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dimanche 28 octobre 2007

Analyses 28/10/07 - Iran : Il faut écouter et ré-écouter Dominique de Villepin

Analyses 28/10/07 -  Iran : Il faut écouter et ré-écouter Dominique de Villepin 

Il faut, sur l'Iran et à quelques jours d'une visite de Nicolas Sarkozy à Washington, écouter et ré-écouter Dominique de Villepin.

Riposte 16/09/07 : Dominique de Villepin sur l'Iran

 

En quelques mots, tout est dit de l'impasse des négociations sur le nucléaire iranien, de la responsabilité de l'administration Bush et de la montée des tensions dans laquelle la France semble se livrer pieds et poings liés.

En 2003, L’ambassadeur Suisse en Iran informait le Département d'État américain que les Iraniens faisaient une offre de négociation sans restrictions, et que celle-ci avait l’approbation du "guide suprême" iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei, ainsi que du Président d'alors, Mohammad Khatami.

"J’ai la nette impression qu’il y a une volonté forte de la part du régime de résoudre tous les problèmes avec les USA en ce moment, et que ce document est un essai pour y parvenir", écrivait M. Tim Guldimann dans la lettre d’une page qu’il avait faxé au Département d’État le 4 mai 2003. Il y joignait un document iranien nommé "Feuille de Route" listant les objectifs de la négociation.

Parmi ceux-ci, la lutte anti-terroriste, et la reconnaissance du droit à l’existence d’Israël.

Il n'y eut aucune réponse des américains.

Tim Guldimann a raconté les conversations engagées à l’époque avec Sadegh Kharrazi, l’ambassadeur d’Iran à Paris, qui lui avait affirmé que le "guide suprême", l’Ayatollah Khamenei et le président Mohammad Khatami étaient engagés sur chaque mot de la proposition iranienne.

Interrogée en février dernier par le sénat, Condolezza Rice affirmait n’avoir aucun souvenir de ce document (elle dirigeait alors le Conseil National de Sécurité), niant même son existence : "si un document avait mentionné la reconnaissance d’Israël je m’en souviendrais" (Washington Post 8 février 2007).

Flint Leverett, employé au Conseil National de Sécurité lorsqu’il était dirigé par Condolezza Rice, avait à l’époque considéré la proposition Iranienne comme étant d’une importance comparable à celle de l’offre Chinoise de 1972 qui avait conduit à la reprise des relations entre Pékin et Washington. Pour lui, il est certain que ce document a été vu par Condolezza Rice et Colin Powell, alors à la tête du Département d'État. Flint Leverett rapporte une discussion qu’il aurait eu avec Colin Powell, ou celui ci affirmait qu’il ne "pouvait pas 'vendre' cette offre à la maison Blanche", preuve selon lui que ce document avait bien été discuté au Département d’État. S’exprimant devant l’auditoire d’une conférence organisée par la New America Foundation, il déclarait : "L’administration Bush, jusque et y compris Mme Rice trompent le Congrès et les américains au sujet de cette proposition iranienne".

Le Président Mohammad Khatami, réformiste, prônait alors la détente et le "dialogue des civilisations" et Téhéran agréait à l'extension des inspections de l'IAEA (International Atomic Energy Agency) et à la suspension de l'enrichissement de l'uranium. Les ministres des Affaires Étrangères britannique, Allemand et Français se rendaient à Téhéran en Octobre 2003 et, pour la première fois dans l'histoire de la République Islamique, le terrain était prêt pour des négociations d'ouverture avec l'Ouest. Même s'ils estimaient que l'enrichissement de l'uranium était un "droit naturel" du peuple iranien, les réformistes pensaient en effet ne pas devoir engager un bras de fer avec l'ouest, bras de fer qui aurait pu mettre en péril leur sécurité et leur développement économique. Pour eux, l'enrichissement de l'uranium pouvait être réalisé dans le cadre d'un processus de négociation et de construction de rapports de confiance avec l'Ouest.

Exit Mohammad Khatami. L’ancien président réformateur ne s’est pas représenté à l’élection Présidentielle de Juin 2005, laissant le conservateur "pragmatique" Ali Akbar Rafsandjani, à qui il avait lui même succédé en 1997, apparaître comme réformateur face à l’ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad qui sera élu à la surprise des occidentaux. Mahmoud Ahmadinejad, ultra-islamiste populiste et dur parmi les durs du régime, n’avait quant à lui aucune considération pour les accords internationaux et encore moins pour un dialogue avec le "Grand Satan". Avec la crise nucléaire et ses déclarations fracassantes sur Israël il a même, en très peu de temps, mis fin à toute velléité iranienne de négociation ou de rapprochement et réussi l’exploit de rassembler dans la surenchère les plus hauts caciques du régime des mollahs avec qui il dispute pourtant un pouvoir contesté (voir Guerres de palais à Téhéran).

La rupture des négociations avec la troïka européenne (France, Allemagne, Royaume-Uni) et la reprise du programme de recherche nucléaire iranien ouvraient-elles pour autant un boulevard obligé vers la guerre ? (voir Quelles options sur l'Iran ?).

En Octobre 2005, l’Ayatollah Ali Khamenei étendait les pouvoirs d’Ali Akbar Rafsandjani, président du Conseil chargé de la sauvegarde des intérêts supérieurs du régime (appelé aussi le Conseil de Discernement), qui avait été largement battu par Mahmoud Ahmadinejad aux élections présidentielles. Le conseil supervisait désormais la politique du régime. Ali Akbar Rafsandjani devenait ainsi, malgré sa défaite, le numéro deux du régime iranien et en supervisait trois des quatre branches. L’Ayatollah Ali Khamenei et Ali Akbar Rafsandjani soutenait dorénavant la position "ultra" de Mahmoud Ahmadinejad sur le nucléaire, peut-être parce qu’ils ne pouvaient apparaître comme moins nationalistes que lui, mais l’une des premières décisions prises par Ali Akbar Rafsandjani, une fois ses pouvoirs renforcés, a été de nommer le président sortant, le réformateur Mohammad Khatami, comme principal conseiller du Conseil, le ramenant ainsi sur le devant de la scène. Tous deux ont cherché à adoucir les propos tenus par Mahmoud Ahmadinejad sur Israël (voir Guerres de palais à Téhéran).

Au cours de l'année 2006, une nouvelle opportunité d'engager des négociations directes entre Téhéran et Washington est apparue. Ali Akbar Rafsandjani, numéro deux du régime, Ali Larijani, qui présidait alors le Conseil National de Sécurité iranien et était connu pour être très proche du "guide suprême", l’Ayatollah Ali Khamenei, tout comme le Dr Hasan Rowhani, autre membre du Conseil de Sécurité iranien également nommé par l’Ayatollah Ali Khameini, ou Javad Zarif, représentant iranien à l'ONU, ont multiplié les signaux indiquant que l’Ayatollah Ali Khameini souhaitait des négociations directes avec Washington sur le dossier nucléaire (voir Le pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad).

Ali Larijani, dorénavant chargé des négociations sur le nucléaire avec la troïka européenne, s'était immédiatement fait remarquer par ses reproches à l'équipe de négociation précédente, sous le mandat de l'ex-Président Mohammad Khatami, l'accusant d'être trop conciliante et d'être prête à céder "la perle" nucléaire contre "le bonbon" proposé par les Européens, c'est-à-dire une coopération nucléaire civile, économique et politique. Au cours des négociations il s'est en fait montré plus conciliant et ses rencontres avec Javier Solana, le porte-parole de la diplomatie européenne, et Mohammed El Baradei, le directeur de l'AIEA, l'ont révélé ouvert au dialogue. Le 16 Mars 2006, il annonçait que Téhéran était prêt à des discussions avec les Etats-Unis, suggérant que les deux pays travaillent à surmonter leur mutuelle défiance (voir Négociations USA-Iran : Trop tard pour les pragmatiques ?).

La première réaction officielle du Secrétaire d’Etat américain, Condolezza Rice, aura été de relever, le 17 Mars 2006, que "cela pourrait être utile", notant que l’Ambassadeur US en Irak, Zalmay Khalilzad, avait été autorisé (par elle et par Georges W. Bush) à discuter de l’Irak avec l’Iran depuis la fin de l’année 2005. Un mois auparavant, elle affirmait devant la Commission Budgétaire du Sénat, que l’Iran était "la banque centrale du terrorisme dans le monde", propos réitérés à maintes reprises depuis, ajoutant le 10 Mars, devant le même Sénat, qu’il n’y avait pas pour les Etats-Unis de plus grand défi "que celui de l’Iran dont les agissements mènent à développer un Moyen Orient qui serait à 180 degrés différent du Moyen Orient que nous voulons voir se développer… Nous n’avons pas de problème avec le peuple iranien. Nous voulons que le peuple iranien soit libre. Notre problème est avec le régime iranien".

Le 18 Mars, dès le lendemain de l’appréciation plus que négative de Condolezza Rice sur l'opportunité d'une prochaine ouverture de négociations avec l’Iran, Stephen J. Hadley, Conseiller à la Sécurité Nationale à la Maison Blanche, relevait avec force que Zalmay Khalilzad avait été autorisé à discuter avec les iraniens uniquement sur leur ingérence en Irak et sur le fait qu’ils apportent "confort et, dans certains cas, équipement aux terroristes qui tuent des irakiens et qui tuent des membres des forces de la coalition", et s’empressait de dénigrer ces négociations, affirmant qu’elles étaient "simplement un truc des iraniens pour tenter de détourner la pression qu’ils ressentent à New York". Hadley suggérait de plus qu’il n’était aucun besoin de négocier avec l’Iran puisque "nous discutons en permanence : nous faisons des déclarations et ils font des déclarations".

Le même jour, Scott McClellan, attaché de presse de la Maison Blanche, insistait sur le fait que les négociations resteraient cantonnées à la situation en Irak et ne concerneraient pas le programme nucléaire iranien tandis qu’un officiel US de haut niveau, discutant avec des journalistes sous le sceau de l’anonymat, traitait l’offre iranienne de "coup", ajoutant que Washington ne participerait à ces discussions que pour éviter les critiques affirmant que les Etats-Unis ne font pas tout ce qu’ils peuvent pour éviter les sanglantes confrontations entres irakiens. Un autre officiel de la Maison Blanche poursuivait au même moment d’autres journalistes pour leur affirmer que l’offre iranienne était "de la réclame" et Zalmay Khalilzad déclarait au journal Le Monde "Nous sommes prêts à parler avec tous les voisins de l'Irak, l'Iran inclus. Mais, soyons clairs, il ne s'agit pas de négocier l'avenir de l'Irak avec eux. Nous avons quelques soucis concernant la politique qu'ils mènent et le rôle qu'ils entendent jouer en ce qui concerne l'Irak. Nous allons en parler avec eux, nous sommes ouverts à une discussion sur toutes les questions à propos de ce pays. Ils ont les leurs, nous avons les nôtres, nous en parlerons. Vous savez, ce n'est pas la première fois que je fais cela avec les Iraniens, ce n'est pas nouveau pour moi" (voir Négociations USA-Iran : Trop tard pour les pragmatiques ?).

Le parti réformateur de Mohammad Khatami appelait le 20 Mars 2006, à un "gel" du programme nucléaire et à un "dialogue" avec les Etats-Unis. Le même jour, Georges W. Bush confirmait son accord pour des négociations en les limitant au seul cadre irakien, excluant ainsi, de facto, toutes possibilités de négociations directes entre Téhéran et Washington sur le programme nucléaire iranien, sur la guerre contre le terrorisme et sur la sécurité du Moyen-Orient.

Depuis 2003, l'extrémisme de Washington n'a cessé de renforcer l'extrémisme de Téhéran qui n'a cessé lui même de renforcer l'extrémisme de Washington et la montée continue des tensions marque tragiquement les renoncements des occasions définitivement perdues par l'administration Bush et son obstination à refuser toute négociation directe avec l'Iran.

Aujourd'hui, cependant, les extrémistes de Téhéran voient de nouveau l'ex-Président Mohammad Khatami comme une menace et la possibilité que les réformistes reviennent au pouvoir semble attiser de plus en plus la peur de l'entourage du Président Mahmoud Ahmadinejad à quelque mois des prochaines élections au Parlement prévues pour Mars 2008 (les prochaines élections présidentielles sont, elles, prévues en 2009). Ali Akbar Rafsandjani, le "conservateur modéré" qui pourrait soutenir les réformistes, a récemment consolidé ses pouvoirs en gagnant les élections à la tête de l'Assemblée des Experts. La démission surprise d'Ali Larijani de ses fonctions de négociateur du dossier nucléaire, immédiatement réintégré comme conseil du "guide suprême", l’Ayatollah Ali Khamenei, témoigne enfin de la persistance d'âpres luttes de pouvoir entre le "guide suprême" et le Président Mahmoud Ahmadinejad et pourrait signifier l'affaiblissement définitif de ce dernier. Il faut d'ailleurs noter la relation évidente entre la visite de Vladimir Poutine, qui semble inviter fermement le pouvoir iranien au compromis tout en essayant de maintenir les "durs" de Washington et de Paris à distance, avec la démission d'Ali Larijani.

A Washington, la récente victoire des Démocrates au Congrès aurait pu ouvrir la brèche du changement stratégique majeur prôné par le rapport Baker (Irak Study Group) qui préconisait notamment un début de retrait majeur des troupes américaines d’Irak dès 2007 et l’ouverture de négociations avec l’Iran et la Syrie (voir Etats-Unis : la période de tous les dangers ?). Après le refus de Georges W. Bush d'appliquer le rapport Baker, la victoire attendue des Démocrates à l'élection Présidentielle de 2008 pourrait changer radicalement, s'il en est encore temps, la stratégie américaine au Moyen-Orient. Beaucoup de responsables politiques, aux Etats-Unis, pensent aujourd'hui qu'un tel revirement stratégique pourrait totalement changer les rapports de force à Téhéran, au profit des conservateurs pragmatiques et des réformistes.

Mohammed El Baradei, lui même, directeur général de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (IAEA) et qui est à ce titre celui qui connaît sans doute le mieux les jeux et enjeux du dossier nucléaire iranien, affirme et ré-affirme qu'il n'existe actuellement aucune preuve d'un quelconque programme nucléaire militaire iranien. Il martèle aussi que la montée des tensions et les menaces américaines ne font que jeter "de l'huile sur le feu" alors qu'il reste, selon lui, du temps et de l'espoir pour la négociation.

La France a donc sans doute choisi le pire moment pour sembler rejoindre et renforcer, sans gloire et sans aucune pression nouvelle sur Téhéran (où sont nos porte-avions ?), le clan des extrémistes de Washington au lieu d'affirmer encore son indépendance, de tenter de convaincre l'ami américain de changer ses obstinations qui ne font que renforcer les extrêmes à Téhéran, et de pousser à de nouvelles opportunités de dialogue direct. Plus qu'une erreur, c'est une véritable faute.

Jean-Philippe Miginiac

 

 

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jeudi 9 novembre 2006

Analyse 09/11/06 - Etats-Unis : la période de tous les dangers ?

Analyse 09/11/06 - Etats-Unis : la période de tous les dangers ?

La débâcle de George W. Bush aux élections de Mid-Term devrait, en toute bonne logique démocratique, le convaincre de changer le cap de sa stratégie et de sa politique étrangère. Le peuple américain a en effet mis la guerre en Irak au cœur des justifications de son vote pour signifier à son Président qu’il entendait que soit notamment donnée une nouvelle direction à la stratégie qui lie guerre d’Irak, guerre contre la terreur et invocations de l’ " axe du mal ".

La détermination de la majorité du peuple américain semble ainsi entièrement inscrite dans la formule employée à dessein par Christopher Preble, directeur des études diplomatiques au Cato Institute, qui reprend en l’inversant la détermination préalablement affichée par le Président : " Il n’est plus possible de garder le cap pour Bush, ni stratégiquement, ni politiquement ".

Le nouveau Congrès dispose de moyens importants pour contraindre la Maison Blanche. Les démocrates tiennent ainsi dorénavant les cordons de la bourse et peuvent lancer toute commission d’enquête parlementaire " dure " sur des sujets qui fâchent, tels les mensonges sur les armes de destruction massive, les dépenses du Pentagone, les marchés de reconstruction et la corruption en Irak, ou encore l’affaire Palme. Pour affaiblir l’administration Bush et contraindre le Président, ils pourraient même aller jusqu’à lancer une procédure d’impeachment.

George W. Bush l’a bien compris qui, reconnaissant sa défaite, a immédiatement démissionné Donald Rumsfed, Secrétaire à la Défense qui symbolise plus que tout autre la descente aux enfers des Etats-Unis en Irak, et a annoncé qu’il souhaitait travailler avec le nouveau Congrès à majorité démocrate. Robert Gates, le nouveau patron du Pentagone désigné par le Président, a, et ce n’est sans doute pas une coïncidence, participé aux débats bipartisans sur l'Irak en tant que membre du Groupe d'étude sur l'Irak (Irak Study Group) présidé par l'ancien secrétaire d'Etat républicain James Baker et par le démocrate Lee Hamilton.

L’idée est souvent affichée qu’un compromis pourrait en effet intervenir autour des conclusions attendues pour Janvier de ce Groupe d’étude bipartisan installé par le Congrès avec l’accord de la Maison Blanche, et dont il se dit avec insistance qu’il pourrait préconiser un certain retrait d’Irak, une conférence régionale incluant Syrie et Iran, et un découpage de-facto de l’Irak selon ses composantes sectaires. Joseph Biden, qui va certainement occuper le poste très influent de Président du Foreign Affairs Committee du Sénat estime que le groupe Baker permettra de faire évoluer la stratégie américaine et que George W. Bush acceptera d’autant plus ses propositions qu’elles ne viendront pas des seuls démocrates. Nancy Pelosi, qui va devenir la présidente speaker de la Chambre des représentants et le troisième personnage des Etats-Unis, a déjà fait savoir que les démocrates ne sabreraient pas dans les crédits de guerre pour faire pression sur l'exécutif et Zbigniew Brzezinski, ex-conseiller à la sécurité de Jimmy Carter, s'est quant à lui félicité de la nomination de Robert Gates au Pentagone.

La nomination de Robert Gates pourrait traduire, d’ailleurs, une reprise en main, voire un dictat, de l’entourage du père de George W. Bush, l’ex-Président George H.W. Bush. Robert Gates a été le bras droit, au Conseil National de Sécurité, de Brent Scowcroft, adversaire de l’invasion de l’Irak, et a fait partie d’une task force du Council on Foreign Relations qui a recommandé l’ouverture de pourparlers directs avec l’Iran. Brent Scowcroft travaillait pour le père de George W. Bush quand il était Président tout comme James Baker qui en était le Secrétaire d’Etat.

Flexibilité ? Le vrai signe en aurait été les départs conjoints du Vice-Président Dick Cheney et de Donald Rumsfeld. Croire en effet que, les démocrates tenant le Congrès et Bush père tenant son fils, la stratégie et la politique moyen-orientale de Georges W. Bush vont radicalement " changer de direction " est encore totalement hypothétique. Georges W. Bush l’a d’ailleurs immédiatement réaffirmé, il n’est pas question pour lui que les Etats-Unis se retirent d’Irak avant la " victoire " et Dick Cheney, immédiatement re-confirmé à son poste par le Président, avait déjà lancé, quelques jours avant les élection, un tonitruant " En avant à pleine vitesse… Nous avons la bonne stratégie… " ajoutant : " On ne peut pas construire une politique de sécurité nationale sur la base [des élections]… Ce n’est peut-être pas populaire [mais] cela n’a pas d’importance dans la conscience que nous avons de continuer notre mission et de faire ce que nous pensons être juste ".

La Secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, s’est elle même exprimée sur l’Irak au lendemain des élections : " Les électeurs américains ont clairement voté pour un changement, comme le Président l’a dit… Ils n’ont pas voté pour quelque chose de moins qu’un succès en Irak… L’engagement américain aux objectifs qui nous ont fait prendre l’Irak reste absolument ferme et c’est ce qui est important… Les Etats-Unis se retireront certainement quand les objectifs qui nous ont fait prendre l’Irak [seront atteints], parce que c’est trop important pour notre propre sécurité. L’Irak doit être un succès pour que l’Amérique soit sécurisée. Et nous maintiendrons cette direction ".

Les démocrates en tant que tels n’ont par ailleurs encore proposé aucune stratégie nouvelle et aucune sortie de crise en Irak. Ils sont en effet eux-mêmes profondément divisés entre ceux, anti-guerre, qui envisagent un retrait rapide des troupes américaines piégées en Irak et ceux, plus ou moins néo-conservateurs bien que démocrates, qui soutenaient sans défaillir la stratégie présidentielle. Le poids de ces derniers est tout sauf négligeable, à l’image des 30 représentants de la " coalition des chiens bleus ", fondée en 1994, qui se positionnent très à droite sur l’échiquier du parti démocrate.

Côté républicains, l’imbroglio est devenu total avec la révélation surprise, sur le site du journal Vanity Fair, des opinions actuelles de certains parmi les plus éminents des néo-conservateurs : Richard Perle, Kenneth Aldeman, David Frum, Frank Gaffney, Michael Leeden, etc… qui étaient, hier, les plus enragés et les plus engagés en faveur des stratégies de guerres préemptives et surtout en faveur de l’invasion de l’Irak. Les mêmes cèdent aujourd’hui, semble t-il, à la panique devant de possibles convocations devant les commissions du Congrès en affirmant juste avant les élections qu’ils n’auraient pas soutenu la guerre si ils avaient su où " une des équipes les plus incompétentes d’un après-guerre " mènerait les Etats-Unis. Le Président lui-même est directement visé par David Frum qui a pourtant rédigé certains de ses discours : " Si le président dit les mots, il ne saisit tout simplement pas les idées ".

Côté républicains, encore, l’échec des tentatives de compromis était déjà patent avant les élections avec l’incapacité des plus pragmatiques à faire changer la politique de George W. Bush. Ainsi le très puissant Président du Senate Armed Service Committee, John Warner, avait-il déclaré clairement que la politique irakienne actuelle ne fonctionnait pas et qu’il fallait en changer, sans réussir pourtant à ébranler la détermination d’un George W. Bush certain de la " victoire ". Obstination ? Bob Woodward n’écrit-il pas, dans son dernier livre " State of Denial ", que le Président aurait déclaré que, même s’il n’était plus soutenu que par sa femme, Laura, et par son chien, Barney, il ne changerait pas de direction sur l’Irak !

Le nouveau Congrès dominé par les démocrates n’entrera en fonction qu’au mois de Janvier 2007 et, d’ici là, Georges W. Bush gardera, avec ses amis républicains, une confortable maîtrise de tout acte législatif et du travail des commissions qui divergeraient par trop de sa propre volonté. Quand le nouveau Congrès entrera en fonction, il disposera encore du droit de veto présidentiel et de " l’executive order " qui lui permet de passer outre le Congrès. Il restera aussi, comme Président, l’arbitre-en-chef de la politique étrangère et de la politique de sécurité nationale et le commandant-en-chef des forces armées.

Une politique d’opposition systématique du nouveau Congrès, utilisant tous ses pouvoirs d’investigations, de citation, d’interrogation et de contrôle direct de l’administration Bush, pourrait d’ailleurs se révéler, comme toute tentative d’impeachment, plus contre-productive que vraiment utile aux intérêts de la nouvelle majorité du Congrès dans une période où démocrates comme républicains vont se focaliser sur la prochaine échéance présidentielle en évitant soigneusement tout risque de discrédit auprès des électeurs.

C’est d’ailleurs ce que laissait entendre au lendemain des élection Robert Kagan, du Carnegie Endowment, qui relevait que pour ce qui concerne la politique étrangère, " le scénario préféré des européens – un Bush entravé – est moins probable que son alternative – un Bush libéré.  Le Président Bush n’a pas le souci d’être élu en 2008 et va apparaître comme ne pensant plus qu’à sa place dans l’histoire. Cela peut l’amener à agir dans la voie que souhaitent les européens, une diplomatie multilatérale vigoureuse sur l’Iran et la Corée du Nord. Mais il peut aussi aller dans une direction qu’ils trouveront inquiétante si cette diplomatie échoue ".

Flexibilité ? Obstination ? L’ancien Chancelier allemand Gerhard Schröder, dans les bonnes pages déjà diffusées de son autobiographie, rappelait il y a peu combien il avait été frappé, lors de ses entretiens avec George W. Bush, de ce que le Président américain affirmait se situer en permanence en symbiose avec une instance divine et semblait ne prendre ses décisions politiques qu’après discussion avec Dieu. Le problème pourrait donc être juste de savoir quelles sont aujourd’hui, entre flexibilité et obstination, les intentions divines !

George W. Bush l’a déjà dit, il ne laissera pas l’Iran au prochain Président des Etats-Unis et solutionnera le problème iranien avant de quitter la présidence. La période à venir pourrait donc s’avérer être celle de tous les dangers avec un Président des Etats-Unis peut-être de plus en plus isolé de la scène politique américaine, toujours persuadé que sa propre intelligence, en symbiose avec celle de Dieu, dépasse celle de tous les experts réunis et n’ayant plus d’autres objectifs que celui de prouver, y compris à son père, qu’il est bien infaillible !

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dimanche 1 octobre 2006

Repères 01/10/06 - Condoleeza Rice était-elle alertée, deux mois avant le 9/11 ?

Repères 01/10/06 - Condoleeza Rice était-elle alertée, deux mois avant le 9/11 ?

11/9: Rice dément vigoureusement avoir ignoré une mise en garde de la CIA
AFP 02/10/06

"La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a vigoureusement démenti lundi avoir été prévenue de risques terroristes imminents pour les Etats-Unis deux mois avant les attentats du 11 septembre, comme l'affirme le journaliste vedette Bob Woodward dans son nouveau livre.

Interrogée à ce sujet dans l'avion la conduisant au Proche-Orient, avant une escale à Shannon, en Irlande, Mme Rice, qui était alors conseillère à la sécurité nationale à la Maison Blanche, a déclaré ne pas se souvenir d'une rencontre le 10 juillet 2001 avec l'ancien patron de la CIA, George Tenet.

"Mais ce dont je suis certaine, c'est que je me souviendrais si on m'avait dit, comme ce récit le dit apparemment, qu'il allait y avoir un attentat aux Etats-Unis", a-t-elle déclaré à un groupe de journalistes avant l'arrivée à Shannon (Irlande) lundi matin..."

Two Months Before 9/11, an Urgent Warning to Rice
WaPo 01/10/06

"On July 10, 2001, two months before the attacks on the World Trade Center and the Pentagon, then-CIA Director George J. Tenet met with his counterterrorism chief, J. Cofer Black, at CIA headquarters to review the latest on Osama bin Laden and his al-Qaeda terrorist organization. Black laid out the case, consisting of communications intercepts and other top-secret intelligence showing the increasing likelihood that al-Qaeda would soon attack the United States. It was a mass of fragments and dots that nonetheless made a compelling case, so compelling to Tenet that he decided he and Black should go to the White House immediately.

Tenet called Condoleezza Rice, then national security adviser, from the car and said he needed to see her right away. There was no practical way she could refuse such a request from the CIA director.

For months, Tenet had been pressing Rice to set a clear counterterrorism policy, including specific presidential orders called "findings" that would give the CIA stronger authority to conduct covert action against bin Laden. Perhaps a dramatic appearance -- Black called it an "out of cycle" session, beyond Tenet's regular weekly meeting with Rice -- would get her attention..."

"...Tenet and Black felt they were not getting through to Rice. She was polite, but they felt the brush-off. President Bush had said he didn't want to swat at flies.

As they all knew, a coherent plan for covert action against bin Laden was in the pipeline, but it would take some time. In recent closed-door meetings the entire National Security Council apparatus had been considering action against bin Laden, including using a new secret weapon: the Predator unmanned aerial vehicle, or drone, that could fire Hellfire missiles to kill him or his lieutenants. It looked like a possible solution, but there was a raging debate between the CIA and the Pentagon about who would pay for it and who would have authority to shoot.

Besides, Rice seemed focused on other administration priorities, especially the ballistic missile defense system that Bush had campaigned on. She was in a different place.

Tenet left the meeting feeling frustrated. Though Rice had given them a fair hearing, no immediate action meant great risk. Black felt the decision to just keep planning was a sustained policy failure. Rice and the Bush team had been in hibernation too long. "Adults should not have a system like this," he said later..."

"...Afterward, Tenet looked back on the meeting with Rice as a tremendous lost opportunity to prevent or disrupt the Sept. 11 attacks. Rice could have gotten through to Bush on the threat, but she just didn't get it in time, Tenet thought. He felt that he had done his job and had been very direct about the threat, but that Rice had not moved quickly. He felt she was not organized and did not push people, as he tried to do at the CIA.

Black later said, "The only thing we didn't do was pull the trigger to the gun we were holding to her head." "

 

vendredi 30 juin 2006

Analyse 30/06/06 - Bush, Condi… et les autres…

Analyse 30/06/06 - Bush, Condi… et les autres…

La logique stratégique de l’administration Bush est d’une limpidité totale et est acceptée aussi bien par les néo-conservateurs, les conservateurs modérés, les réalistes et les libéraux : Les Etats-Unis sont, veulent et doivent rester la première puissance mondiale, au besoin par la force militaire. Une des deux puissances rivales, la Chine, a une dépendance vitale vis à vis de ses approvisionnements énergétiques actuels et futurs en provenance du golfe persique et d’Asie centrale. L’autre puissance rivale, la Russie est profondément engagée en Iran, en Asie centrale et dans le Caucase. Les Etats-Unis auraient donc un avantage stratégique majeur s’ils s’assurent une position dominante dans le golfe persique et en Asie centrale. Cette idée est la pierre angulaire de la politique américaine des dernières décennies, quelque soit l’administration, républicaine ou démocrate, au pouvoir à Washington.

L’administration Bush a cependant innové dans la méthode en occupant militairement deux pays de la région au nom de la guerre contre le terrorisme, en menaçant directement un troisième au prétexte d’une menace nucléaire imminente, et en annonçant fort son objectif d’imposer changements de régime, démocratie et marché libre style USA dans la région. Depuis le début de l’année 2006, la pression de Washington sur le problème nucléaire iranien s’est ainsi sensiblement accrue, aboutissant, le 8 Mars, au renvoi du dossier de l’International Atomic Energy Agency devant le Conseil de Sécurité. Les débats internes de l’Administration Bush s’étaient auparavant cristallisés au cours de nombre de réunions et de consultations d’experts qui, semble t-il, avaient abouti à la victoire des " durs " et à la mise en place d’une campagne soutenue contre Téhéran. Condolezza Rice n’affirmait-elle pas elle même, le 27 Février dernier devant la Commission Budgétaire du Sénat, que l’Iran était " la banque centrale du terrorisme dans le monde ", propos réitérés à maintes reprises depuis, ajoutant le 10 Mars, devant le même Sénat, qu’il n’y avait pas pour les Etats-Unis de plus grand défi " que celui de l’Iran dont les agissements mènent à développer un Moyen Orient qui serait à 180 degrés différent du Moyen Orient que nous voulons voir se développer… Nous n’avons pas de problème avec le peuple iranien. Nous voulons que le peuple iranien soit libre. Notre problème est avec le régime iranien ".

Selon les confidences faites au Washington Post par des experts de la Hoover Institution, les propos du Président George W. Bush, du Vice-Président Dick Cheney et de Stephen J. Hadley, Conseiller à la Sécurité Nationale à la Maison Blanche, étaient alors encore plus explicites au cours de réunions tenues en leur présence, réunions desquelles émergeait le sentiment que l’Administration Bush évoluait vers une politique encore plus dure contre le régime iranien. La position des extrémistes de Washington s’était d’ailleurs exprimée avec force avec le discours de Dick Cheney, interrompu 48 fois par les applaudissements, qui déclarait le 7 Mars dernier devant le très néo-conservateur " American Israel Public Affairs Committee " (AIPAC) que " la communauté internationale est prête à infliger [à l’Iran] des conséquences significatives ", ce qui en langage diplomatique équivaut à une menace militaire, ces déclarations intervenant après celles, le 5 Mars devant le même cénacle, de l’Ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations Unies, John Bolton, menaçant l’Iran de " tangibles et douloureuses conséquences ".

Le 8 Mars, Joseph Cirincione, alors directeur du projet non-prolifération au Carnegie Endowment for International Peace, avouait son trouble, notant que l’intervention de Dick Cheney pourrait laisser penser aux autres pays que le véritable agenda des Etats-Unis avait pour objectif un changement de régime à Téhéran et qu’ils utilisaient le problème nucléaire pour arriver à leurs fins, risquant de mettre à mal la position commune acquise entre Etats-Unis et Europe. Joseph Cirincione affirmait enfin qu’il croyait savoir que le bureau du Vice-Président américain considérait très sérieusement une option militaire contre Téhéran, ce qui pour lui conduirait les Etats-Unis au désastre.

Le 16 Mars, présentant la nouvelle doctrine, ajustée, de la National Security Strategy (NSS), Stephen Hadley affirmait " que la doctrine de pré-emption reste saine et qu’elle doit rester part intégrale de notre stratégie de sécurité nationale ". Le nouveau texte insistait cependant beaucoup plus que le précédent sur la diplomatie et l’action internationale concertée mais soulignait particulièrement le désir de George W. Bush de faire de l’extension de la démocratie la base fondamentale de la politique étrangère des Etats-Unis malgré les critiques de plus en plus affirmée de plusieurs représentants du Parti républicain. Concernant particulièrement l’Iran, le texte stigmatisait directement le régime iranien : " Les Etats-Unis ont d’importantes inquiétudes concernant l’Iran. Le régime iranien sponsorise le terrorisme, menace Israël, cherche à contrecarrer la paix au Moyen Orient, désorganise la démocratie en Irak, et refuse les aspirations de son peuple pour la liberté ". Une lecture attentive du texte, non relevée par les médias, permettait cependant d’en extraire la phrase suivante :  " Le problème nucléaire et nos autres inquiétudes peuvent finalement être résolus seulement si le régime iranien prend les décisions stratégiques de changer ces politiques, ouvre son système politique, et donne la liberté à son peuple. Ceci est le but suprême de la politique des Etats-Unis ".

" Changement de régime " ou " changement de la politique du régime " ? La politique américaine basculait brutalement, le 31 Mai, d’un objectif de changement de régime, poursuivi dans un cadre unilatéral, à un objectif de changement de la politique du régime  iranien, poursuivi dans un cadre multilatéral, avec l’annonce par Condolezza Rice de la décision des Etats-Unis de joindre la table des négociations de la troïka européenne sous condition que l’Iran " suspende " ses activités d’enrichissement de l’uranium. Ce revirement inattendu apparaît pour beaucoup d’analystes, notamment en Europe et en Russie, comme une posture temporaire destinée à affaiblir la pression des appels à la négociation directe lancés tant par Téhéran que par la troïka européenne. Il pourrait pourtant bien s’agir, au contraire, d’un revirement stratégique majeur qui verrait Georges W. Bush décidant in fine de soutenir la position du Département d’Etat et l’application d’une nouvelle stratégie multilatérale de dissuasion, d’isolation et de " containment " de l’Iran.

La réaction des " durs " à Washington semble cependant confirmer la persistance d’un intense bras de fer idéologique au sein même et dans l’environnement proche de la Maison Blanche et la possibilité d’un nouveau revirement en fonction des rapports de force de l’instant (Georges W. Bush est-il capable de penser et de décider par lui-même ?). Dès le lendemain de l’annonce faîte par Condolezza Rice, en effet, un éditorial du Wall Street Journal exprimait clairement la crainte des " durs " à voir les Etats-Unis contraints à des concessions et montrait qu’ils n’entendaient pas abandonner la partie dans les mains du Département d’Etat : " Déjà hier l’Iran s’appropriait les négociations directes en demandant que toute négociation soit ‘sans pré condition’. Ceci était entièrement prévisible, et vous pouvez faire le pari que cette nouvelle demande iranienne trouve des échos à Paris, à Moscou et dans certains quartiers de Washington ". Le même jour, dans un article du National Review, les néo-conservateurs de l’American Enterprise Institute stigmatisaient l’" erreur " du Gouvernement : " Les dommages causés par l’offre de Rice au peuple d’Iran peuvent être irréversibles. Elle dit que ‘le Président Bush’ veut une relation nouvelle et positive entre le peuple américain et le peuple iranien’. Mais s’il en est ainsi pourquoi reconnaître et légitimer le régime non élu qui les oppresse ? ".

Depuis, le dépit, la rage et la contre-attaque des néo-conservateurs ne cessent de s’exprimer avec de plus en plus de force, Michael Ledeen (également de l’American Enterprise Institute) s’en prenant par exemple violemment à Condoleeza Rice dans National Review du 7 Juin, sous le titre " Bill Clinton est-il encore Président ? " : " De temps à autres certains clowns ont suggéré que nous envoyons Bill Clinton pour négocier avec les Mollahs en notre nom… Je suppose que c’est juste une question de temps avant que Condi n’emprunte un des chapeaux d’Albright (ndlr Madeleine Albright, Secrétaire d’Etat de Bill Clinton) et n’aille à Téhéran pour danser avec leur dictateur… En ce moment la plupart de nos dirigeants essayent désespérément de se convaincre eux-mêmes qu’il existe une sortie, que nous pouvons faire un grand marchandage, que nous n’avons pas à affronter les Mollahs. C’est l’illogique de l’apaisement si bien décrite par Churchill après Munich. Chamberlain, disait-il, avait à choisir entre la guerre et le déshonneur. Chamberlain choisit le déshonneur et il eut la guerre. C’est le risque que prennent nos dirigeants aujourd’hui ".

Et pendant que Washington bruisse des rumeurs d’une liaison extraconjugale de Georges W. Bush avec Condi, c’est Richard Perle lui-même, " Prince des ténèbres " et des néocons, ancien ultra-belliciste du Defence Policy Board (aujourd’hui à l’American Enterprise Institute) qui signe le 25 Juin un retour fracassant sur la scène politique américaine dans un article publié par le Washington Post sous le titre " Pourquoi Bush clignote t-il sur l’Iran ? (Demandez à Condi) ". Dans cet article, Richard Perle s’en prend directement à Georges W. Bush  : " Comment se fait-il que Bush, qui a fait le serment que sous sa surveillance ‘les pires armes ne tomberont pas dans les pires mains’, ait choisi une si ignominieuse retraite ? ", suggérant que Georges W. Bush est aujourd’hui quasiment une marionnette dans les mains de Condoleeza Rice. Richard Perle lance aussi un appel au Président (et derrière lui à Dick Cheney) pour que la Maison Blanche retrouve le chemin de la guerre contre l’Iran : " Je sais qu’il n’est pas trop tard pour nous, qu’il n’est pas trop tard pour donner substance aux mots de Bush, qu’il n’est pas trop tard pour racheter notre honneur ".


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