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mardi 5 avril 2011

Analyse 05/04/11 - Tu Quoque Obama !

Analyse 05/04/11 - Tu Quoque Obama !

Toi aussi Obama ! Le Président des États-Unis l'a donc décidé, reniant ses engagements, Le procès des cinq hommes accusés d'avoir organisé les attentats du 11-Septembre se tiendra devant un tribunal militaire d'exception sur la base navale américaine de Guantánamo, et non devant un tribunal de droit commun à New York.Les tribunaux militaires d'exception de Guantánamo ont été créés en 2006 par George W. Bush et réformés par l'administration Obama et le Congrès à l'automne 2009. Malgré des progrès, ils font toujours très peu de cas des droits de la défense !

Pour mémoire, lire mes articles suivants réunis dans mon ouvrage "Pour en finir avec George W. Bush", à télécharger sur http://www.unegalerie.fr/geopolitiques/geopolitiques.htm

page 221 - 25/03/2007 - Khalid Sheikh Mohammed… la falsification de l'histoire

Vous vous souvenez des procès staliniens ? Vous vous souvenez quand les accusés, préalablement torturés pendant des mois dans le Goulag, s’accusaient volontairement de tous les crimes possibles et imaginables contre la révolution, contre les soviets, contre le plan et contre le glorieux peuple soviétique ? Vous vous souvenez quand quelques dissidents, qui avaient réussi malgré les tortures à garder un minimum de raison, s’accusaient même de crimes absurdes et inimaginables pour tenter de porter leurs voix désespérées et alerter le monde contre la manipulation et la falsification de l’histoire ?...


page 286 - 18/04/2009 - Pour en finir avec George W. Bush

On pourrait appeler cela de la déconstruction. Le nouveau Président des États-Unis déconstruit, horreur après horreur, les affres de l’ère Bush...


page 293 - 22/11/2009 - Guantanamo, l'échec de Barack Obama

Un an après son élection et dix mois après son entrée en fonctions, Barack Obama est toujours loin de réussir à fermer Guantanamo. Dès le deuxième jour de son mandat, il avait pourtant ordonné la fermeture de la prison militaire où l'administration Bush a enfermé des "ennemis combattants" soupçonnés de terrorisme...


page 295 - 10/04/2010 - Epilogue - La preuve par l'absurde

Lawrence Wilkerson, l'ancien bras-droit de Colin Powell, a affirmé dans une déclaration datée du 24 mars 2010 et publiée dans le quotidien britannique The Times du vendredi 9 avril, que la majorité des détenus de Guantanamo étaient innocents. Selon lui, ils auraient été détenus pour des raisons politiques...


Jean-Philippe Miginiac 05/04/2011

lundi 14 mars 2011

Analyse 14/03/11 - Libye : Total chaos à l'Elysée !



Analyse 14/03/11 - Libye : Total chaos à l'Elysée !

Vous vous souvenez, il y a quelques jours, Nicolas Sarkozy recevant à l’Élysée les représentants des insurgés de Benghazi, fief de la révolte en Libye, et reconnaissant le Conseil national libyen (CNL) comme seul représentant légitime de la Libye !

Bernard-Henri Lévy a raconté la genèse de l'histoire au micro de Nicolas Poincaré sur Europe 1. En visite à Benghazi, il a "appelé le président" et lui a dit : "j’ai rencontré des hommes qui me semblent tout à fait remarquables, ce sont les dirigeants de la Libye libre. Accepteriez-vous de les recevoir ?" "Le président m’a répondu ‘oui’", a raconté BHL ! Dans Le Monde BHL a même précisé qu’il avait appelé Nicolas Sarkozy directement sur son portable !

Et super BHL, chemise blanche ouverte, cheveux aux vents, de sortir de l’Élysée en jouant au Ministre des affaires étrangères et porte-parole de l’Élysée : "Nicolas Sarkozy s’est déclaré favorable à des actions défensives et ciblées", annonce t-il aux journalistes, énumérant même… des cibles à Tripoli, à Syrte !

On imagine la tête d’Alain Juppé, Ministre des affaires étrangères, même pas au courant de l'initiative élyséenne et apprenant la nouvelle à Bruxelles (Selon Le Monde il était stupéfait…). Il y a de quoi ! A peine nommé au Quai d'Orsay il se voyait doublé par le philosophe low cost le plus connu de France, sorte de "grand" reporter philosophe bobo bling bling qui confond engagement intellectuel et one man show people !

La décision s'apparente à un véritable coup de tête (afflux soudain de testostérone ?) d'un Nicolas Sarkozy totalement dépassé par l'avènement des révolutions arabes et tentant désespérément de reprendre la main, ou plutôt la com ! Elle représente aussi un coup de poker qui pourrait précipiter encore un peu plus bas la diplomatie française dans le gouffre où l'a déjà entrainé le Président et ses ministres successifs !

- la France est le premier pays à reconnaître le Conseil national libyen de transition (CNT) comme seul gouvernement légitime de la Libye ! A part BHL, personne ne sait vraiment qui est le CNT et s'il représente vraiment la révolte libyenne. La seule figure connue en son sein est Mr Mustapha Abdeljalil qui était ministre de la justice du colonel Kadhafi et qu'on ne peut donc qualifier encore de véritable démocrate ! Pour le reste le CNT est sens doute composé et/ou soutenu par quelques leaders tribaux, quelques islamistes et peut-être par quelques vrais démocrates qu'on a encore du mal à identifier tant ils sont rares en Libye !

- Traditionnellement, la France et l'Union Européenne reconnaissent des États et non des gouvernements ! Les liens diplomatiques peuvent ainsi être rompus avec un État qui ne respecte pas les lois internationales ou oppresse son peuple, mais qu'en est t-il de cette reconnaissance d'un "gouvernement légitime", au surcroit non élu ? Il est différent de reconnaître que Mr Allassane Ouattarra, Président démocratiquement élu de Côte d'Ivoire, représente l'État ivoirien et que le CNT, non élu, représente l'État libyen ! Cela crée un dangereux précédent qui risque de plonger dans l'expectative tous les diplomates du monde ! L’Union Européenne, d'ailleurs, s'est bien gardée de suivre Nicolas Sarkozy, ne reconnaissant le CNT que comme "interlocuteur légitime" et non comme "gouvernement légitime" !

- La décision martiale de Nicolas Sarkozy, annoncée unilatéralement et apparemment sans aucune réflexion préalable avec les partenaires de la France à la veille d'un sommet européen destiné à définir une position commune, a créé une véritable confusion ! L’Union Européenne n'a pas suivi la France et Alain Juppé lui même annoncera qu'il n'est pas question pour la France d'aller bombarder la Libye en dehors d'une éventuelle décision préalable du Conseil de Sécurité !

- Le colonel Kadhafi a immédiatement réagi en lançant une vigoureuse contre-attaque de ses forces et en enfonçant nombre de positions des rebelles et la décision française a certainement convaincu le pouvoir Libyen de "finir le job" le plus vite possible en utilisant tous ses moyens militaires pour écraser l'opposition. Faute de réaction internationale immédiate, la révolte libyenne est en train de tourner au bain de sang ! Une victoire définitive des forces qui soutiennent le colonel Kadhafi est aujourd'hui probable à court terme et met les intérêts français en péril. Les États-Unis, semble t-il, étaient d'ailleurs très timides à s'engager dans une action internationale contre la Libye (entre autre une no-fly -zone) car leur analystes prévoyaient de toutes façon une victoire inéluctable du colonel Kadhafi contre les rebelles en raison de la supériorité de ses armes.

- La coupure des liens diplomatiques entre la France et le colonel Kadhafi prive aujourd'hui Paris de tout moyen d'exercer son influence sur lui et met la France totalement hors jeu ! Si par miracle les rebelles devaient gagner la partie malgré l'absence de tout soutien de la communauté internationale sur le terrain, rien ne permet aujourd'hui d'assurer qu'ils installeraient une démocratie en Libye et affirmeraient une proximité avec la France !

Jean-Philippe Miginiac 14/03/2011

mercredi 2 juin 2010

Analyse 02/06/10 - Dérives vers le chaos



Analyse 02/06/10 - Dérives vers le chaos

On ne mesure sans doute pas encore toutes les conséquences de l'attaque, par l'armée israélienne, de la flottille turque apportant de l’aide humanitaire à Gaza.

L'initiative, lancée notamment par une ONG islamiste turque, n'était pas qu'humanitaire, elle était avant tout politique et visait à faire pression sur Israël pour qu'il lève le "siège" de la bande de Gaza. L'opération s'appelait "Libérez Gaza", elle relevait du défi et de la bataille d'image. Tel-Aviv y a répondu par la force. Et le raid lancé par Tsahal dans la nuit du 30 au 31 mai se solde par un fiasco à tous égards.

Le fiasco révèle plus que jamais l'absurdité et l'injustice du blocus imposé à un territoire déjà misérable mais, surtout, met en lumière la dérive extrémiste des dirigeants israéliens qui ne cessent plus de s'enfoncer dans la démesure de la force, guerre du Liban en 2006, guerre de Gaza en 2008 et blocus qui soumet 1,5 millions d'êtres humains à des conditions d'existence indignes et inacceptables.

Les conséquences sont désastreuses pour Israël, isolement international et risques croissants de confrontations graves, notamment et principalement avec la Turquie qui, faute de réponse satisfaisante de l'Union européenne à ses offres d'adhésion, tourne résolument ses intérêts et son influence vers l'est et apparait de plus en plus comme une nouvelle force engagée au Moyen-Orient et ne se contentant plus d'être un pont entre Orient et Occident.

La fureur du Premier ministre de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, condamnant un “acte de terrorisme d’Etat inhumain” est désormais chose connue. Elle marque l’humeur, et la dégradation, des relations entre la Turquie et Israël. Le Chef de l'armée turque Ilker Basbug a fait savoir qu'il a prévenu son homologue israélien que le raid meurtrier d'Israël était "grave et inacceptable". Ilker Basbug a également déclaré que l'opération israélienne "conduit à des conséquences très graves" et Ankara a averti que d'autres navires de ravitaillement humanitaires appareilleront pour Gaza escortés par la marine de guerre turque, un développement qui aura des conséquences imprévisibles !

La possibilité d'un affrontement entre Israël et la Turquie pose en outre un très grave problème à la diplomatie des États-Unis, puisque les deux pays sont nominalement des alliés stratégiques des USA, voire de l’OTAN, dont la Turquie fait partie intégrante. Et les États-Unis sont aujourd'hui coincés entre leur total enchaînement aux pressions des lobbyismes et le soutien financier de la communauté juive à l’establishment politique washingtonien, et la simple réalité ! La crise - et c'est maintenant une crise ouverte - est le résultat assez prévisible des années de négligence de la situation de Gaza par les administrations Bush et Obama. Bush a fermé les yeux lors de l'attaque israélienne sur Gaza en Décembre 2008, puis l'équipe Obama a choisi de mettre l'accent sur le renouvellement des pourparlers de paix avec l'Autorité palestinienne tout en continuant à boycotter le Hamas. Les États-Unis ont par ailleurs peu prêté attention à la crise humanitaire à Gaza, à l'absurdité stratégique et la stupidité morale du blocus israélien, ou aux implications politiques de la fracture en cours Hamas-Fatah !

La Turquie et toutes les nations émergentes s’émancipent d’une tutelle occidentale moralisatrice de plus en plus mal supportée, notait récemment l’éditorialiste Semih Idiz, dans le quotidien turc Hurriyet. "Cette attitude à l’égard de l’Occident n’est à l’évidence pas spécifique aux Turcs. De la Russie à l’Inde, de la Chine à l’Afrique on assiste à une réaction croissante et forte contre l’Occident". Ce texte, écrit avant l’assaut israélien, mettait en perspective l’initiative de la Turquie et du Brésil dans le dossier nucléaire iranien, et soulignait en le déplorant l’aveuglement apparent de l’occident sur les forces à l’œuvre. Le rejet inconditionnel, méprisant, non argumenté sinon par des sornettes, de l'initiative de la Turquie et du Brésil illustre la distance croissante entre le monde qui nait et la façon dont il continue d’être perçu à l’ouest. Lorsque la Turquie, jusqu’alors fermement arrimée à l’OTAN, et le Brésil, peu suspect de complaisance islamique, essaient d'offrir une solution avec l’appui de la Russie à une crise diplomatique qui risque en permanence de dégénérer en conflit ouvert, l’Ouest, loin de se réjouir de voir le dossier avancer, ne montre qu’embarras et méfiance ! S'étonnera t-on si Turcs et Brésiliens s’énervent pendant que l’Ouest pontifie !

Il est aussi temps de prendre conscience que le système de communication, normalement fort bien maîtrisé par Israël, s’est dans cette affaire complètement retourné contre Israël, avec les réalités psychologiques que cela découvre. Le processus apparait de plus en plus comme pathologique, et non politique, et son effet constaté est de mettre Israël de plus en plus en position d’extrême vulnérabilité. La fuite en avant paranoïaque des dirigeants israéliens actuels vers les extrêmes est alors de plus en plus dangereuse pour l'avenir et la sécurité d’Israël car elle ne fait que le jeu des extrémistes de l'autre camp et leur offre victoire politique sur victoire politique ! Les israéliens devraient vite se poser le problème de trouver un nouveau Isaac Rabin pour éviter de dériver un peu plus vers le chaos.


Jean-Philippe Miginiac, 02/06/2010

dimanche 22 novembre 2009

Analyse 22/11/09 - Guantanamo, l'échec de Barack Obama

Analyse 22/11/09 - Guantanamo, l'échec de Barack Obama

Un an après son élection et dix mois après son entrée en fonctions, Barack Obama est toujours loin de réussir à fermer Guantanamo. Dès le deuxième jour de son mandat, il avait pourtant ordonné la fermeture de la prison militaire où l'administration Bush a enfermé des "ennemis combattants" soupçonnés de terrorisme. Mais tout reste encore à faire, d'autant que Gregory Craig, le conseiller juridique de la Maison Blanche en charge du dossier a démissionné.

Bien sur on savait que la date butoir de janvier 2010 que Barak Obama s’était fixée pendant sa campagne était impossible à tenir. On le savait, mais on espérait ! Les Etats-Unis n’apureront pas facilement les très lourds passifs de l’ère Bush, les prisons secrètes, les "renditions extraordinaires", les avions secrets de la CIA : Aujourd'hui encore plus de 600 prisonniers sont détenus dans la prison sous administration américaine de Bagram en Afghanistan. Ceux là, n’ont toujours pas vu un avocat !

Dans un rapport publié par le Center for American Progress, des proches du président américain Barack Obama dessinent la genèse des "obstacles", mais aussi les "erreurs" commises par son administration dans la gestion de la fermeture de la prison située sur l'île de Cuba.

Ce groupe de réflexion à Washington présidé par John Podesta, qui a dirigé l'équipe de transition de M. Obama entre son élection, le 4 novembre 2008, et sa prise de fonctions, le 20 janvier 2009, effectue également des recommandations. Alors que l'administration a admis au plus haut niveau qu'elle ne parviendrait pas à tenir sa promesse de fermer la prison le 22 janvier 2010, l'auteur du rapport, Ken Gude, suggère qu'elle se fixe une nouvelle date butoir au mois de juillet.

L'Amérique n'en a toujours pas fini avec George W. Bush !


A lire :

Le rapport du Center for American Progress : Getting Back on Track to Close Guantanamo


Pour mémoire, mon article du 18/04/09 : Pour en finir avec George W. Bush

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