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Tag - Affaire Clearstream

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mardi 3 juin 2008

Politiques 03/06/08 - République bananière

Politiques 03/06/08 - République bananière

Triste spectacle que l'affaire Clearstream pour notre prétendue "République" française. Dans aucune autre démocratie une telle farce n'aurait eu la moindre chance de perdurer plus de quelques heures : Trois ans et demi d'instruction menée uniquement à charge au service exclusif d'une partie civile, Nicolas Sarkozy, par ailleurs Président de la République, des moyens totalement hors normes pour un dossier de dénonciation calomnieuse, des centaines d'heures d'auditions (à lui seul, Dominique de Villepin a été entendu pendant 54 heures en huit auditions, dont l'une a duré 17 heures), des perquisitions dans les hautes sphères du pouvoir, des moyens d'expertise jamais vus pour tenter de déverrouiller un DVD crypté contenant en fait les œuvres littéraires du ministre, les juges d'Huy et Pons n'auront reculé devant rien pour tenter de prouver que Dominique de Villepin avait bien tenté de déstabiliser Nicolas Sarkozy sans réussir à aucun moment à prouver qu'il ait eu conscience du caractère falsifié des listings en cause, condition indispensable à sa culpabilité pénale.

Le 6 mai, d'après les journalistes de Marianne, le procureur adjoint Foulon, chef du parquet financier et un de ses substituts, remettaient au procureur leur projet de réquisitoire. Dans celui-ci, ils concluaient qu'aucune preuve de complicité de faux et complicité de dénonciation calomnieuse n'avait été apportée contre Dominique de Villepin. Techniquement les magistrats du parquet financier expliquaient que lorsqu'il était ministre des Affaires étrangères puis ministre de l'Intérieur, pas un élément du dossier n'attestait qu'il connaissait la fausseté des listings de Clearstream, argument fondamental pour qualifier le délit.

Aujourd'hui, selon l'AFP, le parquet de Paris estime que "Les charges n'apparaissent pas suffisantes" en l'état pour justifier le renvoi de Dominique de  Villepin devant le tribunal correctionnel, validant ainsi l'analyse du parquet financier qui conduit tout droit à un non-lieu.

"C'est un constat du parquet qui milite pour un non-lieu. En l'état du dossier, il n'y a rien", a ainsi expliqué à l'AFP un de ses conseils, Me Olivier d'Antin.

Pourtant, dans des réquisitions aux fins de complément d'information, signées ce mardi, le parquet de Paris courbe la tête, réclame des investigations supplémentaires et en particulier une nouvelle audition de Dominique de Villepin, et demande aux juges d'Huy et Pons de poursuivre leur enquête pour cerner le rôle exact de Dominique de Villepin dans la transmission de listings falsifiés à la justice, au printemps 2004 !

En d'autres termes, le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, estime que juridiquement Dominique de Villepin n'est pas coupable de complicité de faux ou de complicité de dénonciation calomnieuse mais, sous influence,  demande néanmoins aux juges de continuer leurs efforts pour prouver à tout prix sa culpabilité !

Vous avez dit "République" française ?

 

vendredi 18 avril 2008

Repères 18/04/08 - " A défaut du voleur… il faut bien, n'est-ce pas, arrêter quelqu'un ?… "

Repères 18/04/08 - " A défaut du voleur… il faut bien, n'est-ce pas, arrêter quelqu'un ?… "

Exclusif: Clearstream, la lettre de Villepin à ses juges !
Marianne Jeudi 17 Avril 2008 

"...En réalité, l'affaire a été instruite comme si les faits ne pouvaient être compris qu'à travers la rivalité de deux hommes politiques, l'un devenu l'emblématique victime, et l'autre, pour les besoins de ce scénario, le coupable idéal.

En effet, qu'est-ce qui justifie quarante et un tomes de procédure, plus de quatre mille deux cents cotes, dans une affaire de dénonciation calomnieuse ?
Qu'est-ce qui imposait des auditions marathon, peu compatibles, en ce qui me concerne, avec la maigreur des faits ?
Qu'est-ce qui légitimait cette mobilisation policière sans précédent dans ce type d'affaire ?
Qu'est-ce qui appelait la mise en branle inutile d'experts pour décrypter un CD ROM contenant mes archives personnelles ?

Rien, absolument rien, sinon cette évidence : la qualité d'une des parties civiles, seule considérée, et, par voie de conséquence, la nécessité de construire un coupable à sa hauteur.

Qu'on ne prétende pas le contraire. Qui pourrait sérieusement soutenir que la Justice aurait accordé à cette affaire une telle attention aussi disproportionnée, ciblée et pour tout dire sans précédent si, sur les listings, n'avaient figuré que des personnalités peu connues ?

Qu'on ne s'y trompe pas : quarante et un tomes de procédure n'ont pas pu combler le vide d'une construction qui ne repose sur aucun élément matériel sérieux et qui ne résiste pas à ses contradictions internes..."