujours appuyé l’intégration politique européenne et qu’au lendemain de
l’échec du référendum du 29 Mai 2005 en France, Condoleezza Rice se disait elle
même très préoccupée que l’Europe politique puisse échouer.
Inutile par conséquent d’aller plus loin dans l’analyse ! Il faut renvoyer
d’urgence les Think Tanks néo-conservateurs à leurs chères études !
Jean-Philippe Miginiac 28/02/07
Notes & références
1 - Ségolène la Socialiste?, Par Jurgen Reinhoudt, American
Entreprise Institute 22/02/2007
2 - Ségolène Royal and the Future of Franco–American Relations, by
Sally McNamara, Heritage Foundation WebMemo #1368, February 23, 2007
3 - Segolene urges Britain to choose between European and
America, The Daily Telegraph, November 20, 2006
4 - The EU Constitution: Will Europe Force a Way Forward?, by Sally
McNamara, Heritage Foundation Backgrounder #1991 , December 14,
2006
5 - Voir par exemple : L’OTAN et l’avenir de la sécurité européenne, Quentin
Perret,Fondation Robert Schuman 04 décembre 2006
6 - " But Ambassador Dan Gillerman, addressing a New York meeting of
B'nai B'rith International, a Jewish humanitarian organization, heaped praise
on U.S. Ambassador John Bolton, jokingly describing him at one point as a
secret member of Israel's own team at the United Nations ", voir Strategic-Road.com, Repères & Sources Semaine du 29 Mai au 04 Juin
2006
7 - Conférence de presse de M. Jacques Chirac, Président de la
République, à l'issue du sommet de l'OTAN, Riga - Lettonie, mercredi 29
novembre 2006
8 - Sur la Défense, Royal et Sarkozy partagent une large identité
de vues, AFP vendredi 26 janvier 2007
9 - Regime Change in Paris: How Nicolas Sarkozy Could Reinvigorate
U.S.-French Relations, by Sally McNamara, Heritage Foundation WebMemo
#1241, October 31, 2006
10 - A Post-Gaullist, Pro-American France?, By Gary J. Schmitt, Reuel
Marc GerechtAmerican Enterprise Institute Monday, December 11, 2006
11 - USA-GB-France: des dirigeants en fin de mandat face à un monde
en crise, Stephen COLLINSON, Cyberpresse 20 nov 2006
12 - Could EU's global sway be rising as U.S. clout ebbs?,
Associated Press January 16, 2007
13 - The Bush Administration Should Not Back the European Constitution,
by Nile Gardiner, Ph.D., and John Hulsman, Ph.D. , Heritage Foundation WebMemo
#668, February 16, 2005
14 - A Conservative Vision for U.S. Policy Toward Europe, by John C.
Hulsman, Ph.D., and Nile Gardiner, Ph.D., Heritage Foundation Backgrounder
#1803, October 4, 2004
15 - The NATO Riga Summit: Time for Backbone in the Alliance, by Nile
Gardiner, Ph.D. , Heritage Foundation WebMemo #1261, November 27, 2006
16 - An Historic Moment for NATO, by Nile Gardiner, Ph.D., and John
Hulsman, Ph.D., Heritage Foundation WebMemo #465 April 1, 2004
Voir aussi : After Madrid: Preserving the Alliance Against Terrorism, by Nile
Gardiner, Ph.D., and John Hulsman, Ph.D., Heritage Foundation Backgrounder
#1743 April 9, 2004
17 - John Bolton: An Effective Force for U.S. Interests at the
United Nations, by Nile Gardiner, Ph.D. and Brett D. Schaefer , Heritage
Foundation WebMemo #1258, November 17, 2006
Voir aussi : John Bolton: A Powerful Voice for America at the United
Nations, by Nile Gardiner, Ph.D. and Brett D. Schaefer , Heritage
Foundation WebMemo #1179, July 26, 2006
18 - The Decline and Fall of the United Nations: Why the U.N. Has Failed
and How It Can Be Reformed, by Nile Gardiner, Ph.D, Heritage Foundation
Lecture #991, October 13, 2006
Voir aussi : Kofi Annan's Legacy of Failure, by Nile Gardiner, Ph.D,
Heritage Foundation WebMemo #1283, December 11, 2006
19 - Confounding the Mullahs of Iran: It's Time for Israel to Join
NATO
by John Hulsman, Ph.D., and Nile Gardiner, Ph.D., Heritage Foundation WebMemo
#966, January 24, 2006
Voir aussi : The NATO
Riga Summit, by Nile Gardiner, Ph.D., Heritage Foundation WebMemo
#1261November 27, 2006
20 - Contain Iran: Admit Israel to NATO, By Ronald D. Asmus,
Washington Post February 21, 2006
21 - Transatlantic Center
22 - German Marshall Fund of the United States
23 - U.S. Committee to Expand NATO profile
24 - Does Israel Belong In the EU and NATO?, Ronald D. Asmus and
Bruce P. Jackson, Policy Review March 2005
25 - Israel in NATO? A second look, Richard Rupp, The National
Interest Nov 1, 2006
26 - Analysis: Reform or die, Aznar warns NATO, UPI - Gareth
Harding - 30 November 2005
Voir aussi : Europe's Response to the Threat of Global Terror, by Jose
Maria Aznar, Jerusalem Center for Public Affairs, 27 April 2006.
27 - European leaders suggest Israel join NATO, UPI, January 24,
2007
28 - NATO, Israel Draw Closer - Mideast Tumult Forces Rethinking Of
Alliances, but Hurdles Loom, By Frederick Kempe, WSJ February 14, 2006
29 - ibid
30 - Israel en route to defense pact?, Ynet.news 10.25.06
31 - Nicolas Sarkozy, Président de l’UMP, Discours à la Conférence
2004 d’Herzliya le 16 décembre 2004
32 - The 5th Herzliya Conference – 2004
33 - Is Israel headed for NATO?, Uzi Arad, Ynet news
02/01/06
34 - http://www.herzliyaconference.org/Eng/
35 - Les transformations de l’OTAN, le dialogue méditerranéen et les
relations entre l’OTAN et Israël, Conference co-organized by: NATO Public
Diplomacy Division, Atlantic Forum of Israel, Institute for Policy and
Strategy, IDC Herzliya, Daniel Hotel, Herzliya, October 23-24, 2006
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