Difficile de commenter les nouvelles proposition de la Grèce auprès de l'Eurogroupe car dans toute négociation existent des accords secrets qui n'ont pas, par définition même, vocation à être révélés ! la Grèce s'engage donc à adopter, sous condition d'un nouveau financement de 53,5 milliards d'euros, presque toutes les mesures proposées par les créanciers le 26 juin et qu'Athènes avait alors rejetées massivement par la voix tonitruante d'une immense majorité du peuple grec. Alexis Tsipras a t-il du céder à la menace de plus en plus contraignante d'un Grexit imposé dès lundi, avec faillite provoquée par la BCE du système bancaire grec et chaos d'un pays qui verserait alors dans le précipice ? A t-il obtenu en contrepartie des engagements fermes, non révélés, d'un nouveau financement, d'investissements européens et d'une restructuration de la dette grecque, sous condition qu'ils ne puissent apparaître immédiatement comme un recul de l'Allemagne ?

La restructuration de la dette grecque serait à elle seule une belle victoire, chèrement acquise, d'Alexis Tsipras ! Reste que pour le moment rien n'apparaît qui soit en mesure de relancer l'économie grecque et lui permette de regagner les 25% de PIB perdus et c'est toute la jeunesse grecque qui sera donc encore condamnée au désespoir et contrainte de payer à la fois les erreurs de ses aînés et celles de l'Europe !

La secte qui dirige la droite allemande aurait alors gagné, rien et personne ne doit pouvoir mettre en cause la politique d'austérité imposée à l'Europe par l'Allemagne et qui lui permet de détruire les industries des autres pays d'Europe, sauf celle de ses sous-traitant de l'est, au profit de la seule puissance économique allemande !

Ci-gît l'Europe...

Jean-Philippe Miginiac