Repères 23/05/08 - Ci-git la globalisation ultra-libérale

Quand 21 sommités internationales, peu suspectes d'altermondialisme, enterrent le "Consensus de Washington" et sifflent la fin du tout-libéralisme

 

Le rapport de la commission Croissance et développement (Commission on Growth and Development)

Créée en avril 2006, la Commission sur la croissance et le développement regroupe 21 éminents spécialistes provenant de gouvernements, d’entreprises et d’organes dirigeants situés principalement dans les pays en développement. Le président de la Commission est Michael Spence, prix Nobel et ancien doyen de la Stanford Graduate Business School, et Danny Leipziger, vice-président de la Banque mondiale, remplit la fonction de vice-président de la Commission.

Sur une période de deux ans, la Commission cherchera à établir des liens entre les politiques et les stratégies qui sous-tendent la réduction de la pauvreté et une croissance économique rapide et soutenue. Le public de la Commission est constitué de leaders de pays en développement.

Les gouvernements de l’Australie, de la Suède, des Pays-Bas et du Royaume-Uni, la fondation William et Flora Hewlett ainsi que la Banque mondiale soutiennent la Commission.

 

21 "sages" pour une mondialisation moins sauvage
LE MONDE 22.05.08

"La publication du rapport de la commission Croissance et développement, jeudi 22 mai, sonne la fin du tout-libéralisme en vogue depuis la fin du XXe siècle en matière de politiques de développement économique. Elle annonce un nouveau consensus pour une mondialisation moins sauvage...

...Ils en tirent des conclusions qui vont à l'encontre du "Consensus de Washington", cette théorie adoptée par les institutions internationales et élaborée par l'économiste John Williamson à la fin des années 1980, et qui prônait la réduction des déficits, des impôts et des dépenses publiques, l'accélération des privatisations et des déréglementations.

Le rapport de la Commission est sans ambiguïté. "La principale de nos conclusions est que la croissance indispensable pour faire reculer la pauvreté et assurer un développement durable réclame un Etat fort"...

...Loin des certitudes des néoconservateurs américains, qui refusent de dissocier développement et démocratie à l'occidentale, la commission se soucie peu du régime politique qui gère la croissance. Que le pouvoir appartienne à un parti unique, à plusieurs partis ou à des technocrates, l'important est que le cap de la croissance soit maintenu, selon la méthode de l'ancien secrétaire du Parti communiste chinois, Deng Xiaoping, qui conseillait de "traverser la rivière en tâtant les pierres"..."