Novembre 2001, quelques heures avant la chute de la garnison d’Herat en
Afghanistan, la rumeur se répand : un convoi de quelques 50 véhicules
tout-terrain transportant environ 250 membres d’Al Qaeda a été vu prenant la
route de contrebandiers qui s’échappe vers l’Iran dans les collines 20 miles au
nord de la ville. Un " ancien " de l’importante communauté chiite
locale le sait bien, la ligne dure des Gardes de la Révolution, qui contrôle la
frontière iranienne, a un agenda différent de celui du Président réformateur
Mohammad Khatami qui a condamné les attentats du 11 Septembre et apporté aux
Etats-Unis le soutien de l’Iran dans la guerre contre le terrorisme commencée
en Afghanistan.
L’ " ancien " le sait d’ailleurs d’autant plus qu’il est lui-même
un conseiller très bien informé du chef de guerre Ismail Khan et qu’il a appris
que peu avant que ne débute la campagne des bombardements US, en Octobre, un
officiel de haut rang dans l’entourage du leader suprême iranien, l’Ayatollah
Ali Khameini, avait été envoyé en secret à Kaboul pour proposer un sanctuaire
secret aux fugitifs d’Al Qaeda.
Bases secrètes d’Al Qaeda en Iran
Deux mois plus tard, le 10 Janvier 2002, Georges W. Bush déclarait "
espérer " que le Gouvernement iranien ne permettrait pas à des
meurtriers d’Al Qaeda de se cacher en Iran et que " si c’était le cas
" il les remettrait dans les mains des autorités américaines. A la surprise
générale, le 29 Janvier 2002, dans son discours sur l’Etat de l’Union, il
incluait brusquement l’Iran dans l’ " Axe du mal " sans référence
cependant à un éventuel accueil de membres d’Al Qaeda en Iran. Mais quelques
jours après le discours de Georges W. Bush, le Secrétaire à la Défense Donald
H. Rumsfeld accusait nommément l’Iran d’avoir permis à des éléments d’Al Qaeda
de s’être échappés d’Afghanistan : " Nous avons un certain nombre de
rapports selon lesquels l’Iran a été permissif et a autorisé le transit à
travers son territoire d’éléments d’Al Qaeda, "
Trois mois ont passé. Le 19 Février 2002, l’agence de presse Anadolu Agency
révélait qu’un palestinien et deux jordaniens avaient été capturés le 15
Février à Van, à la frontière iranienne, alors qu’ils tentaient de pénétrer en
Turquie. Les trois hommes étaient en possession de faux passeports, fausses
cartes d’identité et de documents expliquant la fabrication de bombes. Les
trois hommes, Firas Fuleiman, Mustafa Hasan et Ahmet Mahmud, étaient, selon le
porte parole des services de sécurité en Turquie, des membres de l’organisation
" Beyyiat El Imam ", dirigée par un certain " Abu Mus'ab ",
un religieux ayant des liens avec Al Qaeda. Selon les informations données à la
presse, les trois hommes, après avoir été entraînés en Afghanistan, étaient
entrés en Iran en 2001 et y avaient été entraînés, sous les ordres d’" Abu
Mus'ab ", à préparer une attaque à la bombe à Tel Aviv ou Ramat Gan en
Israël. Les services secrets américains et israéliens avaient été informés des
interrogatoires des trois hommes mais ne demandaient pas leur extradition.
Le 13 Mars 2002, l’envoyé spécial en Afghanistan du Président George. W.
Bush, Zalmay Khalilzad, déclarait que " des éléments du régime iranien
" facilitaient la fuite de membres d’Al Qaeda, refusant de les arrêter pour les
livrer à la coalition ou à l’administration intérimaire afghane.
Le 24 Mars 2002, le New York Times reprenait l’information de l’agence de
presse Anadolu Agency, affirmant que les services secrets américains et
israélien avaient identifié " Abu Mus'ab " comme étant " Abu
Musaab Zarqawi, un des leaders d’Al Qaeda qui a fuit la ville d’Herat, dans
l’ouest de l’Afghanistan, après le début de la campagne militaire américaine,
et a gagné Téhéran sous la protection des forces de sécurité iraniennes ".
Les officiels américains, selon le New York Times, estimaient que Abu Musaab
Zarqawi était le leader d’Al Qaeda de plus haut rang actuellement en Iran et
que sa présence à Téhéran soulevait des questions sur ses actions et sur les
activités des autres terroristes d’Al Qaeda entrés récemment en Iran. Parmi les
interrogations, le fait qu’Al Qaeda, une organisation sunnite, puisse être
soutenue par un Iran chiite ne manquait pas d’intriguer mais la CIA estimait
que les vieilles divisions religieuses n’excluaient pas une coopération sur le
terrorisme contre les Etats-Unis et contre Israël et qu’à l’évidence la ligne
dure religieuse iranienne avait repris le dessus sur la ligne réformatrice.
Le 26 Mars 2002, Hadi Nejad-Husseinian, représentant permanent de l’Iran,
indiquait au Conseil de Sécurité de l’ONU qu’il avait donné au Secrétaire
Général de l’ONU, Kofi Annan, les identités des étrangers arrêtés après être
entré illégalement en Iran à partir de sa frontière Est. L’officiel iranien
expliqua que Téhéran avait renvoyé un certain nombre de ces personnes dans leur
pays d’origine et que le reste était en détention dans l’attente de procédures
en cours.
En Avril 2002, un militant islamiste turc, Ali Uzum, était arrêté à Bursa,
dans le nord-ouest de la Turquie, avec trois autres hommes. Tous étaient
suspectés d’appartenir à la branche turque du groupe islamiste " Beyyiat El
Imam " dirigé par Abu Musaab Zarqawi. Cette arrestation était révélée le
22 Juin 2002 par l’agence de presse Anadolu Agency qui indiquait qu’après
l’interrogatoire d’Ali Uzum, la police turque recherchait 50 autres personnes
suspectées d’appartenir au même groupe, " basé en Iran ".
En ce même mois d’Avril 2002, la police allemande arrêtait neuf militants
islamistes, jordaniens, égyptiens, irakiens et palestiniens. Selon le Procureur
fédéral, Kay Nehm, le groupe constituait une branche locale du mouvement
islamiste jordanien " Al Tawhid " et était sur le point de commettre
des attentats en Allemagne. Six d’entre eux étaient identifiés dans la presse
comme étant Mohammed Abu Dhess, Shadi Abdullah, Ashraf al-Dagma, Ismail
Shalabi, Djamel Mustafa et Yasser H.
Fin Novembre 2003, Shadi Abdullah était condamné à quatre ans de prison pour
son rôle dans le complot terroriste, une peine minorée pour coopération active
avec le Procureur et les enquêteurs. Les quatre autres hommes seront condamnés
en Octobre 2005 à des peines comprises entre cinq et huit ans de prison.
Interrogatoires des suspects et confessions de Shadi Abdullah permirent aux
enquêteurs de reconstituer l’histoire du groupe dont les membres, dirigés par
Mohammed Abu Dhess, avaient été formés en Afghanistan. Le commandement central
de l’organisation Al Tawhid était basé au Royaume Uni et les membres de la
cellule Al Tawhid en Allemagne y étaient en contact régulier avec le
palestinien Shaykh Abu Qatadah qui était leur guide spirituel. Le chef
opérationnel d’Al Tawhid était Abu Mussab al-Zarqawi qui avait dirigé le camp
d’entraînement des membres d’Al Tawhid basé à Herat, en Afghanistan. Des
cellules d’Al Tawhid opéraient en Allemagne à Munich, Hamburg, Berlin,
Nuremberg, et Wiesbaden, en Grande Bretagne, au Danemark et en République
Tchèque. Les cellules transféraient des fonds collectés dans les divers pays à
Abu Mussab al-Zarqawi, basé en Iran. L’organisation des attentats avait été
dessinée au cours d’une réunion organisée en Iran le 12 Septembre 2001, réunion
au cours de laquelle Abu Dhess avait été chargé par Abu Mussab al-Zarqawi
d’attaquer des cibles juives et israéliennes en Allemagne. Shadi Abdullah avait
enfin reçu, en Avril 2002, un appel téléphonique d’Abu Mussab al-Zarqawi qui
lui donnait l’ordre final de préparer une attaque spectaculaire " dans un
grand square où beaucoup de monde était rassemblé ".
Le 14 Juin 2002, Zalmay Khalilzad accusait l’Iran d’interférer dans les
affaires afghanes, déclarant que des unités des Gardes de la Révolution avaient
été envoyées en Afghanistan pour y " causer des troubles " et aider
des membres d’Al Qaeda à s’échapper en Iran.
Le 11 Août 2002, le Ministre des affaires étrangères saoudien, le Prince
Saud al Faisal, révélait que l’Iran avait expulsé vers l’Arabie Saoudite 16
combattants d’Al Qaeda ayant trouvé refuge en Iran. Des sources israéliennes
affirmaient le lendemain que ces combattants avaient été sélectionnés parmi les
sans-grade d’un groupe de plus de 400 membres d’Al Qaeda cachés dans un camp
des Gardes de la Révolution dans la province de Khorasan, près de la frontière
afghane. Dans le groupe se trouverait un noyau de cinq à sept saoudiens,
commandants de haut rang d’Al Qaeda, qui eux n’auraient pas été livrés à
l’Arabie Saoudite. Ces révélations s’ajoutaient à d’autres, divulguées fin Mai
par des services secrets arabes, et selon lesquelles Saif al-Adel, un égyptien
parmi les hauts dirigeants d’Al Qaeda, était abrité en Iran.
Le 13 Août 2002, Donald Rumsfeld revenait à la charge, affirmant " il
n’y a aucun doute, ils ont autorisé Al Qaeda à entrer dans leur pays. Ils ont
autorisé Al Qaeda à être présent dans leur pays aujourd’hui… ".
Le 19 Aout 2002, le magazine Newsweek citait anonymement le chef d’un
service secret arabe selon lequel plus de mille membres d’Al Qaeda s’étaient
échappés d’Afghanistan mi-décembre 2001 dont plusieurs centaines via
l’Iran.
Le 29 Octobre 2002, le Washington Post rapportait qu’un nouveau leadership
d’Al Qaeda avait été identifié par les services spécialisés US et européens,
leadership composé de six hommes. Parmi eux, Ayman al-Zawahiri, le numéro deux
d’Osama Bin Laden, Saad bin Laden, fils d’Osama, Saif al-Adel, en charge des
opérations militaires d’Al Qaeda, et Abu Musab Zarqawi.
Le 2 Novembre 2002, une source gouvernementale iranienne, anonyme, affirmait
qu’un des fils d’Osama Bin Laden, accompagné de deux cent membres d’Al Qaeda,
avait été détenu par les forces de sécurité iraniennes et transféré aux
autorités pakistanaises ou saoudiennes. Le transfert était aussitôt démenti
dans le Washington Post par un officiel américain également anonyme.
Arrêt sur histoires car, en parallèle et dans le même temps, un tout autre
jeu se mettait en place.
Nous irons d’abord à Bagdad
Mi-Juillet 2002, selon un diplomate anonyme basé à Téhéran, Washington a
récemment adressé un message à l’Iran pour jauger les vues iraniennes sur les
efforts américains pour renverser Saddam Hussein. Téhéran dément et réitère son
opposition à une action militaire américaine en Irak.
15 Novembre 2002, un officiel du Département de la Défense américaine
déclare que des contacts préliminaires entre Téhéran et Washington ont eu lieu
dans un petit état du Golfe concernant la gestion des cas d’urgence dans le
golfe persique. Des rumeurs avaient déjà couru en Août 2002 sur l’établissement
à Dubaï, par un représentant du leader suprême iranien, d’un bureau destiné à
faciliter les contacts clandestins entre Washington et Téhéran.
25 Novembre 2002, selon des officiels américains anonymes, Téhéran a accepté
d’apporter une assistance médicale à tout aviateur américain abattu.
Double language ? Le 9 Janvier 2003, le leader suprême iranien, l’Ayatollah
Ali Khameini, s’interroge publiquement de savoir si les Etats-Unis vont
intervenir en Irak dans le cadre de la guerre contre le terrorisme " ou
est-ce pour les nombreux puits de pétrole irakiens, pour dominer la région,
pour défendre Israel ou pour contrôler la République Islamique d’Iran ? ".
Le même jour, le Ministre des affaires étrangères, Kharrazi, affirme que l’Iran
est prête à coopérer avec l’Union Européenne pour éviter une guerre en
Irak.
En ce même mois de Janvier 2003, cependant, Zalmay Khalilzad rencontre
secrètement des représentants du Gouvernement iranien pour " discuter d’une
coopération potentielle " en cas de conflit avec l’Irak, les américains
demandant notamment à l’Iran de bloquer à ses frontières toute échappée
éventuelle de dignitaires irakiens et proposant en contrepartie à l’Iran de
détruire les bases irakiennes de l’organisation Mujahedin-e Khalq opposée à
Téhéran. L’Iran dénie tout contact sur l’Irak mais Mohammad Javad Zarif,
représentant de l’Iran auprès des Nations Unies fera de nombreux voyages à New
York via Paris pour y discuter avec Zalmay Khalilzad et ce dernier finalisera
secrètement des accords avec l’Iran lors d’une rencontre à Genève le 16 Mars
2003.
Et le Secrétaire d’Etat, Colin Powell, de déclarer le 5 Février 2003 devant
le Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies : " …L’Irak est
aujourd’hui le refuge d’un réseau terroriste meurtrier dirigé par Abu Mussad
Al-Zarkawi, un collaborateur d’Osama Bin Laden et de ses lieutenants d’Al
Qaeda… ".
Retours vers Téhéran
Juillet 2003, Bagdad est tombé et Saddam Hussein a été déboulonné. L’Iran
aurait déjà extradé 500 membres d’Al Qaeda vers leurs pays d’origine et en
détiendrait encore quelques-uns que ses services n’auraient pas été capables
d’identifier selon les dires du porte parole du Gouvernement iranien, Abdullah
Ramezanzadeh.
Les services secrets occidentaux laissent filtrer dans la presse les noms
des membres de haut rang d’Al Qaeda qui sont toujours, selon eux, réfugiés ou
peut-être assignés à résidence en Iran. Parmi ces noms Saad bin Laden, fils
d’Osama, Sulaiman Abu Ghaith, porte parole d’Al Qaeda, Saif al-Adel,
responsable des opérations militaires d’Al Qaeda et Abu Musab Zarqawi, de
retour d’Irak. En Iran serait également réfugié Ayman al-Zawahiri, le numéro
deux d’Al Qaeda, d’après les sources d’un service secret européen dont un
officiel affirme, malgré les doutes américains, en être " absolument "
certain. Certains analystes, minoritaires, des services secrets américains
pensent même qu’Osama Bin Laden en personne se cache en Iran.
2003, 2004, 2005, Casablanca, Istanbul, Madrid, Londres etc… L’ombre d’Abu
Musab Zarqawi et les routes de Téhéran tissent dorénavant les fils de toutes
les enquêtes sur la terreur. Le Juge anti-terroriste espagnol Baltasar Garzon
déclare ainsi le 15 Février 2004 qu’Al Qaeda s’est restructuré et dispose d’ "
un conseil de direction en Iran ".
Ce que confirmait récemment un important officiel français cité par le Los
Angeles Times : " Les iraniens jouent un double jeu. C’est un style
classique iranien d’ambiguïté, de tromperie et de manipulation. Tout ce qu’ils
peuvent faire pour ennuyer les américains, sans aller trop loin, ils le font.
Ils ont arrêté d’importants membres d’Al Qaeda, mais ils ont permis à d’autres
importants membres d’Al Qaeda d’agir ".
En Avril dernier, un journaliste indépendant, Bruno Schirra, publiait un
article retentissant dans un magazine allemand. Dans cet article, Bruno Schirra
révélait le contenu d’un rapport confidentiel du " Ausgerechnet das
Bundeskriminalamt " (BKA), le bureau fédéral allemand d’investigation
criminelles, qui avait compilé dans ce rapport daté du 4 Septembre 2004 toutes
les informations relatives à Abu Musab Zarqawi obtenues par les divers services
spécialisés allemands, européens, américains, jordaniens etc.
Une des conclusions forte émanant du rapport du BKA était que " l’Iran
avait fournit à Zarqawi un support logistique sur une partie de son
territoire " et que l’Iran était utilisé par Zarqawi comme une "
importante base logistique ". Et Bruno Schirra d’extraire les
révélations apportées par le rapport : " Après la guerre en Afghanistan,
Al-Zarqawi a installé de nouveaux camps et abris surs à Zahedan, Isfahan et
Téhéran. Ses partisans européens venaient à Téhéran lui apporter argent et
nouvelles pièces d’identité et prendre ses instructions. Les communications
étaient assurées par intermédiaires et par téléphone. Les services secrets
allemands écoutaient les communications de ses lignes téléphoniques : téléphone
satellite suisse avec le numéro 0041-793686306 et téléphones portables iraniens
avec les numéros 0098-9135153994 et 0098-218757638. Soutenu par des groupes
radicaux à l’intérieur des services secrets des Gardes de la Révolution
iraniens, Al Zarqawi pouvait utiliser sans risque le numéro fixe
0098-9112311436. A Isfahan, il utilisait un téléphone avec le numéro
0098-9112399346 qui est enregistré au nom de Ahmad Abdul Salam… Dans les cas
urgents, ses partisans pouvaient le joindre par fax au numéro
0098-218757638… "
Le rapport du BKA détaille également les voyages effectués par Al Zarqawi
dont ceux effectués en 2002 entre Téhéran, la Syrie, le Liban, la Jordanie et
l’Irak.
En Septembre la police allemande effectuait un véritable raid au siège du
magazine et au domicile privé de Bruno Schirra, son disque dur étant recopié et
quinze boîtes de documents saisis. Objectif du raid, découvrir qui au sein du
BKA était l’informateur de Bruno Schirra. Devant le tollé soulevé par une telle
opération et une telle atteinte à la liberté de la presse, le Ministre de
l’Intérieur allemand, Otto Schily, dû s’expliquer devant le Bundestag,
déclarant que le rapport du BKA était un document d’Etat classé "
secret ". On ne pouvait mieux faire pour authentifier et valider les
dires de Bruno Schirra !
Bruno Schirra vient de récidiver dans un nouvel article dans lequel il
révèle que vingt-cinq membres de haut rang dans la hiérarchie d’Al Qaeda ont
trouvé refuge en Iran, protégés par les services secrets des Gardes de la
Révolution, dont trois des fils d’Osama Bin Laden. Il cite un membre de haut
rang d’un service secret occidental : " Ils ne sont pas en détention ou aux
arrêts dans leurs maisons. Ils vont et viennent comme ils veulent ".
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