Étonnant Alexis Tsipras qui, après s'être fait plébisciter par un "non" aux propositions de la Troïka se fait de nouveau plébisciter quelques jours plus tard par un "oui" aux mêmes propositions de la Troïka* ! Mais on n'en est pas encore à la solution car le sommet des chefs d'Etats de dimanche n'a pour but que d'approuver le "début" des négociations qui sont encore très loin d'aboutir et Schäuble et Dijsselbloem peuvent tenter d'obtenir encore un peu plus de concessions, tout en sablant déjà le champagne.

Au final, si la Grèce n’obtient presque rien, Alexis Tspiras aura capitulé et trahi la cause, mais on ignore de quoi les fous qui négocient contre lui l’ont menacé lui et son pays (sort à la Allende ?, expulsion de la Grèce et blocus économique ? révolution à la Maidan ?...).

Si la Grèce n’obtient rien, Alexis Tsipras aura joué fin politiquement, et aura démontré que la Grèce n’est pour rien dans la rupture, ayant tout accepté et même une hausse de TVA sur l’alimentaire dans un pays où, tard le soir, les vieillards et les félins se partagent le contenu des poubelles.

Pour la Grèce, et particulièrement pour sa jeunesse, l'avertissement est clair : on ne change pas une méthode qui échoue depuis cinq ans ! Et après l'austérité du plan de 2010 qui a fait plonger dramatiquement l'économie grecque, après l'austérité nœud coulant de ces derniers mois qui a fait passer Syriza sous les fourches caudines de la Troïka, voilà le supplément d'austérité façon désespoir du nouveau plan 2015 qui vous fera expier les fautes et erreurs de vos parents et de la même Troïka !

La France n'a, elle, plus qu'un rôle de coach discret qui agit dans la coulisse, il ne faut pas indisposer Angela Merkel ! Le Général doit se retourner dans sa tombe mais les français s'en foutent ! Un sondage paru hier montre d'ailleurs que plus de la moitié des Français, 66 %, préfèrent la chancelière allemande à Tsipras. Angela Merkel obtient même un véritable plébiscite auprès des sympathisants de droite, 85 % contre 49 % à gauche ! On comprend mieux la position d'Alain Juppé qui défend une sortie de la Grèce de l'euro, Nicolas Sarkozy voulant même remporter le paquet en tentant de capitaliser à la fois le "oui" et le "non" (il a bien besoin de trouver quelque voix ici ou là) !

Le flamboyant Yanis Varoufakis, qui a pu, lui, observer Schäuble et Dijsselbloem de très prêt et pendant très longtemps, s'est ce matin transformé en lanceur d'alerte : "Ma conviction est que le ministre allemand des finances veut que la Grèce soit évincée de la monnaie unique pour susciter une crainte de tous les diables chez les Français et leur faire accepter son modèle d’une zone euro disciplinaire".

Voila qui est dit !

Jean-Philippe Miginiac