JPMiginiac.com

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - Géostratégie

Fil des billets - Fil des commentaires

mardi 22 septembre 2009

Analyse 22/09/09 - Sarkozy et l'Afghanistan : la stratégie du pipeau

Analyse 22/09/09 - Sarkozy et l'Afghanistan : la stratégie du pipeau

Dans son discours devant les ambassadeurs, fin août, le président Nicolas Sarkozy déclarait : "En Afghanistan, je partage l’analyse de Bernard Kouchner : la campagne électorale s’est bien déroulée, en dépit des pires menaces. En votant, les Afghans ont dit non à la barbarie et au terrorisme. Aller voter, c’est aller mettre votre doigt dans l’encre indélébile quand des gens à longueur de journée vous disent que ceux qui auront de l’encre sur les doigts, on leur coupera la main… Et les talibans sont crédibles quand ils disent cela compte tenu de ce qu’est leur bilan. Et malgré cela, des millions de gens se sont rendus aux urnes. Ils méritent qu’on les aide. Dans l’attente des résultats, la France appelle les candidats et leurs partisans à faire preuve d’un très grand sens des responsabilités".

Pourtant tout le monde savait déjà que les élections afghanes avaient été massivement truquées.

Depuis, la presse internationale a souligné l’ampleur des fraudes en faveur de Hamid Karzaï, actuel président afghan. Dans le New York Times du 8 septembre un des observateurs occidentaux affirmait que 15 % des bureaux de vote n’avaient jamais ouvert, transmettant pourtant des résultats favorables à Hamid Karzaï, et 800 bureaux, ouverts ceux-là, avaient été pris en main par des partisans de Hamid Karzaï qui ont bourré les urnes. Les observateurs de l'Union européenne viennent quant à eux d'annoncer qu'environ 1,5 million de votes (soit un quart des suffrages), glissés dans l'urne le 20 août lors de la présidentielle afghane, pourraient être frauduleux.

A la veille d'une semaine chargée en rencontres diplomatiques, le président américain, Barack Obama, a lui-même clairement évoqué des doutes sur la validité des élections afghanes, déclarant que la consultation "ne s'est pas déroulée aussi bien que je l'aurais espéré, et le déroulement du scrutin dans certaines régions du pays pose de graves questions... Des fraudes ont été signalées, cela ne fait pas de doute, et cela semble plutôt grave à première vue". De son côté, Dianne Feinstein, la Démocrate californienne qui préside la commission du renseignement du Sénat, déclarait : "Je ne crois pas que nous puissions construire un État démocratique en Afghanistan... Je crois que cela restera une entité tribale".

Mais si l’ampleur des fraudes soulève débat dans l’administration américaine, la France, elle, reste silencieuse. Le 7 septembre, le porte-parole du Quai d’Orsay déclarait : "Alors que les élections en cours devraient permettre de franchir une nouvelle étape dans l’histoire de l’Afghanistan, il est naturel de faire évoluer les modalités de la relation entre la communauté internationale et les prochaines autorités afghanes. Celles-ci devront assumer progressivement davantage de responsabilités dans la stabilisation et le développement du pays". Quelques jours plus tard, Paris confirmait la tenue d’une conférence internationale sur l’Afghanistan pour consolider les succès !

Succès ? Parmi les "succès", la poursuite des bavures. "L’OTAN admet que le raid dans la région de Kunduz a tué des civils" titre lemonde.fr le 8 septembre. Ce raid, ordonné par un officier allemand, a fait une centaine de morts, dont un nombre indéterminé de civils.

Les massacres répétés de populations civiles sous les bombardements de la coalition en Afghanistan réduisent pourtant à néant toutes les prétentions morales qui sont avancées pour justifier cette guerre. le droit international interdit aux armées de tirer sauvagement sur les bâtiments où s’entassent les civils et de bombarder sauvagement les villages, même lorsque des forces ennemies y sont présentes. Une armée en campagne qui prend le risque de tuer des dizaines de civils en écrasant des villages sous les bombes pour ne pas avoir à exposer la vie de ses soldats dans un affrontement rapproché avec les rebelles ne vaut pas mieux que ceux qu’elle prétend combattre.

Succès ? Tous les trois mois, les autorités canadiennes publient un tableau de bord sur leurs "progrès" militaires en Afghanistan, un document qui est infiniment plus honnête et plus détaillés que tout ce qui est publié par le Pentagone ou le ministère français de la Défense et qui prouve indéniablement que l'échec est patent ! Le dernier rapport montre ainsi que la province de Kandahar est de plus en plus en proie à la violence, moins stable et moins sûre, et que les attaques dans tout le pays sont plus fréquentes qu’à aucun autre moment depuis la chute du régime taliban en 2001. La fréquence des attentats au printemps a été "exceptionnellement élevée" par rapport à 2008. Le nombre d’attentats avec des mines artisanales a augmenté de 108%. Les Afghans estiment qu’ils sont moins satisfaits de l’enseignement et de la situation de l’emploi, principalement en raison de la sécurité qui est faible ou inexistante. Le Canada se concentre maintenant uniquement sur la sécurité de la ville de Kandahar, abandonnant toute tentative réelle de contrôle de la province.

L’armée canadienne quittera l’Afghanistan en 2011, mais jusqu’à présent, seules 5 des 50 écoles de son programme de construction ont été achevées, 28 autres étant seulement "en construction". Et sur les 364 écoles de la province de Kandahar, 180 ont été contraintes de fermer !

Concernant les progrès dans la "gouvernance démocratique" à Kandahar, le rapport canadien indique que la capacité du gouvernement afghan est "chroniquement déficiente et [qu’il est] miné par la corruption généralisée". Au sujet de la "réconciliation", on lit que le "début de la saison d’été des combats, et la focalisation des politiques et des militants sur les élections du mois d’août ont découragé les attentes d’initiatives dignes d’attention ... ". Même l’objectif basique de l’éradication de la poliomyélite, le projet d’assistance civile le plus important pour Ottawa en Afghanistan, a eu raison de l’International Development Agency canadienne. Et même cet aveu se dissimule derrières des mensonges véritablement dignes d’un Bush ou d'un Blair comme l’a révélé le Toronto Star en effectuant un travail sérieux de journalisme d’investigation. L’objectif d’ "éradiquer" la polio avec l’aide des fonds de l’ONU et de l’Organisation Mondiale de la Santé a ainsi été discrètement modifié pour devenir "la prévention de la transmission" de la polio. Et au lieu de mesurer le nombre d’enfants "immunisés" contre la polio, la cible a été modifiée pour se référer uniquement au nombre d’enfants "vaccinés" alors que les enfants doivent être vaccinés à plusieurs reprises avant qu’ils ne soient effectivement immunisés.

Succès ?  Ce n'est certainement pas l'avis de Zbigniew Brzezinski, éminent stratège géopoliticien, spécialiste incontesté des plans complexes de subversion et de maîtrise des zones géopolitiques et ancien conseiller de sécurité nationale de Jimmy Carter, à qui on prête une influence considérable sur l’actuel président des Etats-Unis et sur sa politique étrangère. Zbigniew Brzezinski vient en effet de déclarer, lors d’une intervention qu’il a faite à une conférence stratégique à Genève (organisée par l’International Institute for Strategic Studies de Londres), que les Etats-Unis et l'OTAN risquent, en Afghanistan, un échec équivalent à celui qu’a connu l’URSS en 1980-1988. Pour mémoire, Brzezinski sait de quoi il parle puisque c’est lui-même qui a été en grande partie responsable de l'échec soviétique en organisant, préventivement à l’intervention de l’URSS de décembre 1979, la constitution de la guérilla islamiste en Afghanistan. Et ce sont justement, d'après Brzezinski, les héritiers de cette guérilla islamiste qui affrontent aujourd’hui les Etats-Unis et l'OTAN et les confrontent à la possibilité d’un destin fatal.

Succès ? Rendant hommage aux deux soldats français tués en Afghanistan la semaine dernière, le président Nicolas Sarkozy a répété vendredi 11 septembre que la France y poursuivrait son "combat contre la barbarie", et "restera le temps nécessaire à l'avènement d'un Etat afghan souverain et librement choisi par les Afghans".

A quand un débat en France où une voix, qu'on cherche à faire taire, s'élève, seule, pour combattre la stratégie du pipeau du Président de la République. Dominique de Villepin martelait encore le 2 Septembre dernier : "La politique américaine en Afghanistan est dans l'impasse, et nous n'avons pas suffisamment joué notre rôle en renonçant à une révision stratégique profonde. J'avais insisté auprès de Jacques Chirac, avant la fin de sa présidence, pour que nous amorcions un désengagement de nos troupes, en particulier des Forces spéciales. Il faut d'urgence envoyer un signal fort: une stratégie de coopération économique et sociale ambitieuse sur le terrain, assortie d'un calendrier de retrait pour montrer que notre visée n'est pas militaire. Tirons les leçons de l'Histoire et refusons les oeillères idéologiques qui font le jeu des extrémistes".


Jean-Philippe Miginiac

dimanche 9 mars 2008

Repères 09/03/08 - Europe et Géostratégie du changement climatique

Repères 09/03/08 - Europe et Géostratégie du changement climatique

Climate Change and International Security
The Irish Times March 8, 2008

"A REPORT on security challenges to the EU will bluntly warn the union's summit next week that Europe could face conflict with Russia over access to energy reserves in the Arctic and a dangerous surge in immigration due to the impact of climate change.

And the report warns that the EU must address the reality that fragile states in Africa, Asia and the Middle East will be much worse off due to severe food and water shortages, which are likely to spark regional conflicts and humanitarian disasters.

The warnings are contained in the report, Climate Change and International Security, from the EU's foreign policy chief Javier Solana and the commission to the EU leaders' meeting next week in Brussels.

It argues that climate change threatens to "overburden states and regions which are already fragile and conflict prone" and urges a radical rethink of EU policies to better protect its own political and security interests.

The paper warns that competition over water and food supplies will fuel existing conflicts in Africa and intensify political instability in the Middle East where two-thirds of the Arab world rely on water sources outside their borders.

Sea level rises, changes in the monsoon rains and a decrease in melt water from the Himalayas threaten three billion people in south Asia. In North Africa and the Sahel, drought, water scarcity and land overuse could lead to the loss of 75 per cent of arable, rain-fed land. By 2050 five million people in the Nile Delta could be affected by rising sea levels while climate change is already having a major impact on the conflict in and around Darfur, says the report. It warns that by 2020 "there will be millions of 'environmental' migrants".

Europe is also already facing challenges to its security and economic interests in the Arctic due to the rapid melting of the polar ice caps.

Increased accessibility to the enormous hydrocarbon resources in the Arctic is transforming the geo-strategic dynamics of the region with consequences for Europe's security interests, the report says..."

 

EU warned of climate-induced polar security threat

"BRUSSELS, March 6 (Reuters) - European Union leaders will receive a stark warning next week of potential conflict with Russia over energy resources at the North Pole as global warning melts the ice cap and aggravates international security threats.

A report to the leaders by EU foreign policy chief Javier Solana and the executive European Commission describes climate change as "a threat multiplier", which will exacerbate many existing tensions and heighten instability.

"A further dimension of competition for energy resources lies in potential conflict over resources in Polar regions which will become exploitable as a consequence of global warming," the eight-page report obtained by Reuters said.

"The resulting new strategic interests are illustrated by the recent planting of the Russian flag under the North Pole."

A Russian scientific expedition planted a flag on the ocean floor last summer, staking a symbolic claim to the resource-rich region. President Vladimir Putin decorated the three-man team with "Hero of Russia" medals.

The report said the EU needed to address the growing debate over Arctic territorial claims and access to new trade routes which challenged its ability to secure its trade and resource interests and may put pressure on relations with "key partners".

It suggested the 27-nation bloc develop a specific Arctic policy "based on the evolving geo-strategy of the Arctic region, taking into account ... access to resources and the opening of new trade routes"..."

 

lundi 18 février 2008

Repères 18/02/08 - Prospective géostratégique

Repères 18/02/08 - Prospective géostratégique

La Délégation aux Affaires Stratégiques (DAS) du ministère de la Défense a rendu public, le 13 février 2008, son dernier rapport de prospective géostratégique. Ses conclusions ont été présentées par le Directeur de la DAS lors du 5e séminaire Prospective « Quel(s) monde(s) en 2040 ? » qui s’est tenu à Paris.

Ce rapport se fonde sur les analyses croisées de nombreux organismes du ministère de la défense et d’experts pluridisciplinaires. Il a pour but d’identifier les changements qui pourraient affecter notre environnement stratégique dans les trente prochaines années et d’en tirer les conséquences pour la défense et la sécurité de l’Union européenne et de la France.


Rapport de prospective géostratégique du ministère de la Défense
Délégation aux Affaires Stratégiques du ministère de la Défense, 13 février 2008 

 

jeudi 7 février 2008

Repères 07/02/08 - Les Etats-Unis ressentent une forte menace venant des sous-marins chinois

Repères 07/02/08 - Les Etats-Unis ressentent une forte menace venant des sous-marins chinois

U.S. military officials wary of China's expanding fleet of submarines
IHT February 7, 2008

"For a procession of senior U.S. military commanders who have visited China in recent years, the complaint has become almost routine.

As part of a sustained military buildup, they say, China is investing heavily in so-called area-denial weapons without explaining why it needs them.

The term area-denial weapons refers to a combination of armaments, technology and tactics that could be used to dominate a specific area or keep opposing forces at bay in a conflict. And one of the most formidable examples U.S. commanders identify is the Chinese Navy's rapidly expanding fleet of nuclear and conventional submarines.

"I would say that the U.S. feels a strong threat from Chinese submarines," said Andrei Chang, an expert on Chinese and Taiwan military forces and editor in chief of the magazine Kanwa Defence Review.

"China now has more submarines than Russia, and the speed they are building them is amazing," Chang said.

U.S. and other Western military analysts estimate that China now has more than 30 advanced and increasingly stealthy submarines, along with dozens of older, obsolete types. "China is capable of serial production of modern diesel-electric submarines and is moving forward with new nuclear submarines," the Pentagon said last year in its annual report on the Chinese military.

By the end of the decade, experts say, China will have more submarines than the United States, although it will still lag in overall capability..."

 

- page 1 de 4