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dimanche 12 juillet 2015

06/07/2015 - Le courage d'un peuple

Grèce encore, ce qu'il faut retenir c'est le courage d'un peuple qui se révolte contre la souffrance, malgré les pressions employées pour faire tomber toute résistance à l’imperium européen. Souffrance de l’échec patent, concret, des politiques néolibérales d'austérité et de leurs conséquences dramatiques pour les grecs les plus pauvres. Souffrance de leur incapacité à réformer le pays contre ses démons sans, enfin, une assistance de l'Europe qui ne soit pas celle d'un despote voulant écraser ses sujets les plus pauvres en préservant les plus riches. A cette souffrance, les grecs ont opposé l'espoir ténu incarné par Alexis Tsipras et leur volonté d'être en Europe l'égal des autres !

L'Europe est, elle, face à un immense défi où l'arrogance ne suffira pas à cacher les divisions et l'échec du redressement économique, alors que le reste du monde avance résolument vers le retour de la croissance. L'Europe est aussi face à l'immense risque géopolitique que signifierait un rejet de la Grèce. Il faudra une intelligence et un leadership exceptionnel de la part de dirigeants européens qui n'en ont manifesté aucun jusqu'ici. Il faudra surtout à François Hollande et Angela Merkel d'afficher une volonté politique inflexible pour reprendre la main aux eurocrates dogmatiques en refusant de laisser la Grèce en état de coma artificiel ou de la rejeter, au risque que les marchés ne se ruent sur les autres pays européens faibles. Il leur faudra aussi un effort d'imagination intense pour oser donner à la relation avec la Grèce une direction radicalement nouvelle et audacieuse.

Ils doivent immédiatement se saisir du problème humanitaire en Grèce, aborder la question de la réduction de la dette grecque à l'égard des institutions publiques. La priorité ne doit plus être l'austérité mais la croissance de l'économie grecque (le budget grec est déjà en état de surplus primaire, c'est à dire avant paiement des intérêts de la dette, ce qui représente un effort déjà énorme dont a été incapable la France). Enfin, l'Europe doit d'urgence et véritablement aider la Grèce à bâtir un système fiscal digne de ce nom et empêcher l'exil des capitaux des plus riches vers les places financières européennes.

La Grèce a osé faire face et incarner le rêve européen, l'Europe en est-elle capable ? Sinon, elle est vouée à disparaître !

Jean-Philippe Miginiac

01/07/2015 - L'économie et la finance pour les nuls

L'économie et la finance pour les nuls... La Grèce n'a donc pas payé son échéance d'hier et la terre ne s'est pourtant pas arrêtée de tourner ! Puisse nos eurocrates y trouver enfin une petite lueur d'intelligence économique et financière ! Je voudrais, très modestement*, leur suggérer de comprendre que la seule façon, pour la Grèce, de pouvoir rembourser ses dettes est de retrouver, d'abord, le redressement économique et que la politique actuelle visant à l'obliger à rembourser ses dettes en faisant, d'abord, écrouler son économie, est particulièrement stupide, voire criminel comme l'affirment deux prix Nobel d'économie. Obliger la Grèce à sortir de l'euro est aussi particulièrement stupide car la zone euro n'y résisterait pas (les marchés étant prêts à se jeter de nouveau sur tous ses maillons faibles) ! La solution ? La Grèce doit déclarer un moratoire immédiat de cinq ans sur ses dettes, affirmer rester dans l'euro sans nouveaux prêts des institutions (qui ne servent actuellement qu'au remboursement de ses dettes) et mettre tous ses moyens disponibles pour tenter un redressement de son économie (la Grèce a déjà réussi à avoir l'excédent primaire le plus élevé d'Europe !). L'Europe doit accepter le deal sans tenter d'imposer quoi que ce soit à Athènes et, surtout, empêcher enfin que les capitaux s'évadent de Grèce pour aller se réfugier sur les places financières européennes. L'Europe doit également aider à empêcher toute faillite des banques grecques en permettant à la BCE de continuer à intervenir pour leur assurer les liquidités nécessaires (en 2009 les banques centrales ont bien assuré 3.000 milliards d'euros de liquidités à taux zéro aux banques pour empêcher leur faillite). Dans cinq ans, les créanciers qui aujourd'hui ont déjà perdu l'intégralité de leurs créances verraient alors sans doute un espoir de les retrouver en tout ou partie car je doute que la Grèce réitère les mêmes erreurs que dans le passé.

39/06/2015 - Curieuse stratégie

Curieuse stratégie que celle des créanciers de la Grèce : refuser les hausses d’impôts sur les plus riches et les entreprises, exiger la baisse des pensions de retraite, la fin de l’aide aux plus petites pensions et un vaste programme de privatisations, et imposer une hausse considérable de la TVA, au risque de voir s'effondrer le secteur du tourisme qui est pourtant le seul secteur à même de permettre à l'économie grecque de se redresser !!!

28/06/2015 - On ne gagne jamais à humilier un peuple

On ne gagne jamais à humilier un peuple. La volonté d'écraser Syriza en Grèce par peur de voir arriver Podemos en Espagne, le refus de toute solidarité avec l'Italie sur la question des migrants, signent la fin même de l'idée européenne. "si c'est ça votre idée de l'Europe, vous pouvez vous la garder" a déclaré Matteo Renzi, le premier ministre italien.

L'Europe s'est fracturée entre une Allemagne arc-boutée sur sa puissance retrouvée et ses vassaux du Nord, une Europe de l'Est dont le premier vœu est de voir Bruxelles et Washington déclarer la guerre à l'URSS, une Europe du Sud fracassée par la crise, et une France à genoux, vassale à la fois de Berlin et de Washington.

L'Europe se retrouvera sans doute un jour avec une base maritime russe sur son flanc méditerranéen.

Jean-Philippe Miginiac

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